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IV. PERTURBATIONS

rieorB el iatérieurs, chacan s'armait lui-même et désarmait le pays. Il n*y avait plus d'armée permanente que 18,000 hommes, encore restait-elle incomplète, comptant le nombre d'officiers disproportionné aux soldats (453). Les Polonais savaient que les troupes réglées, peste et dépopulation des états, ne sont bonnes qu'à deux fins, ou pour attaquer et conquérir ks voisins , ou pour forger des chaînes et asservir les citoyens [454]; ils répétaient la maxime comme proverbe : les forteresses sont les freins de la liberté [455], en les considérant comme des nids de tyrans [456] ; à peine en avaient-ils quelques-unes. Toute la défense résidait dans leur vaillance personnelle, dans leur bravoure qui dégénéra, dans leur ban déchu, dans leur conlédération; et la confédération , faute de combattants, vase réfugier dans l'enceinte des diètes, dans la diète souveraine dont l'action paralysée, à la fin, dans la minorité qui ne pouvait plus que frapper d'inaction la marche légale. Nous avons déjà observé la diminution graduelle déchiffre dans toute sorte de commotions populaires. Celle de l'ancien rokosz, pacifique mais bruyante, qui portait des réclamations, exposant des griefs, ne pouvait plus avoir lieu dans les temps des agitations violentes, elle tombe en désuétude , son nom électrise l'esprit, mais discrédité, n'a plus de puissance à faire sortir la multitude de ses chaumières (457). Les confédéra-

sa maxime avérée par expérience dans toutes ces effroyables conséquences.

[453] A certaine époque, on comptait, en Litvanie , sur 4,000 de compot , c*est - à - dire de Tarmée effective , plus d'officiers que de soldats.

(454) J.-J. Rousseau, Considérations sur le gouvernement de Pologne^ chapitre 12.

[455] F'^rtalitia sunt frena libertatis, adage répété jadis en Pologne. Rousseau, de son propre mouvement, le répète : les places fortes, partout, deviennent des nids à tyrans {Considérations sur le gouvernement de Pologne, chap. 12).

(466) J.-J. Rousseau, Considérations sur le gouvernement de Pologne, chap. 12.

( 457 ) < Les mœurs sont adoucies » , dit le chevalier D'Eon de

. Beaumont , « et la politique s'est perfectionnée, cette boutade sar-

matique n'aurait plus d'influence {Descrip. de la Pot., t. VIT, p. 13).

tions plus énergiques prirent aussi Tattitudo moins belliqueuse de combats de partisans (458). Anciennement elles menaçaient, décrétaient, et leur décisions prenaient place dans les recueils de la législation, puis elles défendaient la liberté, et aucune faction n'osait faire le contraire; celle de Tiszovcé n'avait pas encore de confédérations à combattre. Mais ce chef-d'œuvre de la politique, ce bouclier de la république, qui la conserve, entraîné dans le revirement des principes contraires, commence à servir des armes également à ceux qui défendent et qui attaquent. Déjà la confédération deSandomir combat celle de la Grande- Pologne. Plus tard, la formation d'une confédération, provoque une contre*confédération. On formaitcontre chacune une contraire anti-confédération>et les confédérations guerroyant entre elles, au lieu de défendre les institutions, déchiraientla république; une poignée d'hommes proclamait leur formation, et comme ilTie fallait pasbcaqcoup pour les créer et les soutenir, les aristocrates en donnaient le commencement et appuyaient par ce moyen les vues politiques de leur intérêt. Les partie, les factions se battaient, etla multitude nobiliaire enfermée chez elle attendait le résultat. Telles sont plusieurs de cette multitude des confédérations formées depuis 1764, du temps de Stanislav-Auguste , tantôt par des factieux, tantôt par des aristocrates, jusqu'à celle de Targovica. L'aristocratie exploitait cette forme républicaine jusqu'au bout; ces confédérations étaient assez paisibles par elles-mêmes, lorsqu'elles étaient soutenues par les armes

[458] L'autorité d'une confédération générale formée suivant les anciennes lois de cette république, est si grande , que pendant sa durée, toutes les magistratures, toutes les juridictions cessent , la république dans toutes ses parties, est remise sous la puissance de la noblesse confédérée. Le roi, le sénat, les grandes charges, et les tribunaux, doivent lui rendre compte de l'administration du royaume. Ceux qui refusent de s'y joindre renoncent par ce refus même à toutes les prérogatives de la nation, s'exposent à la conGscation de leurs biens. Ces formidables ligues ont plus d'une fois déclaré le trône vacant. Les Polonais étaient accoutumés aies regarder comme leur dictature, espèrent que la personne même du roi demeurerait exposée à toute la sévérité des lois. (Rulhière , Anarchie de Pologne, liv. VIII).

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