Plusieurs accusés sont excutés k Varsovie
Tout le monde, hommes et femmes, était occupé avec la plus grande activité à élever des retranchements autour de la capitale, lorsque ces affligeantes nouvelles arrivèrent à Varsovie, et firent une impression fâcheuse. Kazimir Konopka, ci-devant secrétaire de Kollontaï, jeune homme animé
DE KOSGItîSZKO. 180
du plus ardent enthousiasme, qui avait déjà harangué le peuple dans plusieurs autres occasions, fit entendre cette fois sa parole véhémente. Il peignit sous les plus vives couleurs Tinfàme trahison de Yieniavski, qui avait livré la ville de Krakovie; il assura qu'il se trouvait dans les murs de Varsovie des traîtres semblables qui échappaient à la justice par la négligence et la pusillanimité des juges; que Tennemi s*avançait rapidement sur Varsovie, lorsqu'un ennemi plus dangereux était nourri dans l'intérieur de la ville; il exhortait le peuple à demander le supplice de ces traîtres et la plus prompte punition de leurs crimes. La nuit approchait déjà, le peuple revenait en foule de ses travaux de retranchements et remplissait de cris et de tumulte tout son passage, demandant la mort des coupables. 11 se porta vers Thôtel de ville, y planta une potence, et dans la nuit même plusieurs autres furent dressées dans différents quartiers. Dans la matinée du 28 juin, le président de la ville, Zakrzevski, conjointement avec le conseil suprême, mit tout en œuvre pour ramener la tranquillité publique. Le peuple supportant impatiemment qu'on ne publiât aucune condamnation, qu'on ne lui livrât point les coupables, se jeta sur Maïevski, inspecteur de la prison qui avait sur lui une liste des accusés, pour la lui arracher. Maïevski ne voulapt point céder, parvint à la détruire et fut pendu sur-le-champ. La fureur emporta alors le peuple vers la prison. On força les portes des cacbots, et on pendit plusieurs accusés. Le prince Antoine Gzetvertinski, castellan de Przemisl; Tévéque de Vilna, le prince Jtfassalski, Boskamp - Lassopolski et quelques autres (77). Dans cette confusion il était impossible d'apaiser les esprits. Ceux qui voulaient le tenter étaient exposés à un danger imminent. Zakrzevski et Kiiinski même faillirent être victimes. Dans le nombre des pendus il y eut des innocents, et ce ne fut qu'après les efforts inouïs et courageux du président Zakrzevski que le peuple se calma.
(77) MatthéeRogaski, Piéntka y Grabovski, Michel Wulfers. — Le maréchal de la couronne Frédéric Moszinski avait déjà la corde au ou , lorsqu'ils ftireut délivrés par les efforts du président Zakrzevski.
190 IN&UaRECTION