L'Auvergne
4* Qoae Genabi oriente sole ^eata esaent , ante prîmam confec* lam Tigiliam , m Gnibot Anrenonim andxta «unt « quod spatium «at millium ciroiter i ChX , idem , ibid.
5* Lea excellentes et complètes recberches «p&e M. Amédée Tbiery a laites , ont jetë le plus grand jour sur Tbistoire des Gaulois. Le travail de ce savant , gui sait si bien Tehausser par Féclat du style des faits recueillis avec tant de sagacité et de cboîx , est digne des plus grands éloges. La destitution qui vient de le frapper ajoute encore à ja belle renommée*
doute ces longs et interminables récits de moeurs, de cérémonies d'un culte barbare , de législation ébauchée y auront plus d'une fois paru fastidieux. Peut-être me suis-je mépris sur l'étendue du plan dans lequel il m'a paru devoir renfermer l'histoire de Provence ; mais les écrivains négligent si habituellement ces peintures de la vie des peuples, ils aiment tant à s'attacher à des sommités ; pour eux, quitter le champ de bataille, ouïe forum, pour pénétrer dans le foyer domestique , est chose si peu ordinaire, que j'ai cru faire preuve, sinon d'esprit philosophique ou de haute portée de vues , mais du moins d'une exactitude trop minutieuse peut-être , en traduisant sur la scène historique ainsi rapetissée , des faits empruntés à d'obscurs détails d'intérieur. On vient de parcourir des lignes dans lesquelles je me suis efforcé d'esquisser le tableau des mœurs, de la religion et de la politique des Gaulois , j'ignore si je me suis écarté de mon sujet en évoquant des souvenirs que la France entière peut récla^ mer. Sur cette terre qui va bientôt , dans nos récits , se nommer Provence , le peuple gaulois a laissé quelques traces. Des villes encore debout , des rivières , des montagnes conservent des dé* nominations qu'il leur imposa ^ et si l'histoire contemporaine de tous les âges doit , sous peine de manquer à sa mission , conserver aux lieux, aux monumens , aux nations cette physionomie
qui ressort des habUudes , des institutions , des mœurs populaires , me reprochera-t-on , avant de présenter la Provence avec un aspect grec et plus tard romain, de Tavoir offerte sous les traits d^une région parcourue par des Liguriens et gouvernée par des Druides. Pourquoi circonscrire rhorizon d'un écrivain ; pourquoi arrêter sa vue sur certains faits et lui interdire des récits lointains! La civilisation grecque et romaine va bientôt , je le sais , éclaircir ces forêts gauloises , abattre ces temples grossiers , et introduire des langues harmonieuses , dVlégans chefs-d'œuvre d'art , des vétemens flottans dans des cités somr bres et sauvages. Mais avant que des conquêtes paisibles ou sanglantes se fussent effectuées , le sol destiné à perdre cet aspect dont Tacite a si bien empreint le champ témoin de la défaite deYarus, avait été le théâtre de ces mœurs farouches qui ne manquent ni d'intérêt ni de poésie.
La Provence s'est d'abord offerte à mes yeux comme un appendice de cette Gaule qui révéla César au monde comme héros et comme écrivain ; j'ai , traversant les siècles, écartant l'empreinte des tems modernes , rendu à mon pays ses premiers habitans , et cherché sur cette vieille terre quelques souvenirs d'une époque d'enfance sociale. Maintenant cette tâche me paraît épuisée; la flotte aventureuse de Phocée va bientôt aborder à nos rives ; avant de raconter cet événement., qui fut pour la
la Gaule Taurore d'un jour nouveau , je vais , appuyé' sur d'anciens auteurs , esquisser la géographie de la Provence , ainsi qu'elle fut tracée avant rinvasion des Barbares. Cette digression ne me paraît pas sans importance ; le lecteur ne connaîtra que mieux le théâtre des ëvénemens futurs»