Sinistre pressentiment; retraite de l'UlLraïne, i
En attendant, l'armée polonaise, composée de 55,639 hommes, ne présentait d'effectif que 45,360 hommes. La nation espérait voir à sa tête son souverain, mais à sa place elle vit comme lieutenant le prince Joseph Poniatovski, son neveu. Le roi institua en 1792, la croix militaire (depuis si chère aux guerriers polonais), et lui-même resta dans sa capitale, entouré d'un morne silence, pénétré de sombres alarmes et d'une incertitude inexplicable. Un sombre pressentiment fit taire ce cri plein de confiance : le roi avec la nation. De sinistres soupçons pénétrèrent les âmes et firent penser que le roi allait abandonner La nation. L'inquiétude, sur le salot de la patrie, devenait de jour en jour plus pénible. C'est sous l'impression de tels sentiments que le neveu du roi, Joseph Poniatovski, conduisit l'armée de la couronne, suivant les ordres de son oncle. Cette armée partagée en trois cdonnes, occupait les provinces méridionales, et en vertu des ordres du roi, se retirait vers ^intérieur du pays, sans opposer de résistance aux forces prépondérantes de l'ennemi. L'armée russe sons les ordres du général Kakhovski, traversa l'Ukraine. Les colonnes polonaises se replièren devant elle jusqu'à ce qu'elles se fussent réunies à Polonné. Un combat partiel livré près de Ziélencé la 18 juin, démontra la bravoure des nationaux , mais la retraite ne discontinua point. On ne tint pas la position de la ville de Dubno ; on ne s'arrêta que sur les rives de Bug, toujours conformément aux ordres du roi.
i08. Retraite de la Litvaiiie. 1792.
En Litvanie de faibles forces secondées par quelques détachements des troupes de la couronne , avaient pour chef à Tavanf-garde le brave Bielak, qui s'opposait vaillamment à la marche desRusses sous les ordres de Krétchétnikof.Ellesbattaient aussi en retraite désorganisées par leur commandant le prince de Wurtemberg. Lorsque la honteuse conduite de celui-ci fut évidente et sa perfidie avérée (61), Judicki prit le commandement. Après l'affaire de Mir, il recula avec son armée vers Grodno, d'où il fut appelé auprès du roi et remplacé par Michel Zabiello. D'après les plans de Stanislav- Auguste, l'armée litvanienne devait s'étendre jusqu'à Brzesclitevski, afin de communiquer avec celle de la couronne et de pouvoir en même temps couvrir la ville de Varsovie contre l'attaque de Tennemi.