‹ Histoire de PologneChapitre 368 sur 369 · LA LÉTHARGIE ET LE RÉVEIL, DEPUIS 1717 JUSQU'A 1795 ; 80 ANS · texte numérisé non relu

LA LÉTHARGIE ET LE RÉVEIL, DEPUIS 1717 JUSQU'A 1795 ; 80 ANS

Les conséquences de toutes ces calamités et de l'esclavage de l'esprit, se firent sentir bientôt. La superstition etrirritalioh fanatique aigrirent et avilirent le génie national. Les classes inférieures, et mémo toute la masse de la nob'esse indigente sont abruties. Par conséquent , l'esprit de l'ordre équestre, possédant toujours la domination e^t incapable de marcher avec le progrès de l'humanité. Son sentiment et son activité paralysés. Tombé dans l'insouciance , il ne cherchait dans les retraites que des distractions étourdissantes , de boissons, de procédures interminables avec toutes les chicanes du barreau. On applaudissait aux ruptures des diètes répétées sans but, on se réjouissait que ce fût le désordre qui soutint l'existence de la Pologne. L'impassibilité détruisit pour longtemps tout sentiment de douleur à la vue de l'avilissement de la république. La Pologne fut un don de récompense à la maison de Saxe pour sa renonciation au droit de succession aux états de l'Autriche. L'influence impérieuse des étrangers

plaçait des rois dur le trône ; les élections sont soutcnDcs par leurs armées. Qoand Tactlvité politique se constitua en une unité bien compacte, où l'indifférence devenait une faute pins grave qoe des mesures mal choisies, alors la Pologne cessa de bonne heure de figurer dans la diplomatie. Bien que spatiaux, elle n*offraiC à la politique générale qu*un désert mort qui séparait la Russie de la Turquie, de rAntriehe et de la Prusse; ette n'était qu'un glle pour chaque étranger qui pouvait ûnpunéttont commettre deà violences dans la capitale même. I>e la longue dispute dans la chrétienneté, la cause romaine de la papauté ne gagnait presqoe rien, mais l'humanité y restait souffrante» Cependant , de tous les états indépendants, la Pologne seule^ avec l'Espagne (dont l'iexisience est sauvée par sa position géographique) se ressentit le plus des conséquences. La Pologne, insensible, sans forces, désarmée, triste victime de cette cause, méprisée par ses adversaires, négligée de tous les autres états, regardait »es voisins limitrophes d'an œil hautain, bien que leur situation prit une direction toute opposée à son affaissement. A mesure qu'elle marchait vers sa chute , ses voisins grandissiaient en puissance. La Russie, renforcée parla défection des kozaks couvrait ses frontières de deux côtés; l'Autriche paralysait l'engourdissement national de deux autres. La maison de Brandebourg menaçait d'un bout seulement, mais elle possédait une forte position presque an centre de la Pologne en y tenant la Prnsse: Le Turc est devenu indolent. La Pologne touchait à peine la mer dans un coin déjà rétréci ; de toutes parts ses frontières sont ouvertes à Tinvasion; aucun appui, aucune position forte pour résister. £i quel bras pouvait détourner la destinée ?... Effectivement, il n'y avait que son inaction et sa faiblesse qui prolongeaient son existence , sa nallité , était la cause qu'elle était négligée et oubliée jusqu'à l'époque où sa nation se réveillant de la léthargie, donna signe de vie.

Depu is les longues calamités jusqu'à la ehûte (depuis 1717 jusqu'à 1705) , 80 ans se sont écoulés , dont la plus grande partie offrait une sécurité paisible, bien que dangereuse. Ces années donnaient à la nation le temps de se reposer, de se repeupler et de reprendre quelques forces. Les chaînes imposées pendant nn siècle et demi , à la raison nationale, n'en ont pas réussi

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