L'armée
Xa proposition de porter Tarmée nationale à cent mille hommes fut agréée bientôt : mais lorsqu'on en vint au mode d'organisation , firanicki obtint que la cavalerie, corn* posée des nobles , formerait la principale force nationale , et que les règlements de celle-là seraient communs aux régiments de cavalerie de Tarmée de ligne. Ou négligea l'infanterie et sa disproportion avec le nombre de la cavalerie fut immense. A cette occasion le roi éprouva cette méfiance qu*on nourrissait encore pour lui. Au lieu de le charger de Fadministration de l'armée comme il le désirait, on proposa d'établir à cet effet une commission qui serait indépendante de lui. Après une séance très^orageuse, on convint quMl y aurait i ce sujet deux délibérations , deux tours de votes : aux suffrages publics la proposition fut rejetée par 149 voix contre il4; au scrutin secret elle fut admise à la pluralité de 140 , contre 122. Le roi en fut vivement affecté, Plusieurs membres de l'opposition, firent partie de la commission et leur présence et leurs menées y furent funestes pour l'armée. Enfin, comme au milieu des entraves alimentées par Tintri;gue, il était impossible d'organiser les cent mille hommes, on se contenta de limiter ce nombre k un effectif de soixante mille.
88» L'Impératrice de Russie fomente des troubles; . PODiqsM pmii*
Durant la gestion de la diète, du côté du sud-est de la Pologne se manifestèrent dans la classe du peuple des symptômes de révolte et une disposition prononcée au renouvellement du carnage dont la Pologne avait ressenti quelque
CONSTrrCÀNTE. Itl
temps auparavant les ^ets si terribles. Après une enqaète faite à ce sujet, on découyrit que c*étaient des machinations tramées par Sadkoyski, archimandrite, grec désuni, évèque de Sluck.Un oukazde Timpératrice l'avait placé, en 1783, dans le diocèse de Sluck, et pendant toutes les années suivantest SadkoYski tén^oîgna une invincible répugnance à remplir ce quMl devait à la république, comme citoyen et comme fonctionnaire; il éludait toutes les sommations et se réfugiait dans des restrictions qui démontraient son infidélité; il prêchait à ses ouailles une soumission directe à Timpératrice , et cherchait à séduire le peuple , à surprendre sa religion jusqu'à tel point, qu'il lui arrachait un serment de fidélité à l'impératrice Cattierine II , comme chef suprême de l'église qui devait dominer; enfin, inspiré par elle, il préparait et distribuait des armes pour soutenir sa cause. Cet événement fut pris en mûre considération par la diète, et le 20 mai 1789, on nomma une députation à cet effet. L'arrestation du chef et de ses principaux agents décon* certa le reste des conjurés; des troupes furent envoyées dans tous les cantons suspects et la diète, contente d'avoir prévenu un grand danger, régla l'organisation de la hiérarchie de l'église grecque non-unie, à la satisfaction du clergé qui exalta la sagesse et la bienfaisance de la république. L'affaire de Poninski, ancien maréchal de la diète, fit perdre beaucoup plus de temps en discussions prolongées. Celuiei, enrichi des biens nationaux des starosties, ayant à cette époque dissipé sa fortune, se trouva ruiné qumqu'il con^ servàt toujours la place de grand trésorier de la couronne. Le parti de Branicki prévoyait bien que cette affaire absorberait beaucoup de temps, c'est pourquoi, il s'efforçait par tous les moyens de la maintenir en discussion, quoique les crimes de Poninski fussent si palpables, que Suchodolski, nonce de Chelm, et Suchorzevski, nonce de Kalisz, tous deux entièrement dévoués à la Russie, s'étaient constitués volontairement prisonniers pour que Poninski fUt immédiatement arrêté et emprisonné. Enfin le décret du 1 septembre 1790, condamna Poninski à la peine de Vexil ; privé de toutes ses dignités et fonctions, dépouillé de ses ordres , déchu de sa noblesse, il devait être conduit par les prin^
ISi DIÈTE
cipales rues de la capitale avee un erievr public qui répéterait à cbaq^e cairrefour : « C'est ainsi qu'on punit les les traîtres à la patrie, d Son inculpation entraîna devant la jii^ice plusieurs de ses complices, qui s'étaient gorgés des starosties, conjointement aveciti. GooHne iis étaient presque tous du parti de Branicki, on s'évertua pour détoorner î'orage, qui pouvait les dépouiller de leur gas)>illafe, à former de noweaux projets, afim d'augmenter par d'autres ressources ie revenu de la répûlrfiqm., aogmedtation dont le besotn devenait ioéisfensablesi i'oa voulbit wtnye» à ieflèctif de eent miUe hommes dé troupes.
W, ÈÊXîpU»; revenus.
On s'empara des bâe&s immenses Ae i'ëvéque de Kraimm et de son ducbé de Sievierz, au profit du fisc : part^usofen oki augmenta eonstdérabiement les ressources du trésor. En même temps les impôts du cletgé furent doublés >; piusteuTS taxes élevées; enfm ri0i)»6t foncier, ou wiedlme de 10 pour cent imposée sur le revenu de tous les propriétaires terrestres, fabait «spérer que dans un court espaos de lemps, le trésor de la république serait rempli et sufBsaiilment pourvu. Gepeiidant malgré la facilité avec laquèUe l'ifttpôt de la dlme foncière fut agréé, malgré ie zèle d'un tiès-grand nombre de citoyens, qui, s^ns craindre d'obérer leurs bioAs, le déterminaient voloattireraen t aunles^^deleur revenu, on vit s'^everde plus grandes difficultés lorsqu'on voulut le mettre à exécution ; et à çi^n^ les ceteânissions Ittstratives , instituées pour établir le cadastre, panriurent- ^Iks à les aplanir. Parcet impôt, la république vit ses revenus augmentés de dix millions. On procéda aussi à la nouveiie taxation des siarosties, car les possesseurs des starosties qui payaient Jusc^'alors le quart de leurs retenus, furent tenus depuis de verser la moitié du même revenu. Or., la nouvelle taxation des lustr ateurs des staroBties^ rapporta cinq millions, ce qui faisait dix fois autant qtoe donaaitl'an^ donne quArte.CeUdme par tous ces moyens on ne pul encore arriver au bilan désiré « la dépense excédait encore de ft à 8 millioas^ pour subvenir à ce manque, on décnéta A
GONSimiANTE. 1î3
Tunanimité un emprunt de dix millions pour la couronne et de trois millions pour la Litvanie. On a\ait fait aussi plusieurs fois la motion de vendre les starosties successivement. Ce projet fut enfin décrété par les suffrages à bautes voix de 123 membres contre^l ; dans le scrutin» de lOd contre 93, et à la proposition de Stanislav Soltik, nonce de Krakovie, les possesseurs furent subitement dépouillés.
90« Bupture avec la Busaie, aUiajice avec la Praas«*
La diète remua bientôt Tancieu bâtiment de la république sur tous les points, mais dans sa marcbe lente et réflécbie, elle remplaçait par des modifications et des changements tout ce qui devait être abrogé successivement et partiellement, en apparence sans aucun plan, et ce n'est qu'après un œrtana laps de temps, ^u'^le est an^ivée à s'occuper de Fensemble de la constitution. L'occasion se présenta lorsque le conseil permanent, produit d'un protectorat arbitrairement établi, fut cassé sans difficulté dans la séance du 19 janvier 1789. C'était décidément rompre avec la Russie. A l'exemple du primat, Michel-^Georges Poniatovski, frère du roi, environ trente sénateurs et nonces s'abstinrent de donner leurs votes; il se trouva cent vingt-deux votes pour la suppression et onze contre. Le conseil permanent fut donc aboli, et on sentiil^ alors plus que jamais le besoin d'une nouvelle constitution , et de changements nécessaires, dans difiérentes branches d'administration. Le cabinet de Berlin, tant par des lettres particulières du roi de Prusse que par des notes ofiicielies présentées par son ministre Luchésini ne cessait d'appuyer œ projet; d'un autre côté, le ministre d'Angleterre Haïles continuait aussi à encourager les Polonais à s'en occuper sérieusement. Plus on s'éloignait du cabinet de Pétersbourg, plus se fortifiaient les intimités avec la cour de JPerlin. Frédéric Guillaume II, instruit par des communications officielles de la diète, du progrès de ses délibérations, approuvait toutes les décisions, et dé&irait contracter avec 1^ république une alliance délensiv^, dans laquelle il offrait de fournir une infanterie proportionnée à la cavalerie polonaise.
tti DIÈTE
Luchësini ne dissimulait pas que le roi de Prusse désirait vivement la souveraineté de ïhorn t de Dantzick, qui, enclavées dans ses possessions, se trouvaient dans une position gênante, toutefois il ajoutait que si cette proposition paraissait faire quelqu^otnbrage, il avait ordre de déclarer que le roi de Prusse n'insistait pas; Frédéric-Guillaume lui-même, quelque jours après la conclusion du traité, le 11 avril 1790, écrivit à Stani^lav-^Auguste qu'il retirait cette proposition , pour écarter toutes les difficultés qui pouvaient s'opposer aux deux traités d'alliance et de commerce. L'alliance fut en effet décrétée dans la séance du 15 mars, conclue le 29 mars, et ratifiée le 5 avril 1790. En même temps les bases de la constitution furent arrêtées.
91* Lois fondamentales; la consUtotloa décrétée.
Déjà le 7 septembre 1789, on nomma une députation qui devait rédiger la cbarte constitutionnelle et gouvernementale. L'opposition ae cessant de fatiguer la diète, provoqua alors les discussions sur les lois fondamentales (kardinalné) qu'on séparait de la constitution , comme prîncicipe vital de Fexistence de la république. A cette occasion, la conservation de l'intégrité du pays, sans la moindre atteinte aux limites de la république, passa sans obstacles. Les autres articles fondamentaux subirent ptus dç discussions. On demanda, qu'au mois de décembre 1789, la députation chargée de la nouvelle constitution soumît à l.a délibération de la diète les bases de la charte future. Qes bases présentées au nombre de huit articles, et les débats qu'elles entraînèrent, se compliquèrent avec les discussions sur les lois fondamentales. Cependant, à la séance du 29 mars 1790, les huit articles furent unanimement agréés et sanctionnés. On souleva enfin une question aussi grave que délicate, celle de changer le trône électif en héréditaire. Elle fit taire les débats prolongés sur les lois fondamentales et fut renvoyée de la diète aux diétines, afin que toute la nation participât à une décision d'une aussi haute importance.
CONSTITUANTE. la»