‹ Histoire de PologneChapitre 343 sur 369 · GATHOUGISME · texte numérisé non relu

GATHOUGISME

Nous avons pu remarquer que toutes les commotions de l'état depuis rétablissement des jésuites, présentent un intérêt de religion. Election , secousse populaire, confédération, tumulte, dans quelque localité soulèvement du peuple, discussion civique, tout prenait le caractère de l'intolérance et de la persécution. La Pologne, dont la grandeur au moment de l'union de Lublin, fut décidée par cette indifférence politique pour les opinions religieuses, qui assurait à chacun la paix et la jouissance de la liberté et du droit civique , est déclarée exclusivement catholique, et tous les a-catholiques sont réputés ses ennemis. Réellement ils sf mpahtisent et fraternisent avec les envahisseurs de la république, comme les aristocrates s'entendent et se concertent avec ces envahisseurs pour ou • vrir et livrer le pays à leur invasion. Mais ces derniers restent impunis , les autres sont châtiés , opprimés, expulsés. Pendant la guerre, on détruisait leurs villes, on démolissait leurs temples. Par le décret réitéré des diètes de 1658, 1659, 1661, les sociniens, les anabaptistes et quelques autres sectateurs devaient évacuer la Pologne. Gomme un élu à la couronne ne pouvait être non-catholique, et devait se convertir, aussi un noble étranger ne devait plus espérer de se naturaliser, d'obtenir Tindigénat, s'il n'était pas catholique. La loi de 1661 décréta ce règlement. Les Mazoviens orthodoxes proposèrent en 1666 de ne plus souffrir de cultes dissidents. Bien que cette proposition fût repoussée par respect pour la loi fondamentale qui assurait la paix à tous les dissidents, toutefois le sénatf ut en 1669 définitivement épurédes sectateurs et un non-catholique ne pouvait plus siéger dans les chambres, si quelqu'un s'y présentait , sa présence occasionnait un va-

carme scandaleux» enfin il éiaît impitoyablement renvoyé de la chambre à cause de son non-catholicisme, comme le fut le nonce de Yielun Piotrovski en 1718. Les règlements législatifs des confédérations et des diètes de 1717 , 1733 » 1736 interdisant la jouissance des droits civiques aux dissidents , leur défendaient les hautes dignités et les charges plus élevées, nommément celles de la couronne, les nonciatures , députations, commissions etstarosties avec juridiction. L'esprit jésuitique avait encore recours à la falsification subrcptice des décrets législatifs dans leur impression. Les réclamations et les plaintes des dissidents n'obtenaient aucun succès, personne n'embrassait leur cause. Le sentiment national appelé à défendre Ja foi, sousTapparence de la piété, fut occupé de bigoterie, des pratiques superstitieuses(434); il s'emportait maintes fois aussi bien contre des hérétiques que contre des sorciers, et laissait sans obstacle brûler en 1687 un blasphémateur , au haut clergé, qui pensait par cet acte gagner les bonnes grâces de la cour de Rome (435); il condamnait par l'organe de la diète, et faisait exécuter en 1724 le magistrat de Thorn, ce qui donna un scandale,objet de» cris de tous les états peu tolérants de TEurope, ce qui provoqua l'intercession renouvelée de temps en temps de puissances étrangères, se disant autorisées à agir en faveur de leurs co-religionnaires. Il faut enfin obser-

(434) Voyez cMetsus note 314 du chap. 116.

(435) L'évéque de Poznanie, entre autres, a une si grande dévotion pour la pourpre du cardinalat, que dans la pensée de se faire un mérite auprès du pape Innocent XI, il a remué toute la machine de la diète en 1689, particulièrement le clergé, pour faire condamner au feu un malheureux gentilhomme litvanien Lyszczinski, accusé d'athéisme, quoique repentant et revenu à la saine doctrine, sans jamais avoir enseigné la mauvaise. Cet homme avait été arrêté contre les lois fondamentales de l'état, qui ne permettent pas qu'on arrête un noble avant de l'avoir condamné. Il était accusé par des gens qui en voulaient à son bien, particulièrement par un homme en place Brzoski. Il avait véeu en chrétien, fondé une chapelle, fait des œuvres pies dans, son testa* ment ; tout son crime était d'avoir réfuté à la matge d'un livre d'Âsteliussur l'existence de Dieu , les faibles raisons dont elle était prouvée par cet auteur. Il mettait à la fin de chaque raison , dont l'auteur se

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