La question prussienne éprouve plus de résistance
Ruchholtz à son tour se fit entendre et le 24 juillet, il remit une note par laquelle il demandait à la diète de nommer une pareille délégation, autorisée à conclure un traité avec la cour de Berlin. Cette proposition excita une terrible eflfervescence ; on éclata en invectives des plus outrageantes contre le roi de Prusse ; on n'en excepta pas Stanislav - Auguste particulièrement inculpé par Ciemnievski et Dziékonski. Il se montra indulgent et fut presque impassible à tous les reproches amers qui furent lancés CDntre lui à cette occasion ; conséquent avec sa maxime de n'avoir pas égard à des offenses personnelles et de les pardonner. Il en éprouva de plus sensibles à la séance du 17 août, lorsqu'il fit la proposition de ratifier le traité de cession à l'impératrice (65). Il ne la fit passer que bien
(65j Le nonce Kimbar lui ai^ressa plusieurs fois les plus Tifs reprofhrst avec tant de violence, qa*il fut généralement blâmé. «Quoi, sire I lui dit-il une fois , n'êtes vous donc plus le même qui , en signant la constitution du 3 mai, nous disait : que ma main sèche plutôt que de
DE TAKGOVICA. U9
tard, dans la nuit, par 66 Toix contre 21. Cependant la cour de Berlin ne pouvait espérer une pareille condescendance, quoique son ministre fût appuyé par Sievers, qui recommença ses menaces et annonça que Topposition aurait le? suites les plus désastreuses, car il considérait cet entêtement aveugle et au-dessus de la crainte comme le vrai jacobinisme. Il indiqua le 31 août, comme jour où cette triste affaire devait être terminée. Ce jour-là s'étant écoulé sans qu'on eût rien statué, il annonça, le 2 septembre, par quelles mesures il pensait ramener à la raison ceux qui s'opposaient à sa volonté; il déclara, qu'il saurait préserver la personne du jroi de tout attentat et de toute conspiration. En conséquence, il donna ordre de placer deux bataillons de grenadiers russes sur la terrasse et dans la cour du cbàteau et de braquer quatre pièces de canons la m6cbe allumée contre la salle des séances ; de plus de placer une cbaise destinée au général russe, Rautenfeld , auprès du trône, et tout cela pour faire approuver, sans aucun délai, le traité avec le roi de Prusse : promettant en même temps aux nonces une entière liberté de parler et de discuter. Les imprécations et les cris de désolation, retentirent dans les termes les plus violents contre la perfidie et la tyrannie des cours étrangères , et l'on ne décida rien dans cette journée ni dans les suivantes (17* 19 septembre) qui préparaient de nouveaux sujets d'épouvante, de nouveaux excès et de nouvelles violences.