‹ Histoire de Provence (volume 2)Chapitre 101 sur 112 · Clôd ( cymr. ) : louange , renommée · texte numérisé non relu

Clôd ( cymr. ) : louange , renommée

6. Teutobochua , Flor. , I. iii^ c. S. — Teutobodttf; Oroa , 1. V.

jamais géant plus redoutable n^avaît paru dans les rangs teutoniques : sa stature et sa force ëtaient prodigieuses ; se balançant sur sa haute lance , il franchissait d^un saut six cheTaux ranges de front '. La horde s^avançait ; arrivëe aux bords de TOder , elle en remonte la riye , et se dirigeant au sud-est , elle plante ses pavillons sur le territoire des Boïes, peuple kimri établi sur le plateau des monts Sudètes. Les Boïes s'arment pour les repousser; la résistance fut si vive, que le peuple fugitif d<f tachant ses tentes , poussa vers le sud % traversa le Danube , la forêt Hercynie , et tomba sur la Norique, où des cieux plus doux semblaient leur promettre une demeure stable. La flamme de- Tore les champs , la terreur sVtend , et Norëïa ^ capitale de cette contrée , voit autour de ses murs cette armée barbare dont les craquemens de Pin* cendie et dVpouvantables récits avaient annonce Tarrivée.

lïoréïa était de ce côté la clef de Tltalie ; bâtie sous les Alpes Tridentines, elle ouvrait aux Kimris-Teutons la route de Rome. Aussi Rome s'alarma ; Papirius Carbon , consul , hâte sa mai^ che , s'empare des défilés , et surveille du haut des gigantesques monts le mouvement des ennemis. Des paroles furent échangées.

I . QuAtemos senosquc equos transilire aoKtos. Flor. , L G. a. Posid. , ap. Strab. , 1. vil » p. 293.

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Debout sur un rocher, lé consul s^adressant aux chefs barbares, leur envoya, avec des gestes de nië[À*is , ces mots superbe^ : « Je vous ordonne de »yous retirer; respectez un pays allié du peuple » romain. »

Le nom du peuple romain était alors dans tout son éclat; porté par la terreur ou la victoire, il avait pénétré en tous lieux. Quand les Kimros-Teutons virent face a face les légions de Rome , au lieu de compter leurs lances et de regarder leurs boucliers, •ils couchèrent la tête ; leurs réponses furent humbles. Deux députés aux fronts baissés, vinrent assurer le consul que Pinteùtionde la horde nVtaitpas de s^établir en Norique , et que si les Romains avaient des droits sur ce pays, elle porterait ailleurs ses conquêtes. Ainsi s^expdmaient des hommes que trois cent mille guerriers envoyaient. Le consul bondit de joie ; enhardi par la modération de ce langage , il médita Fextermination des barbares. Les envoyés kimris furent comblés de caresses ; on applaudit, au prétoire et sous la tente consulaire, aux dispositions pacifiques de leurs compagnons d^armes ; ensuite , sous prétexte de les ramener plus promptement à leur camp de Noréïa, on les confia à des guides trompeurs, qui les égarèrent. Aussitôt Tarmée romaine s^ébranle ; les Kimris sont investis de toutes parts ; la nuit favorise Tattaque , et leur camp enseveli dans les ténèbres , s'éveille aux cris des assaillant. Lei

jg^ UISÏOIRE

barbares , quoique surpris , se montrent dignes de leur belliqueuse origine; ces redoutables enfàns du nord portent dans les ténèbres de terribles coups» et quand le jour vint éclairer la scène ducarnage, les Romains effrayés du nombre de leurs^ morts 9 reculent ; ils durent à un orage qui protégea leur fuite , un salut honteusement acheté '..

La horde pouvait facilement pénétrer en Italie, mais , malgré eette inopinée défaite , la majesté du' nom romain la protégea encore. Descendant rillyrie , die la raragea en tous sens , depuis P Adriatique ja^qu^au Danube, depuis les Alpes jusqu'aux montagnes de la Macédoine et de la Thrace. Au* bout de trois ans, chargée de dépouilles, elle «rerint sur ses pas , et par le cours supérieur du- Rhin elle entra dans les vallées des Alpes Helvétiques *•

Six tribus composafent le peupTe helvétîen' : il sVmut à la vue des charriots chargés de dépouilles des Kimris-Teutons , et sentit se réveiller^ celte ardeur de courses lointaines , de pillage , qui

t. SCrab. , 1. y. — Tit. Liv., epit. ucin. «> Veirei* pattorc., i. \t ^

^u Strab. , I. V. — Veli. paterc. , I. ir, c. 8 , la. ^TiU Lit. r- -pit. EJLiiI. TaciU Gcnaan. , c. Sy. — QuintU. Declain. pro mi ISte mar.

3.. Straben n'en compte ^e trois ( L IV , p. iqS ) » mais C<^r dl( positivement que de son tems il en existait quatre , et deux ayaieut e'té délrtiites par Marius;

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les avait poussas dans tant d^aventoreases expé-* ditions. Trois tribus helvëtiennes se levèrent eu masse et joignirent leur fortune à celle des barbares étrangers. Cëtaîentles Tîgurins *, les T/*- Vcnés • et les Ambrons^ ou Ambrans. Celte dernière tribu , la plus nombreuse àes trois , avait sior pied trente mille bommes '.

Ainsi accrus , les Kimros-Teutons tombent sur la Belgique, disposée à soutenir ce choc terrible ^. Il parait que le souvenir d^une semblable origine , réveillé par des traditions communes , par une conformité de langage , amenèrent un accomodement. Les Kimris obtinrent Ats Belges- Éburons un lîeu de dépôt fortifié par Fart et la nature , où ils placèrent le bagage qui gênait leur marche ^ Six mille guerriers de la horde furent chargés de veiller sur ce lieu ^; les autres continuèrent à étendre ce vaste cercle d'invasion qui s'élargissait sur la surface de la Gaule.

1. Tîgari, Tigurinî — peuple de Znricfa , à ce qu'oa suppose.

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