‹ Histoire de PologneChapitre 355 sur 369 · RUPTURE DES DIETES · texte numérisé non relu

RUPTURE DES DIETES

Il nous reste à observer les diètes de cette époque de sommeil. Souveraines, elles devaient rendre la force aux institutions; munies du pouvoir suprême, elle devaient servir de boulevard à la liberté ; composées de Télite de.la nation , elles devaient animer sa vie: mais là, c'est l'orage épouvantable, le sommeil agité par des songes inquiétants, par des rêves désordonnés, par des spectres effroyables. Une vaine élocution, privée de bon sens, des harangues où l'on ne voit que figures

(159) De cette époque fertile en événements, la confédération de Bar portait l'ancien caractère national; toutes les autres sont défigurées pour la plupart, monstrueuses, méprisables.

(460) On a eu alors plusieurs diètes tenues sous 1« lien de confédération, à l'exception de celle de Stanislav Malachovski. indépandante ; toutesles autres se trouvaient sous la protection étrangère, savoir : de Czartoryski, de Charles Radzivill, et Stanislav Brzostovski. de Povinski, de Mokronoski et deBielinski à Grodno.

entassées et puisées dans d'insipides recueiTs [46t]» où Ton ne traite que de misérables puérilités de collèges. On ne s'entend pas, mais on brigue, on se dément, on dissimule, les petits intérêts se confondent avec le principe discordant de la république, et les petites affaires absorbent les affaires importantes; on se fâche, on s'irrite, et les représentants, le sabre au côté s- accusent réciproquement, s'emportent; le tumulte affreux gronde, fait tren^Ier les voûtes dé l'édifice, mais la fin de la diète ramène le calme, Torage cesse. Force est à la loi, on la respecte. Le temps de la séance écoulée, la diète est dissoute ; un nonce a mis son veto, la diète est rompue. C'étaient les suites légales et ordinaires de la bruyante tempête. L'enceinte des débats se vide, et la surface de l'état redevient aussi tranquille qu'elle l'était auparavant; le tapage diétal ne ramène que les dispositions soporifiques. Depuis la diète de 1726 jusqu'à la fin du règne (l'Auguste II, 1733; et depuis la diète de pacification de 1736, jusqu'à la fin de celui d'Auguste III, 1764, toutes les diètes ont eu le même sort, toutes sont dissoutes ou rompues. La force souveraine de la république est dans l'impuissance et réduite à l'inaction (462). Les années de calme qui suivirent la pacification de 1717, prouvaient aussi que, bien que les troubles et la désolation fussent passées , la liberté ne cessait d'être inquiétée et me-

(461) Imprimés in-folio ou in-quarto, sous le titre de Suada, ou bon conseil. Ces recueils furent empestés du mauvais goût du siècle, que Tinstruction jésuitique propagea en Pologne. — « C'est un grand mal que les longues et vaines harangues qui font perdre un temps si précieux , mais c'en est un bien plus grand qu^un bon citoyen n'ose parler quand il a des choses utiles à dire. Dès qu'il n'y aura dans les diètes que certaines bouches qui s'ouvriront, et qu'il sera défendu (par convenance) de tout dire, elle ne diront bientôt presque plus que ce qui peut plaire aux puissants (J.-J. Bousseau, Considérations sur le gouvernement de /aPo/ogfne, chap. 7).

(462) En ce moment encore , la puissance législative conserve toute Son autorité , elle est dans l'inaction, mais sans rien voir au-dessus d'elle, la diète est aussi souveraine qu'elle était lors de son établissement. Cependant elle est sans force , rien ne la domine , mais rien ne lui obéit. Cet état est très-remarquable, et mérite réflexion (J. J. Bousseau, ibtd.).

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