‹ Histoire de PologneChapitre 363 sur 369 · IV. PERTURBATIONS · texte numérisé non relu

IV. PERTURBATIONS

vait apprécier ks institutions et les fauteurs du mal. Le cri contre l'abus s'élevait effectivement de génération en (génération , et jetait Tépouvante sans pouvoir sitôt disperser la torpeur de la nation et de ses masses. On est juste, si l'on attribue la chute de la Pologne à des malfaiteurs et des scélérats dont le nombre est déterminé par les événements néfastes, mais rhistorien serait loin de connaître la vérité entière, s'il réduisait les causes à un seul fait sans rechercher le concours des accidents des dispositions de l'époque , des relations que la marche lente du temps prépare d'avance pour décider le destin d'une nation. C'est pourquoi, dans nos réflexions précédentes, en observant les agitations intérieu-* res, nous avons tourné nos regards sur différents points ; ailleurs nous avons considéré les mouvements extérieurs (480), ici , en terminant nos conisidérations sur l'état politique et social de l'ancienne Pologne, nous allons résumer ce concours de circonstances qui conduisit la république vers sa fin... C'est une triste réminiscence , mais elle offre un tableau imposant (481).c[Les écarts de la liberté sont certainement graves, dit le célèbre poète créateur des chants nationaux, Niemcevicz, cependant, dans les commotions de la nation libre, il se manifeste un développement de capacité et de qualité, une certaine activité, et la dignité de l'homme, qu'on chercherait en vain chez les peuples où il n'y a que le commandement et l'obéissance (482). i> Aussi, semblerait-il que la Pologne mérite quelques attention sous cet égard. La nation polonaise , qpi inculqua sa nationalité à tant de peuples slaves, soutien dans des moments de danger de la Litvanie, dans laquelle elle forma les libertés nobiliaires ; nation qui faisait des progrès avec sa nationalité dans la Prusse de Kônigsberg; réunie avec la Litvanie, prenant sous sa tutelle la Livonie , et étendant sa suprématie jusque sur les bords du Danube , du Don et de la Neva; qui vit arriver les peuples d'alentour, des rives de

(480) Voyez parallèle historique de l'Espagne et delà Pologne.

(481) Ce résumé (chap. 173-176) , est écrit en 1817. à la fin de l'analyse de l'ouvrage de Niemcevicz, intitulé: Chants historiques,

(48^) Niemcevicz, Chants historiques , p. 441.

TElbe et du Rhin, des confins de la Lapoûie^ et des côtes adriatiques» demander des rois à la Pologne» de cette race Lityanienne des lagellons, modératrice des prospérités tarbalentes de ses TftStes étals, cette nation certainement est remarquable, eHe remplit sa mission , son action, bien quedouce , elle obtint des succès. Ses régions de félicifé se peuplaient, les forêts étaient akèettaes pour y construire des cités, l'abondance extrême de grains débouchait par h» ports de la mer baltiqne et de la mer noire, aKmeaitait l'Europe, l'ordre et la sécurité assuraient les richesses. Tous les pays de l'Europe, travaillés par des commotions terribles jusque dans les bases , inondés de sang, perdaient les Hbcrtés po* litiques, la seule Pologne continuait à jouir du liouheur des jours si enviés. L'industrie et la. science s'y rendaient avec sécurité, les persécutés et les infortunés y trouvaient te refuge et la protection, toutes les x>pinions y avaient iunasyle, et professaient les doctrines s»ns enlravea. fialon prer^ongea encore quelques < années de prospérité: et dé grandeur , quand le vol des libertés civiques^ brisant tous les Obs* tacles, donnait la dernière main à inorganisation intérieure. L'ordre équestre est tout puissant, méprisant les dtstinc* tiens, les honneurs, les titres. Le roi, dans son pouvoir limité, s'appelait distributeur des grâces et des bénéfices* La classe des paysans, mise hors de la loi , à la merci des propriétaires, partageait la bonne chère que- la terre produisait à leur seigneur, nedémentaitpaslehautsentimentde ceux-ci, et se multipliait paisiblement. La bourgeoisie , satisfaite de la suffisance matérielle dont elle jouissait , dégoûtée de la fierté de l'ordre équestre, se retira^ avec ses prétentions politiques , peu soucieuse d'abandonner une position importante pour son avenir. L'ordre même prépondérs^at du dergé, humilié , n'osait plus prétendre à sa juridiction.rSe retirait de la direction de l'instruction, dont il ce pouvait plus sûutcDir la hauteur, relativement au progrès et aux changements qui s'opéraient dans l'humanité. Enfin l'ordre équestre n'avait plus d'obstacle, il soumit tous les éléments et imposa les charges de l'état sur ceux qu'il humiliait, la prospérité seule offusquait les mauvais augures .de l'avenir. EUenne Batori , roi de la grande nation, lutta avec sa fou-

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