‹ Histoire de Provence (volume 2)Chapitre 100 sur 112 · I . Barbariae fluctibua. Cicer. pro Flac , p · texte numérisé non relu

I . Barbariae fluctibua. Cicer. pro Flac , p

a. Craasus voluit ado1c8cen« m colonîà Narboncnsi cauaae aliqaîd

po^mltiris «ttingere , eamque colonîam ut fccit ipsc d«ducerc. Cicer.

Brut. I p. a 18 — Eutrop. , 1. nr.

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Narbonne porta ua coup mortel k la puissance marseillaise. Rome avait d^admirables préyisions politiques ; elle vit bien que sans une puissante rille latine dans les Gaules , Marseille » dont Tapuleuce excitait son ombrage , profiterait seule de ses conquêtes, quand ses secours deviendraient inutiles. Marbonne devenait non seulement un boulevard ëlevë contre les indigènes gaulois ; mais de plus une surveillante , une rivale auprès de Marseille , dont elle ne tarderait pas à affaiblir réclat

Aussi d^mmenses travaux révèlent bientôt le secret des fondateurs de cette colonie. Une activité étonnante est déployée ; grâce a la vigilante ardeur de Licinius , Narbonne eut bientôt un port, un capitole , une curie , lieu où se réunissait le ; sénat local , des temples magnifiques , des thermes '. L'ancien port fait place à un autre ; pour rendre la rade plus sûre , pour en élargir Tenceinte trop resserrée , une chausée de sept milles de long , détourna de son lit un bras de TAude. A Test de la ville , des étangs et des ruisseaux très nombreux l'investissaient de. leurs eaux; des ponts , construits à grands frais , créèrent les communications qu'ils interrompaient*. C'était

t. Àu5on. de clar. urbib. , p. aai. — Sidon. Apol. Carm. jlxiii.

». Marc. Hûpan., p. a8 etaeq. » 33 et aaq. — HîsU générale da Languedoc i l> I » p* 5<{ , 55.

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dans le port de Narbonne que venait stationner la flotte militaire chargée d^observer ces parages. Le chemin de Marseille fut oublié peu-à-peu; le commerce intérieur de Tltalie^ de TEspagne, de TAfrique et de la Sicile, se concentra dan» Narbonne , le commerce intcVieur de la Gaule y reflua aussi. De la fondation de cette dernière Tille, Tancienne Marseille put dater Tère de sa ruine.

Tandis que Rome attentive à consolider ses conquêtes , s^occupait d^organiser Tadministration de sa province transalpine , d^y ériger des cités ; tandis que les colons romains se partageaient les possessions des Arécomikes , que le questeur régularisait la spoliation du pays , que Tassièle de rimpôt était déterminée , un orage lerrible allait s'abattre sur ces contrées oii le sénat distribuait à la fois ses grâces et ses rigueurs. La plus formidable de toutes les invasions s'avançait menaçante vers les bords du Rhin ; une commune ruine semblait réservée aux vaincus et aux vainqueurs , à la Gaule et à Tltalie. Étendant ses aîles immenses sur la Germanie , cette invasion avait déjà vu cent rivières se courber sous ses bateaux improvisés , mille villes barbares disparaître devant son soufQe, des incendies étendre leurs flammes et leurs cercles rapides dans d'immenses campagnes ; la Gaule sentait déjà l'halçine ardente de trois cent mille guerriers , poussée par des vents maudits vers ses forêts émues. Rome va se

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mesurer arec ces barbares tenus en rësenre dans , d'éternelles glaces» pour accomplir , un jour, la haute mission de la Tengeance de tant de na-* tions raincues ; car les farouches enfans d*Odin finirent par planter leurs tentes de peaux sur les ruines du Colysëe.

A Tëpoque la plus reculée des premières migrations asiatiques , une portion considérable des hordes kimriques s'abrita sous ces roches sauyages autour desquelles l'Océan du nord ëlère sa puissante voix. La péninsule nommée aujourd'hui le Jutland , s'appela la péninsule kimrique ; les côtes voisines reçurent aussi les tentes Tagabondes de ces nations primitives. Au-dessus d'elles , plus vers le nord , une de ces races teutoniques qui occupèrent la presque totalité des contrées transrhénanes , avait cherché de sauvages abris sous ces coupoles de glaces , sous ces forêts diluviennes , dont un rapide rayon du )our illumine les dômes transparens ou mousseux.

La nature a aussi ses révolutions; les monts déracinés , les océans refoulés vers d'autres lieux, en gardent l'étemelle empreinte. Ces révolutions dont des récits contemporains attestent rarement l'existence , laissent je ne sais quels insaisissables souvenirs de vagues craintes dans les esprits humains ; ei quand la science vient les décrire , elle a l'air de réveiller dans nos mémoires des impressions endormies des récits qu'aucune bou-

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che , pourtant f n'avait racontes. Ainsi, à une époque d'une date effacée sur le livre des âges, un ennemi puissant ébranla les bases de la terre des Kimris et des Teutons ' ; TOcéan fit une soudaine irruption , le sol s'affaissa , et la mer aux aguets y accourant avec ses flots , ses bruits , ses larges cataractes , envahit la demeure de ces nations primitives \ Effrayés» les Kimris et les Teutons reculèrent devant ces invasions terribles ; puis y se rapprochant , ils ne formèrent qu'une seule horde 9 et abandonnant ees lieux où une nature violente avait offert à leurs yeux l'image d'une épouvantable irruption , gardant de l'Océan irrité les bruits , les orages , le tumulte soudain , ils marchèrent vers le sud-est , terribles et imprévus comme cette mer débordée.

Trois cent mille guerriers composaient la horde; des charriots portaient les vieillards , les femmes , les enfans '. Les Kimris avaient pour chef Boïorix ^ , intrépide , mais violent ; il communiquait ses ordres à d'autres chefs inférieurs : Céso-rix , Luk ou Lucius et Glâd^ , appelé par lejs Romains Glaudius. Teutobokhe ^ commandait les Teutons;

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