‹ Histoire de Provence (volume 3)Chapitre 25 sur 96 · MOEURS DOMESTIQUES · texte numérisé non relu

MOEURS DOMESTIQUES

L'autorité paternelle était en Provence une véritable magistrature toujours entourée de respects. Les membres de la famille consultaient leur chef dans toutes les entreprises et ne fesaient rien sans son approbation. Cette autorité bienfesante passait du père à l'aîné des enfans mâles.

Les femmes , tenues à distance de leurs maris , sortaient peu et ne se mêlaient que de leur ménage où elles exerçaient un pouvoir souverain. Bonnes épouses, tendres mères, elles savaient trouver le bonheur dans l'innocente paix des foyers domestiques. L'économie était leur culte, et elles travaillaient sans relâche à préparer le trousseau de leurs filles.

L'emploi du temps était réglé d'une manière invariable. L'heure des repas était à peu près la même pour tout le monde. En général les femmes ne buvaient pas du vin , et on ne permettait aux jeunes garçons d'eu boire qu'après leur première communion.

Dans les maisons un peu aisées il y avait une grande pièce destinée aux réunions de famille. On y voyait un banc de pierre ou de bois de chêne réservé pour le chef. Vers les neuf heures et demie du soir, toute la famille fesait la prière en commun (i).

(i) Statistique , t. m , p. 174.

De nos jours, la puissance paternelle est sans doute bien affaiblie* Mais ce mal , si c'en est un , n'est point sans compensation. 11 y a dans la famille moins de froideur cérémonieuse, plus de familiarité communicative. Les rapports sont moins éloignés, et les liaisons beaucoup plus intimes. A tout prendre, cet état vaut mieux. La nature y respire à Taise, la nature si souvent gênée par des usages tyranniques et par de sottes institutions.

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