IV. PERTURBATIONS
de toat sentiment , semblable à une léthargie politique. Dans cet engourdissement, la stupeur, linertie, rimpassibilité, décelaient une décrépitude. L'obscurantisme jésuitique cueillait le fruit de ses opérations» et les éléments étrangers et ennemis insultaient impunément Tétat, l'outrageaient; l'aristocratie, le royalisme, l'influence et la prépondérance des étrangers se cantonnaient sans obstacles avec leurs prétentions Le principe républicain était debout, mais méprisé et exploité par eux. Le principe d'égalité répétait que les richesses ne sont rien, qu'il n'y a que la naissance et la possession [442], le mérite et le talent, qui sont des titres civiques ; la fortune n'est qu'un moyen de parvenir aux honneurs, et les honneurs civiques font la fortune. Effectivement, il ne manquait jamais d'exemples, jusqu'au dernier moment de l'existence de la république, de noms obscurs rehaussés par des capacités, qui, individuellement, ou dans quelques générations , s'élevaient à de plus hautes dignités, et jusqu'au trOne, comme on a eu l'exemple sur les Sobieskîet les Poniatovski. La noblesse s'est réservée une multitude de charges représentatives, une multitude de dignités terrestres, dont elle s'honorait de posséder les titres jusqu'à la deuxième et troisième génération. Les f]h, les petits-fils héritaient des titres de leurs parents sans en posséder les fonctions. La langue, flexible à désigner la gradation des titres patronymiques et avitiques, distinguait le fils d'un staroste, d'un kastelan par staroscic, kastelanic, son pctit-fîls par staroscicovîcz , kastelanicovicz (443). Toutes les charges s'inclinaient à cette qualification , à l'exception de celle de nonce terrestre , posel, qui ne se donnait qu'au moment de son exercice réel. On a môme réserflB les titres terrestres in partibus des provinces perdues, afin de multiplier les honneurs civiques, ad honores, et les faire partager à plus
(442) Bene natus, bene possessionatus.
(443) Général, généralovicz ; krol, krolevicz (prince royal ) , etc. — La flatterie fit disparaître les terminaisons des titres avitiques des petits fils, s'arrêta au titre patronymique en l'accordant à toutes les générations suivantes . jusqu'à ce qu'il fut remplacé par un autre réel. Le fils d'un staroste était qualifié staroscic ; ie petit-fils , staroscicovicz.
de monde, comme preuve de services rendus à la patrie (444). Ces titres seuls élevaient les citoyens égaux ; aucune autre distinction, aucune décoration, pas même Tuniforme, ne devait servir de marque particulières à qui que ce soit : les militaires même étaient censés quitter leurs épaulettes et leurs uniformes, s*ils voulaient agir dans un cercle civique. Comme le principe d'égalité tenait à toute la noblesse le chemin ouvert aux plus hautes dignités, et à des récompenses les plus . lucratives , la noblesse n'enviait point aux maisons plus influentes, aux familles historiques, qu'elles partageaient et échangeaient presque exclusivement les plus hautes dignités. Cependant on a pu remarquer qu'à toute époque il fallait arrêter par la voie de la législation l'ambition des personnes qui voulaient se placer au-dessus de l'égalité. Dans cette dernière période, leur vanité s'accrut en proportion de la dégradation de l'esprit national, et rien ne les empêchait d'obtenir tout le succès désiré. Déjà Tordre de l'aigle blanc, institué illégalement en 1705 sans protestation de quelque valeur, s'il contrariait Topinion nationale, leur donnait du lustre à l'étranger (445). Ils commencent à s'arroger en foule le titre diffa-
(4d4) Les titres sénatoriaux sont (voïévoda ) palatin, castellan, maréchal, chancelier , vice-chancelier, trésorier, vice-maréchal. — Ceux des grands officiers et dignitaires (pisarz) secrétaire ou greffier , référendaire ecclésiastique et séculier, ( hetman ) grand général , ( hetman polny) général du camp , (pod komorzy) subcamerarius , trésorier de la cour, [ehoronzy] porte enseigne, [miecznick] porte-glaive, (koniuszy) écuyer,(kuchmistrz) maître delà cuisine, (podczaszy) bouteiiIer,(kraïczy ) trancheur, (stolnik) porte-viande, (podstoli) vice-porte-viande, (czes'nik) échanson), greffier de l'armée, général d'artillerie, (obozny) général quartier-maître, (straznïk) général des gardes des frontières, (lovczy) veneur, instigateur, porte-enseigne de la cour, (pod koniuszy) sous écuyer ; chacun double, de la couronne et delà Litvanie. — Les fonctions ou dignités terrestres sont ; podkomorzy, porte-enseigne, (voïski) tribun, porteviande, bo\] tailler, vicé-tribun, vice-porte-viande, échanson, veneur, (lesniczy) maître des forêts, greffier, porte-glaive , (skarbnik) caissier, komornik , strukczaszy, (budovniczy) architecte, etc., etc., etc., starostaj (sendzia) juge, (grodzki) de grod, (ziemski) terrestre, (tribuiialfiki) du trUiunal ; (podsendek) v ice-juge, assesseur, régent, etc., etc. ( 415 ) Toni^^teraps il n'avait de valeur qu'à l'étranger. La cabale