Cornet. Tacibu , 1. 1 axmalium
DE PROVENCE. lo5
au commerce d^un grand empire : mille havres commodes , des abris inconnus aux vents , des ports rastes et sûrs découpent , de distance en distance , sa longue côte. Son rivage oflre une ressemblance parfaite avec celui du Péloponèse , que tant de golfes dentèlent : c'est là que se trouve cette belle rade de Toulon , où se balancent dans le calme d'une mer assoupie ces vaisseaux , admirables créations du génie de Phomme ; c'est là que s'ouvre ce port de Marseille , le plus célèbre de tous , où vient expirer le souille de la tempête. Yoici les ports indiqués dans l'itinéraire d'Antonin : après Nice , ville de la victoire , se trouvait le port d'Antipolis, connu sous un nom semblable ; en longeant la côte , on rencontrait VAgaihon-Porius^ au fond de l'anse nommée A gai, le port d'^^iEgitna , voisin , sans doute , de cette plag^ solitaire où Napoléon a laissé un vestige de sa gloire ; puis s'ouvrait le fort Julii porîus , qui a disparu ; on arrivait à celui d'Héraclée , maintenant Si.-lVopès , lieu fameux par un oracle consacré à Hercule , ainsi qu'achève de le prouver le mot cacabana, qui, réuni à celui à^Heraclea , signifie trépied d'Hercule ; un autre , du nom d'Alcone , s'appelle aujourd'hui Cavalaire ' ; ensuite on abordait à la rade de Telo-
1. Je Cfx>Sfl que quelques auteurs voient dans Herar1«>a Cacabaria ie port de Cavalaire.
To6 HISTOIRE
Marfius ( Toulon ) ; non loin de cette rade « TIlI^ neralre indique Tauroenlum^ ville ruinée, qui reçut dans son port la flotte de Nasidius , poursuivie par Brutus ; arrivaient ensuite les ports d^AEminés ( aujourd'hui Sanari ) , de Cytharista (La Cio* tat ) , ou suivant quelques auteurs de Ceireste » et de Carcicis ( Cassis ).
Le port de Marseille est connu che£ les anciens sous le nom de Halycidon ou Lacidon ' ; celui de Carry sous le nom à^Incarus. Il y avait, aux anciennes carrières de pierres de la Couronne , une station pour les bateaux , appelle Dilis par Slrabon , aujourd'hui le port de Ponthëou , d'après les uns » et de Lauron , d'après Papon. Marins a laisse des traces de son séjour dans la Provence : on veut que ses soldats y aient creuse des canaux , changé le lit du Rhône , joint les deux nves d'un étang par un chemin de trois lieues , ouvert ainsi aux légions et aux vaisseaux des routes rapidement obtenues par des travaux inouïs. Ce grand homme a imprimé son nom dans Marignane , étang de Marius. Sur l'étang des Martigues ( insigne stagnum ) se penchait , dit-on , la tour isolée où une Druidesse nommée Martha révélait au vainqueur des Ambrons ses hautes destinées. Le nom de cette £ée se retrouve dans les Martigues. Le Cœnumflumen joignait cet étang à la mer *.