‹ Histoire de PologneChapitre 84 sur 369 · Séance muette · texte numérisé non relu

Séance muette

Aucune résolution ne pouvant être prise dans cet état de choses, dans la nuit du 22 au 23 septembre , d'après les ordres de Sievers, quatre nonces : Krasnodèmbski de Liv, Simon Szidlovskî de Plock , Mikorski de Vyszogrod et Skarzinski de Lomza, sont saisis et transportés sous l'escorte

iBoiMcrire à toat acte contraire. Toate TEarope vous accuse de n*étre que le roi de Catherine : justifiez-la du moins de tous avoir couronné en taï montrant qae vous savez régner s (Masson , mémoires secrets sar la Russie 1. 1.)

desKozaks, horsdela ville (66). Leinatiiidu 23, les nonces s'assemblent comme à Tordinaire, mais un morne silence les saisit tous. Le général Rautenfeld, avec ses deux 1>ataillons et quatre canons prend sa position. La note de Sievers relue à haute voix, annonce l'enlèvement des quatre entêtés et assure la liberté de la discussion. Mais la discussion expira ; le silence ne fut guère interrompu. On n'entendit plus que les expressions les plus pressantes de Sievers, et les représentations réitérées du général Rautenfeld qui assurait ne pas quitter sa place, avant que les nonces accédassent aux volontés de Sievers (67). Un silence absolu continua à régner. Il semblait qu'il y manquait la voix humaine, tout y était muet, l'assemblée entière présentait le sombre tableau de la mort. La nuit était déjà au déclin, trois heures du matin venaient de sonner, lorsque Rautenfeld sortit de la salle pour y faire entrer la soldatesque russe. Alors Joseph Ankvicz, nonce de Krakovie, voué à la Russie, prit la parole, déclarant que le silence tenait lieu de con-

(66) Ils se sont égarés jusqu aux excès les plus crimioels (dit Sievers dans sa note du 23 septembre 1793), témoins les deux derniers discours du nonce Krasnodémbski de Li v, à la séance du 16, et du nonce Szidlovski dePlock, à la séance du 19; dans lesquels le premier en louant ouvertement les principes de jacobinisme de 'la diète révolutionnaire et de la constitution du 3 mai, a osé peindre des couleurs les plus noires la confé. dération générale de Targovica formée pour sauver la patrie et protégée dans cette vue par sa majesté impériale; le second s^est permis une licence plus grande encore « en osant même nommer la présente diète , unie sous un nouveau lien de confédération « un vil ramas de peuple, qui avait surpris le roi un jour de dimancbe , pour lui faire signer cet acte , selon lui criminel ; sans réfléchir que l'offense s*étendait à deux puissances voisines et à la nation même , par l'insulte faite k nn corps souverain.

(67) Rautenfeld demanda que le roi mit fin à cet inexplicable incident. Le roi ayant répondu qu*il ne pouvait pas forcer les députés

à parler , Rautenfeld courut chez Tambassadeur Sievers écrivit

an maréchal deLitvanie : « Le roi lui-même doit demeurer fixé sur son trdne , jusqu*à ce qu*il ait cédé. Je ferai coucher les sénateurs sur la paille dans la salle des conférences, tant que ma volonté ne sera pas exécutée (Reumer, chute de la Pol.). »

DE TARGOYICÀ. 171

sentement. A cette motion, le maréchal de la diète, Sta* nislayBielinski, autre créature payée par la Russie, demanda sans haleine, à trois reprises, si la diète autorisait la délégation à signer le traité avec le roi de Prusse, sans réserve. Le silence continuait et aucune voix n'osait appuyer; le maréchal fit insérer dans le protocole du jour , le consentement de la chambre. Le traité fut donc signé le 25 septembre; mais la nuit précédente , du 24 au 2tf de septembre, des protestations nombreuses avaicot été portées dans les actes publics. On y déplorait le malheur du pays et la violence, espérant que la postérité serait plus heureuse et saurait trouver les moyens de sauver Finfortunée patrie (08).

iSi. Règlements de Grodno pour l'intérieur. 1793.

Autant la diète montrait de lenteur à Taccomplisseroent des exigences des puissances étrangères, autant elle s'occupait activement des affaires intérieures du pays çn réprimant les abus que Tanarchie targovicienne avait multipliés sans fin. Le 15 septembre, sur la motion faite par l'ambassadeur russe, Sievers, et par Tévèque de Vilna, Massalski, la confédération de Targovica fut dissoute. Par les soins de Michel Oginski, trésorier de Litvanie, les sancites

(68) StanislaT-Aognste en signant le second démembrement , ne le signa pas sans répugnance ! u Je ne ferais jamais cette bassesse» disait-Il à Slerers en se rendant à Grodno; qoePImpératrice reprenne sa couronne , quelle m*envoie en Sibérie , qti*on me laisse sortir de mon royamne à pied et un bâton à la main , mais je ne me déshonorerai pas. » Il menaça Catherine d* abdiquer : elle lai fit répondre, « que ce n*était pas le temps, a Ce fut le colonel Stackelberg , neveu dlgelstrom , qui tul porta finalemement à signer le traité de partage. Stanisiar-Âuguste se mit k ptearer, en disant : a Monsienr! monsleiir! ayez pitié de rool l qn*onneine force point à signer ma bonté! » Stackelberg lui dit, qu'après ce sacrifice il pourrait jouir d*une vieillesse heureuse et tranquille : il essuya ses larmes et répondit : « £h bien I je tcux Tespérer. » mais sa nièce, Tyszkievicz, étant entrée , il se mit à pleurer à chaudes larmes avec elle. (Masson, mémoire sec. sur la Russie).

n« CONFÉDÉRATION DE TARGOVICA.

de cette confédération, en vertu desquels les abus les plus arbitraires avaient été commis dans la province, furent cassés et annulés. On s*occupa beaucoup de Torganisation et du maintien de Tinstruction publique. Sievers avait protégé contre la rapacité des targoviciens, les fonds de réducation publique. On avait fait de nouvelles démarcations des palatinats de la république retrécie, et Ton préparait une nouvelle forme de gouvernement. Le 16 octobre, on avait conclu le traité d'alliance avec la Russie, ou plutôt le pacte d'asservissement de la Pologne, par lequel la constitution, la libertédela république et son intégrité étaient garanties. Les troupes polonaises qui se trouvaient cantonnées dans les provinces unies à la Russie reçurent ordre de prêter serment de fidélité à l'impératrice ; le reste de Tarmée de la république devait être réduit à 15,000 hommes. A la clôture de la diète, le 23 novembre, on ordonna d'annuler les lois de la diète constituante. La dernière séance dura toute la nuit et se prolongea jusqu'à 7 heures du matin. Les nonces, navrés de douleur et d'amertume, allèrent en se séparant se cacher dans leur intérieur, afin de dérober a la vue publique leur honte et leur chagrin.

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