IV. PERTURBATIONS
gue; sans ressourees pécanières» pressé par la disette , pour le peu d*argent, ranima les prétentions du clergé, renoua les relations affaiblies Atec la cour de Rome , laissa échapper à la république la Prusse de KOnigsberg, confia l'instruction aux jésuites. Oa déplorait la perte évidente du duché de Prusse , de cette portion précieuse placée au centre du royaume; on montra de la répugnance contre Tadmission des jésuites, qui déjà s'implantaient sur le sol polonais. Le chancelier de Litvanie , VoHotîcz , refusa d'apposer le sceau, mais il aima mieui le conserrer que de prouver sa profonde conviction des manvaises censéqoences. La volonté de Batory fut scellée, et sa main, qoi devait retirer et sauver la nation de sa fatalité, ne prévoyait guère comme elle ensemençait des germes féconds en destruction. C'est à l'époque .la plus brillante , illustrée par le courage et la vertu, que la décadence depuis si long-temps présagée, prit sa naissance et accabla la malfaeureose nation pendant deux siècles ( depuis 1587 jusqu'à 1705; 208 ans ) par toute sorte d-épreuves . et de ealamités , avant qu'elle lui préparât la chute, d'autant pins douloureuse, qu'elle abîmait la nation dans le moment, où , après de longues souffrances, etTaf-* faiblisseroent prolongé, elle reprenait ses forces et son sen* timent.
174, BBSORGANISATIOjV dans la nation . l^EPUIS 1587, JUSQU'A 1(547; 60 ANS.
Le sceptre électif fut confié à un indolent, qui laissait tom^ ber de ses mains cehii de laSuède. Il ne savait pas mieux manier celui de Pologne , mais il ne pouvait pas le perdre. Incapable de diriger les talents nationaux, il dérangeait son action, tracassait et fomentait le désordre et l'arbitraire. Les classes inférieures tombaient en souffrance. Les habitants se ressentirent de Texistence de ces infatigables jésuites. Le roi associait ses effbrts contre ceux qui ne suivaientpointlesdoctrines romaines. L'hydre de la persécution de la pensée et du sentiment, affecta et accabla silencieusement toutes les classes , pénétra tous les recoins de l'état, arrachant des plaintes amères, et excitant des violences réciproques. Toute la nation, touchée du ma*
a54 CONSIDÉRATIONS. 1607 — 1795.
latse inexpliqué , aigrie daos toutes ses parties. Les grandes maisons se disputaient , se déchiraient , en discorde avec le trône, méprisé et arili. Dans celte anarchie et ces premières perturbations convulsires, maintes fois teintes du sang des indigènes J es bandes militaires remplirent le pays de brigandages 9 demandant leur salaire , et Tennemi extérieur, enhardi , commença à diriger ses irruptions vers les plus belles provinces. Cependant , dans cet accroissement du désordre, la ^logne , entourée d'ennemis et de contestations, fut entraînée snr le champ de combat et de gloire. Cette Livonie à laquelle on domie protection, est la première occasion des engagements belliqueux, et les expéditions extérieures que les grands seigneurs entreprenaient avec le consentement royal , allumèrent sur trois points des guerres terribles, vigoureusement soutenues, mais sans la contipulté nécessaire, avec des interruptions à cause du dérangement intérieur de Pétat. Des victoires éclatantes illustrèrent cette époque, mais la Livonie entra dans les mains des Suédois, il fallut se désister de la suprématie sur la Moldavie. Du côté de Torient on essaya de rétablir les frontières de Gédimin et de Yitovd: mais la puissance, un moment pressée, reprit ses forces et sa tension. Dans ces temps-là , l'Europe entière fut déchirée d'une manière épouvantable, les factions et les opinions religieuses la divisaient partout; le christianisme se partageait en deux partis, d'un côté la maison d'Autriche se mita la tôte des fidèles de la papauté, de l'autre côté, le parti contraire, long-temps sans chef, le trouvait en Angleterre ou en Suède. Sur différents points de l'Europe, et du globe, une lutte sanglante se renouvelait de différentes manières. L'Autriche, s'attachant à la royauté de Pologne par, des mariages, lui suscitait aux environs des ennemis et des mésintelligences, lui imposait son assistance et ses secours chèrement rançonnés , bien que sa politique inspirât de la défiance et insdisposât le sentiment mutuel, elle ne cessait de brigtjcr la possession du trône de la nation, qu'elle voulait réduire sous son sceptre, se disant son amie. Elle changea la K^ierre au sujet de la Livonie en une guerre dans Tinlérétde La papauté, et entraînait sans relâche la Pologne dans cette qncrclle qui divisait la chrétienneté. La Pologne, éprouvant