IV. PERTURBATIONS
triaes de certains monarchistes qui nommaient le gouvernement polonais , gouvernement mixte. Mais l'enquête de Zamofski à la diète d'inquisition, la condition jurée parle roi qu'il affranchirait de toute soumission la nation s'il dérogeait à la loi , enfin des menaces de détrônement et de déchéance proclamées plusieurs fois» prouvaient suffisamment que l'ordre é(|uestre ne concevait point Tinfaillibilité , et n'admettait guère la non-responsabilité ( 471 ). Or , cette royauté placée sur d'autres bases, n'était que le magistrat suprême: mais sa majesté, son titre, devait avoir sa résidence, tÊ sa cour, ses cabales, ses prétentions. Nous avons observé '-'M qu'anciennement il n'y avait aucune résidence fixe, et la cen- ;^ tralisation de la république, ondoyait avec cette fluctuation |.f de l'ordre équestre qui organisait les diètes. Depuis l'union tJ de deux nations et le soulèvement de la royauté par Batori, tout se fixe et se centralise dans une capitale. Varsovie, ville assez considérable de Mazovie, est élevée à cet honneur. Encore cette capitale est d'une autre nature que les autres en Europe, elle a toujours l'odeur de la plante exotique, elle est étrangère par sa population, par sa loi, mais c'est un affluent de tous les éléments contraires de la république , de la noblesse de deux nations, et particulièrement de celle de Ma- ; zovie, des ambassadeurs étrangers, des assemblées nationales i; électives, législatives, elle est résidence royale et du catholi- l^> cisme. Déjà les Vasas y tenaient décidément leur cour, le goût i ^-, de Sobieski pour les voyages, des Saxons pour les absences ; les t^ revers qui forçaient quelques-uns à l'évacuer, ne changé- ''"^ rent point cette destinée de la cité de Varsovie. Tout se con- j!^ centre dans ses murs , le sort de la république se rattache à p
(471) La forme du second serment immédiatement avant le sacre, se termine ainsi : « S'il arrive , ce qu'à Dieu ne plaise ! que je viole «
mon serment dans quelques uns des points mentionnés, les habitants du royaume et de tous les domaines de Pologne et de Litvanie , ne seront plus teuus de m'obéir, au contraire, en pareil cas, je les tiens d'avance pour dûment affranchis de toute fidélité et de toute soumission envers moi. De plus, je jure que je ne demanderai jamais aucune dispense de mon présent serment, et que, quand on me l'offrirait, je ne l'accepterais point. »
son enceinte. Encore long-temps prise et reprise parles en^ nemis et les Polonais , elle était un objet secondaire dans toutes les chances du pays. Avec le temps, son champ d'élection , décidant du joug de la république, rattachait à elle» de jour en jour, plus intimement le sort de la nation. Enfin la cour célibataire de Stanislav Auguste enferma toute la république et toute la vie nationale dans la capital^. La chute de Varsovie décide la chute de la nation. L'existence de la nation décline lentement et la capitale grandit, la royauté y brille avec sa cour, ses courtisans, ses chambellans, ses intrigues, ses cabales et sa reine (qui, dans les derniers jours^ tenait ses débauches à Pétersbourg). L'alliance royale assurait des relations extérieures, et tous les royaumes, toute la diplomatie, traitent avec sa majesté le roi, laissant de côté la république. A Texception du bon et indolent Michel» tous ces rois et reines, s'ils ne pensaient pas à ériger un trône héré-* ditaire , au moins cabalaient pour désigner un successeur. A ce principe contraire au génie de la république, s'accrochaient tous les éléments ennemis : intolérance, aristocratie, influence étrangère, soif de distinction , avarice, ambition, abus extra-légaux , doctrines perverties, qui formaient non pas un gouvernement mixte , mais cette pestiféré mixture, qui organisa le désordre et lanarchie , travailla la nation dans l'espace de plusieurs générations , l'affaiblit, et lui prépara le joug.