‹ Histoire de ProvenceChapitre 3 sur 49 · HISTaiEË · texte numérisé non relu

HISTaiEË

jasqu'-au sein de la coar. Une de leurs principales demandes fut la convocation des états-généraux du royaume ^ lesquels se tinrent à Paris au mois d'octobre* i6i4; et cette assemblée tumultueuse ne produisit que de vaines disputes et des remontrances stériles. La Provence^ où la tranqutllité ne fut pas troublée , envoya aux états Tarcbevéque d'Aîx pour le clergé , de Villeneuve des Arcs et Matberon de Salignac pour la noblesse, La Motte Sabolin , premier consul d'Hyéres, pour les com- .pmnes. La ville de Marseille s'y fit représenter en particulier par Théocrènede Glandevès, Baltbasar de Vias et Léon de Valbelie.

Bientôt fe iroi devint majeùr; mais* le prince de \?ondé arbora derecbef le drapeau de la révolte , et les embrasemens de la guerre civile «'étendirent «jhns le royaume. £n ces conjonctures .difficiles le cbAncdier de Silleri fut disgracié, ét Louis XIIÏ donna les sceaux de France à Guillaume du Vair, premier président du parlement d'Aix. Toutes les corporations de cette capitale s*eni pressèrent de féliciter l'illustre magistrat. Du Vair se rendit au parlement pour en prendre congé. Le président de Bras et l'avocat général de Monnier lui expriipèrent , d'une part , les plus vifs regrets de le perdre, et de l'autre , la joie que son élévation fe- 8^* {éprouver à to»t Tordre judiciaira. Ao mois d'avril 'i6f 6, du Vair , allant prendre possession de sa charge nouvelle , sortit d'Aix accompagné

DE nOYENCE. 81

des consuls-procureurs , de l'évéque de Sisteron et d'une foule de geatUbonnoes-doot la plupart le nûvirant jusqu'à ÂVigam. An tnois de.8q>témbf« de la même ànnée le prince de Coodé fiit arrêté au Louvre 9 et Guillaume du Yair, ayaut déitapi* prodlré cet aot6 de rigueur , perdit Jes sceaux^ Jeannin et ViUeroi, ministres en erédît^furent 'aussi sacrifiés. On les bannit de Paris , et Richelieu , évéque de Luçon , £ut nommé secrétaire d'étatt Cependant la Cour continuait d'être agitée perdes intrigues. Les plus grands seigneurs du royaume s'étaient réunis pour s'opposer aux projets ambir tieux du maréchal d'Ancre. La fin tragique de ce ikWti irétablil tout à eoup la tranquillité , et le roi se hâta de rappeler du Yair pour lui confier une seconde fois les sceaux. Ce digne chef d^ la mit* gistrature française fit* nommer d'fiscali» de Bras premier président du parlement de Provence. Peu après f et toujours en 161 7 » il fut sacré évéque de lâzîenx. Quelques années auparavant^ un-ma^ gistrat au parlement d'Aix lui avait d6nné oc^t OKem^ pJe. L'avQcat général de Laurens , guéri des vanités-et des ph|isir& du monde , avait été promu par le roi à l'archevêché d'Embrun .

Le calme cependant ne régnait pas en France.

Les catholiques ezaltéademaudaient la révocation daTédit dé KantesyCtles protestaiiSy mebacéadftnft leurs privilèges , tenaient sur plusieurs ^points de$ assemblées séditieuses. Louis XIII était impatient

S2 HISTOntE

de les abaisser , et ceux-ci y pleins de confiance en lears forces , se préparèrent à la guerre et choisirent le doc de Rohan peur chef. Le roi soumit' dans le Poitou et dans la Guienne la plupart des villes qui voulaient se soustraire à son obéissance, puis il passa dans le Laoguedoc , îxsX obligé de W ver le siège de Montauban , se présenta devant Montpellier égalemept préparé à une défense opiniâtre. Ce prince , qui avait cm marcher à des victoires fecUeSy ne montra plus que du découragement , et ses ennemis s'enhardirent de sa faiblesse. Bientôt on négocia. La paix se fit à des conditions avantageuses pour les protestans , qui obtinrent l'entière liberté de leur culte et la paisi* ble jouissance de leurs droits. Louis Xlll se résolut alors à pousser jusqu'en Provence. Le 29 octobre 1622 il passa le Rhône et fit son entrée dans la ville d'Ârles. Le parlement et la cour des comp^ te^ y avaient envoyé des députés qui le harangué* rent solennellement. Le lendemain il prit la route d*Aix. Les consuls-procureurs , qui l'attendaient à la porte des Augustins pour le placer sous un dais , le supplièrent de jurer le maintien de la Cons- ' titutidn Provençale. Il prononça le serment au milieu des plus vives acclamations. Un jeune homme, dans le costume des anciens grecs» monta sur un grand théâtre et lui déclama une pièce de vers provençaux frite par Claude Brueys , qui montrait dans les compositions de ce genre une £sicilité char-

Oigitized by

DE mOTEBfCR. 33 mante, tour/ d'esprit tout à fait agréable (i)/ Louis XllI se raidit eosnite à Maraeifle, y jurà le maintien âès franchites municipales , et devint le héros des plus pompeuses fêtes. Aix pourtant l'emporta par la magnificence de ses hommages, et Ton assure que le monarque prononça ces paroles : fai été reçu à Arles comme un gentilhomme ^ à Marseille cotame ua seigneur, mais à Aix comme un dieu (a).

Louis Xm alla visiter Saint-Maximin et se prosterna dans la grotte célèbre où Ton dit que Sainte Magdeleine versa sur ses &iblesses des larmes de repentir. Le roi sortit dè Provence par Tarascon. Bientôt après il témoigna Tenvie d'obtenir pour la reine mère quelques reliques de la pénitente dont il venait dlionorer la mémoire et il en fit adresser la demande an parlement d'Aix. Cette cour chargea aussitôt son premier président, un conseiller-clerc et Tun des avocats généraux de se rendre , à l'église de Saim-liaximin pour y prendre une portion du dépôt sacré. Le peuple de cette ville voulut s opposer à Tenlèvement , et les députés décrétèrent do prise de corps les plus mutins. En même temps la discorde éclata entre les deux compagnies souveraines. La cour des comptes prétendit avoir seule

(i) Brneys était gentiUuymme d'Aix. Set polies font imprinées CD un ToL in-16 intitidé,: Ùiardin ivf Musas Prpvmgales, divisa m quatre partidos,

{%) Fitton, Hbf. d*A«» Ut. y.

Page 1