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cette ville, pour s'en servir dans leur expédilbn de Provence. La voûte d'un souterrain qui se trouvait au-dessous d'une rue creva sous le poids ^ et le mortier resta engagé au milieu des ruines* Les Autrichiens, le bâton en main , voulurent for« cer le peuple à l'en retirer avec des cordes. Un de leurs capitaines ayant frappé un jeune homme qui ne s'empressait pas assez , celui-ci rdeva une pierre et la lança contre les soldats. Ce fut le signal d'une explosion générale. Le peuple Génois, dont la patience était poussée à bout, s'assembla , s'émut , s'arma de tout ce qu'il put trouver , se leva en masse contre ses tyrans. Les Autrichiens, partout écrasés par une pluie de pierres qui tombait sur eux des toits et des fenêtres, se laissèrent repousser jusque hors de la ville, et quelques jours après ils évacuèrent en désordre les états de Gênes- Le tocsin sonnait dans tous les villages des vallées, et les paysans se ruaient partout sur les fuyards. Cette révolution mémorable priva le comte de Brown d'un secours nécessaire , car son armée , maîtresse d'une partie de la Provence, avait jusque là tiré de Gênes toutes ses provisions. L'hiver déployait ses rigueurs. Les pluies et les neiges dégradaient les chemins. Les Autrichiens, harcelés sans relâche par des détachemens français et par des bandes de paysans provençaux , éprouvaient des difficultés sans nombre pour communiquer d'une position à l'autre. Bien que les Anglais domi-
nassent toujours sur la mer , les rents orageux s'opposaient à l'arrivée des convois. Les chevaux manquaient de nourriture. La cavalerie se trouva presque entièrement démontée , et une épidémie cruelle vint bientôt exercer les plus affreux ravages dans Tarmée des Impériaux. Les soldats tombaient malades par centaines. On les transportait en delà du Var,etles hôpitaux militaires se trouvaient tellement encombrés , qu'il fallut recourir à l'hospitalité des habitans du comté de Nice.
Au commencement de janvier 1747 ^ tout était préparé en Provence pour punir l'ennemi de sa téméraire invasion. Le maréchal de Belle-Isle, ayant complété son organisation militaire , se trouvait à la tête de soixante bataillons pleins d'ardeur et de vingt-deux escadrons bien équippés. Il fit lever le siège d'Antibes que l'on bombardait depuis vingt^neuf jours , et l'île Sainte-Marguerite fut reprise. Le comte de Brown, jugeant que sa position était dangereuse , prit le parti prudent de se retirer , laissant une forte arrière-garde sous les ordres du général de Nehaus. Tandis qu'une des colonnes françaises poursuivait les Impériaux sur la route de TEstérel, le maréchal de Belle-Isle se jeta sur leur arrière^rde avec la majeure partie dé ses forces. Le combat de Gastellane , quoique vivement disputé par les Impériaux , «se termina pour eux par une déroute complète. Le général de Nehaus , grièvement blessé en chargeant à la tête
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4e ses grenadiers 9 remit le commandement au marquis d'Ormea. Cet officier parvint à rallier les fuyards et soutint une retraite difEcUe en £ice des Français vainqueurs. L'armée autrichienne repassa entièrement le Yar le m avril 1747-
Les Autrichiens y aidés des Piémontais, menaçaient Gênes en sortant de Provence. Cette répubUque était aux abois , nul secours n'y pouvait arriver que par mer , et la flotte anglaise croisait encore sur les côtes. Louis XV fit d'abord tenir au sénat un million par un petit navire qui échappa aux croisières ennemies. Les -galères de Toulon et de Marseille partirent chargées d'environ six mille hommes. Elles relâchèrent en Corse et à Monaco, à cause d'une tempête et surtout de la flotte an^ glaise. Cette flotte prit six bâtimens qui portaient mille soldats. Le reste entra dans Gênes, et y fit retiaître l'espérance. La ville cependant était serrée de près par les Piémontais ^ maîtres des «aviron^ par les Anglais qui bloquaient son port , par les Autrichiens qui arrivaient en foule pour fondre sur elle. Il fallait, pour la sauver 9 que le maréchal de Belle-Isle descendit en Italie. Ce maréchal , reprenant l'offensive , passa le Yar dans la nuit du 4 au 5 juin 1747 j envahit le comté de Nice , emporta le fort de Montalban ; puis , se portant dans le Dauphiné , il crut pouvoir franchir le col de Fenestrelles et d'Exilés. Cette entreprise était hasardeuse. Yingt-un bataillons piémontais atten-
daient les Français derrière des retranchemens de pierres et de bois, garnis d'une artillerie formidable. Le 19 juillet, les Français attaquèrent œs palissades sous un feu meurtrier , et en furent repoussés après -un carnage horrible. Des régiroens entiers perdirent tous leurs officiers , et la retraite se fitsurBriançon*
Au milieu de ces vicissitudes, l'empereur Char«> les Vn mourut, et l'illustre Marie-Thérèse, après avoir été sur le point de perdre tous ses états héréditaires, eut la gloire de fonder la maison im-* périale d^ Autriche Lorraine. Louis XV, en remportant des victoires dans les Pays-Bas, avait offert généreusement la paix et on l'avait opiniâtrement refusée. Mais on la demanda en voyant Maestricht vivement pressé par ses armes et la Hollande me-* nacée d'une invasion. Le 18 octobre i74B,la paix fut enfin conclue à Aix-la-Chapelle. Le roi de France ne voulut garder aucune de ses conquêtes. Il se contenta d'assurer Parme , Plaisance et Guastalla à l'inÊint don Philippe son gendre, et le royaume des Deux-Siciles à don Carlos , de rétablir le duc de Modène son allié et la république de Gènes dans tous leurs droits. Frédéric II conserva la Silésie. Le roi de Sardaigne obtint de nouveaux domaines dans le Milanais. Toutes les puissances reconnurent Marie-Thérèse. La France garantit l'ordre de succession réglé en faveur de la maison de Hanovre, et s'obligea de ne point souffrir sur