‹ Histoire de Provence (volume 2)Chapitre 104 sur 112 · Tit,Liy. — Flor., 1. C · texte numérisé non relu

Tit,Liy. — Flor., 1. C

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▼ince par plusieurs points. Divicon deTait 6*eniparer du territoire allobroge, à la tête des Tigurins, soil par le pont de Genève , soit par les gués du Rbdne , peu distans de cette ville ; les autres Helvètes et les Kimros-Teutons avaient ordre de se diriger plus au midi. Les Romains divisent leurs, forces. L. Cassius gagne Genève i pour fermer le passage du Jura; Aurélius Scaucus marche contre les Kimris. La fortune fut encore contraire aux Romains ; sur les bords du lac Léman ' , Cassius attaqué à Timproviste , périt au milieu de son armée presque anéantie : autour de lui expirèrent ». percés de traits ^ L. Pison , son lieutenant , et ses plus braves légiouaires \

Ceux que le fer épargna , retranchés dans leur camp y ne durent la vie qu'aux plus honteuses conditions ; Divicon exigea d'eux la moitié de leur équipement , des otages et la plus dure des humiliations. Ces restes malheureux passèrent sous le- }oug des barbares. Les lancés teutoniques £ûrmaoL une voûte d'airain , virent dé&ler sous leurs fers sanglans les. Romains ; et ce spectacle eut pour

témoins les Gaulois des contrées vaincues , ac-* courus pour repailre leurs regards de rabaissemenlL

i. In finibiu Allobrogiim. Tit. Li^. , epit. llv — ( Ad Ucum Lemanum. } Oros. ,. L Y. , c. i5* Caes. BelL Gail. ,\»l, j^assim.

a. Cœs. , Bclh Gall. , 1. K — Tit Lîy. » cptt fcvi. — Ofos. » 1. V I c. i5.

DE PROVENCE. SgS

des Tainqueurs *. Quand Cassius périssait au nord, Scaaras , au midi « battu complètement « se voyait chargé de fers et attaché an poteau d'une tente kimrique.

Tant de succès exaltèrent ces barbares. Deux armées détruites , des généraux tués ou dans les fers , une terreur qui planait sur la Gaule , en fallait-il davantage pour enivrer des esprits gros-siers , devant qui le prestige de la puissance romaine semblait s'être évanoui ? Aussi à la lueur des feux du camp , sous une vaste tente , les chefs se réunirent ; Pun d'eux proposa l'invasion de l'Italie. Allons , sVcria-t-il , combattre corps à corps cette puissance que la menteuse renommée avait trop exaltée. Sous les Alpes de la Nori-* que , devant le Rhône même , après une victoire, nos poitrines battaient.de crainte au nom des Romains, et cependant leurs aigles roulentmain tenant souillées de sang et de poussière avec le fer de nos lances ; que nos casques d'airain leur renvoyent en reflets éhlouissans les clartés de leur soleil d'Italie; marchons vers leurs villes, incendions leurs champs. Un long murmure accueille la martiale proposition ; on discuta s'il valait mieux saccager ou se partager l'Italie ; réduire les Romains en

'!• ObflidibuB datis , et dimidi& reram omnium parte., • Tit. Lîv., èpît. LXV. — Sub jugum misai. C«s, Bell. Gaîl., l. i , c. 7 , la. — Otm. • I. V I c. i5.

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csclarage , ou les déiruire tous ; peupler de Kimris ou de Teutons la ville de Rome » ou Tanéantir '. Scaurus , charge de chaines , assistait à cette, dëlibéralioa ; un interprétre lui en explique le sujet. Un rire de mépris parut sur les lèvres du Romain. Interroge sur les forces de son pays , il tint un noble langage et exalta la puissance de Rome , ses logions , sa constance inébranlable.

Craignez , leur dit-il , de franchir les Alpes ; car ma patrie est invincible. A ces mots , de sinistres rumeurs s'ëlèvent dans ce sënat barbare ; on sVtonne de tant d^audace et de rappris : Boïo-. rix frémissant de colère , se précipite sur Scaurus et retend à ses pieds *.

Cependant le conseil de Scaurus parut avoir été adopte ; car les chefs se se'parèrent sans avoir rien décidé. Ils pensèrent quUl ne fallait franchir ces redoutables Alpes que lorsque la province, romaine aurait été entièrement soumise.

Ah! sans doute Theure de la liberté aurait alors pu sonner pour les Gaulois , si les Kimris-Teutons , moins cruels et mieux avisés « n^avaient pas épouvanté la Gaule par des barbaries inouies. Cette Gaule secourue et non ravagée , se. soulevant contre ses vainqueurs, associée aux.

I. An ctmbricé Ftoms lo<|aciidam ? Qumtil.pro milite Ma:îi. Plutarcli. in Mario, p. 4^^*

a. Tit. LiT. , I. c.

succès de la horde , eut complète la ruine du pouvoir romain ; car les victoires remportées sur les légions d'Italie 7 excitèrent une joie univer* selle. Cependant, maîtrisées par la terreur, les tribus n'osèrent invoquer un appui dangereux, en recourant à des auxiliaires sans frein et sans lois. Une seule le fit : ce fut celle des Volkes— Tectosages.

Ce peuple avait reçu le titre de fédérés ; ce titre , faussement interprété , parut aux Romains un motif suffisant pour occuper militairement leur capitale , Tolosa ou Tolose , au commencement de la guerre. Les Yolkes-Tectosages furent indignés de cet acte de souveraineté ; ils y virent l'indice d'une domination qui n'attendait pour se consolider que la destruction à^s hordes étrangères.

Les Volkes-Tectosages conservaient avec orgueil le souvenir des brillans exploits de leurs aïeux ; à Tolose , de nombreux trophées les at. testaient. Aussi l'idée de la servitude les révoltait. De plus , ils virent bientôt dans les Kimris- Teutons des auxiliaires que leur recommandait une communauté d'origine et de langue '; ce motif agit puissamment sur leurs esprits ; aussi , Boïorix fut-il invité à conclure un traité avec Copill * ,

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