Longueur des débats» leur pabllcité
Les débats de la diète, soutenus constamment depuis deux * ans, déjà plus solennels que tous les précédents, par leur longue durée, attirèrent dans la capitale un concours immense de citoyens de toute la Pologne et de la Litvanie, empressés à suivre de près Tœuvre importante du salut de la patrie. La population de la capitale s'augmenta d'un tiers à peu près. Chaque jour une foule Innombrable de curieux encombrait les salles des discussions publiques. Ils portaient le nom d'arbitres, comme s'ils étaient envoyés par Fopinion publique, pour aller entendre et apprécier les délibérations, pour être rapporteurs de ce qui se passait dans l'enceinte des chambres. Effectivement ils propageaient les différents avis énoncés par les représentants de la nation et les discussions qu'on y avait engagées. Par leur organe et par les journaux, la tribune trouvait partout un retentissement. En même temps, la presse secourait immensément l'œuvre civique, lorsque les hommes d'état et grand nombre de citoyens, dont la pensée était préoccupée de hautes question«:, s'empressaient à les scruter, à communiquer au public leurs propres idées et des lumières avidement recherchées. Chaque projet important qui devait être présenté à la diète était précédemment approfondi, soutenu ou combattu, dans des conversations de familles, dans des réunions civiques et par de nombreux écrivains (51). Les objets se
(51) C'était uoe chose bien importante que de préparer Topinion de la capiiale, eilrémemeni animée par le concours civique de toutes les parties delà république. Hugoe Kollontaî, très-actif dans la législation , avait sous sa main douze jeunes gens répandus dans toutes les sociétés, qui sondaient la pensée publique et répandaient dans tous les cercles différents propos qui pouvaient diriger l'esprit général. On organisa un club constitutionnel qui devait seconder les efforts des législateurs. Trembicki était son secrétaire et il reste des protocoles de ses délibérations. On qualifia d*intrigtte tous les moyens qui furent inventés pour prédisposer l'opinion. Cette intrigue fut en réalité maniée honnête, ment par des hommes peut -être égarés dans leur conviction , mais intégres, qui n'ont jamais trouvé d'ennemi assez l&che pour oser contester la pureté de leurs inlenlions. Le parti opposé , parti russe , cher» cbait aussi à influencer l'opinion À sa manière.
1S« BIÈTE
mnUipliaienA toujours^, QtsoqteiHtimt a^^Uv^mont I?attention générale. Le clergé et ses propriétés j^ les starosties, les vflles, la fonne du gouvernement', Phérédité du trône et les élections, la fornae des débats de la diète, la juridiction, les relations avec les cours voisines, leurs intrigues, lïi politique de l'Europe eu général, donnaient lieu à des nombreuses discussions, autaivt dans les feuilletons et d^ns les petites brocbures que dans les ouvrages plus considérables, qui arrivèrent au secours des graves délibérations de la dièt^. L'opinion publique était d'avance hautement prononcée^ sur chaque projet quideyatt être soumis à la décision des réprésentants, c'est ainsi que leur sentence était certe de H nation. Wybicki, Staszic, les Rzevuskiv François et Jacques Jlezierski , Makulski et un grand nombre d'autres s^adonnèrcnf à îa belle tâche depré|)arer, d'informer, d*instrttire- les esprits. Bars et Mèndrzecki et (f autres auteurs, par leurs élucubrations htsloriques sur les anciens droits des villes, coûti4!!>nèrent puissamment à Facceptation de la loi concernant les villes et la bourgeoisie. Les écrits de Sévérîn Rzévuski et d'Albert Tur ski, partisans de l'élection du trône, furentf refutés par Huges Kollbntaï. Tliaddëe Morski et d'autres qw soutenaient rhérédité. La nation lisait toutes ces publications, se fomiliarisait avec les chinions contradictoires, et se préparait à délibérer et à décider dans la ques^tt la plus délicate, touchant une prérogative qui étaitf conservée avec une jalousie extrême, depuis plusieurs siècles.
93*. niQuvellQ 4i^^<^ iréjiale à< V«wc4eii»Bier;L hêr^ite du trôn^
U.j;u3^ décision av^ait été pvisq, à la proposition de Michel Zalqski» »îonQ^ de Troki, encore te 29 novembre 4778, «|ae la.ijiâàte $er^U, pcoloogée 9Mkl^ixt qu'il conviendrait : eepenr dajRt^ loi^ue teadeus aanées delà séance se furent écoulëess et <|uei l'épotue (]ifiiiii&. éiète ordinaire qm devait} comme de cotttiim«ètff8 précédée par des diétines^ approchas on reprit la qitestion de la durée de la diète. L'iopposition voulut profiter de cette ocoasion pour fkire dissoudre la diète, afin de fair« place vid^àceWequi allait se réunir. Mais les confédé-
CONSTÏUJANTE. IÎ7
rë» de la diète trouvèrent on expédient (piî d^ouft les efforts de f^oppesUkm^ el knrsqa'oa w y'iBi auieole de la propo* sUion, cent q«iD«e toèc contre seize décidèrent U continus^ tien de U dike eoniëdérée, jusqu'au 7 lévrier 1791, afin *è^ laisser ua tempe suffisant aux nonces nouvellement e^eisis de se réftnir aux anciens ^ qui devaient leur donner des informations utiles et nécei^aires sur la gestion dee affalves , et mieux préparer leur esprit aux nouvelles décieiens d^un intérêt majeur, avant de se séparer eux^ mêmes. Le» diétines^ s'ioocupèrent donc du choix des nonces à la dièle, et pois eMee privent en considération Thérëdité do trêne. Elles approuvèrent toute» les décision» de la diète eenfISdérée, elles acceptèrent^ la proposilâon de lliérédité et choisirent Prédéric-Anguste, électeur de Saxe, petit-fils d^AU"^ gustelH, roi de.P^ogne, pour suceesseur présomptif du roi et cheCde la dynastie, qui dans sa personne devait occuper h> trône h la morfede Stanislav-Augusie; il était déclaré, que sMl était privé de descendants mâle», sa ilte, Finfante, serait regardée comme héritière du trône de. la république. Les Sections étant terminées, les nouveaux nonces ai^rivèrent à Varsovie, et le te déicemhre i790^ ils se réunirent aux membres delà diète séante; la grande diète conlédérée prolongea de cette façon ses déhats avec un nombre double de membres, car les andens eontinuèrent à y siéger, même après le 7 février I79i. B^abord, le 20 décembre 1790, on se débarrassa des loi^ fondamentales, et on reprit Tancienne question sur les dié< Unes, dont la discussion commença encore le 7 mai 1790. Elle ne fut terminée que trois mois après sa reprise, le 24 mars 1791. Bieptôt une autre loi sur les villes et la bour< geoisie fut décidée,, le 18 avril 1791.
94* lA ]iou]r!(episie admise aux prérogatives politiques, 1791.
. Les ]^^cgQ0is réçlainantle rétablissement de leurs anciens droiits,. pl:q^vèrent par des documents qu'ils jouissaient autrefqô^d^ la représ(^Bt^ti<3Ln et en appelèrent aux. lumières et aa j^^^Wkçjpit dc^Si l,ég>sl4ettr.s« devants lesquels ils ét^ien^t certaine de trouver iu^iiiiee. La ^9blesse délibérîytte compje- QAittr^Tbien, qa'elle a^ait devant eUe 1^ b^Mte mission, d^
réprimer les abus qualifiés d'anarchie, de corriger les institutions établies en sa faveur^ au détriment d'autres classes de la nation. Elle abordait cette tâche, avec calme, toujours prête à conserver ses immenses prérogatives, elle ne se montrait point jalouse envers la bourgeoisie. On rédigea, * par conséquent, une loi^ par laquelle non - seulement les prérogatives et les privilèges surannés de la bourgeoisie, se trouvaient rétablis dans toute leur plénitude , mais qui rendait plus égales la réprésentation bourgeoise, et celle de la noblesse dans les chambres, et qui admettait graduellement et partiellement la bourgeoisie aux prérogatives civiques de la noblesse. Pour atteindre plus facilement ce but, on suggéra à Suchorzevski, nonce de Kalisz, en lui faisant sentir tout l'avantage que son parti pouvait en tirer l'idée de s'emparer du projet de la loi et de l'appuyer. Croyant réellement par cette démarche gagner la bourgeoisie et sa représentation pour le parti Branicki, et tourner en même temps les dispositions du public contre les patriotes qui ne manqueraient pas, à ce qu'il croyait, d'attaquer sa proposition, il s'en chargea. Cette adroite déception d'un partisan aussi déclaré de la Russie, contribua beaucoup à la réussite et à l'accélération de la décision. Ea vertu de cette loi, les députés des villes prirent de suite leur place dans la diète, et s'assirent à côté des nonces nobles. Ainsi, la représentation nationale dans la diète* confédérée, déjà doublée se vit encore étendue et augmentée (52).
(53) La loi de la représentation boargeoise décida que la boorgeoisie serait représentée par vingt-quatre membres; elle permit aux bourgeois de choisir des nobles pour leurs représentants; elle accorda aux députés le droit de prendre la parole dans la diéle , d'exprimer le vœu de leurs commettants, sans participer à la discussion. — C'était rétablir les anciennes prérogatives tombées en désuétude, ce que demandait la bourgeoisie toujours cunstiluée sous une autre loi,sousla1oi teutonique.— Un écrivain qui réprouve ces demi-mesures de la législation, condamna sa propre réprobation par son analyse de la bourgeoisie en Pologne, (c Ce qu'on appelle bourgeoisie en Pologne se réduit à peu prés aux marchands de Varsovie et de Krakovie; car dans tout ce qu'il plattaux Polonais d'appeler villes, on ne rencontre guère que des juifs, quelques