Turbidus hic truneis sazisque druentia Icetum
Aucalo , ainsi quç le prouve une inscription trouvée près d'Api , est Tancien nom de la rivière
de Calavon.
Laris est celui de l'Arc , qui arrose le territoire d'Aix , et helinus peut être celui de THuyeaune , faible ruisseau auquel le voisinage de Marseille accorde seul une célëbritë locale *. M. Lëpidus , dans une lettre écrite à Ciceron ^ fait mention du fleuve Argens en ces termes : Ex Rhodano castra moçi ^ et conlinuis itineribus ad forum Voconlium i^eni , et ultra castra ad fiumen Argenieum conlrà Antonium feci. Quant au fleuve du Yar, qui forme la limite de la Gaule et de l'Italie f son nom se lit dans tous les géographes anciens : on a voulu que ce nom , dérivant de pariare y indiquât ses fréquens changemens de lit.
Nous citerons, dans un aperçu sur la géo** graphie moderne de la Provence , qui trouvera sa place ailleurs , une foule d'autres rivières , qui coupent notre pays dans tous ^^s sens ; ren^
Dnctoria TastaTÎt îter. Nâmqne alpibiif ortiif ^
Avulsas oraos , et adesi fragmina montis »
Cnm aonîta Yolyena fertur latrantibns andia %
Ac Tada translato mutât fallacia carto y
Kon pediti fidua, patiilia non puppîbna aqnau •
Et tune imbre recena fiiao , eorrepta aub «rmîa
Corpora multa fiiùm apomanti foitica tonioeni»
Jaunarait»*»*
Siltoa Ital. , 1. ni.
a« I/HnreaanaeatanaHappeW UheUM*
DE PROVENCE. I f I
ferme dans la géographie ancienne , cVst à en prësenter un tableau fidèle que je m'attache maintenant. Ces courans d'eau dont j'ai omis les dë^ nominations ne se trouvent nullement indiques dans les anciens auteurs.
Un sol volcanique recouvre quelques endroits de la Provence ; des sources d'eau chaude , se frayant un passage, surgissent du sein de la terre ; Strabon , Soiin Polyhistor n'oublient pas celles d'Aix , et assurent que leur chaleur allait toujours se refroidissant. Jadis , ajoutent-ils , cette chaleur ëlait insupportable , maintenant elle a dëchu de sa renommée première '.
Près d'Arles , longé par le Rhône , s'étend ce désert singulier nommé la Crau , du mot Gel* tique Cràig ^ qui signifie gravier. Déjà, dans le premier chapitre de cet ouvrage , j'ai indiqué ce sol pierreux , décrit avec des détails si multipliés par la géographie ancienne. Strabon a consacré plusieurs lignes à une exacte peinture de ces landes ; il se trompe seulement sur leur étendue ; mais il nous les représente avec une exactitude remarquable , couvertes d'une innombrable quan-
1. Seztnif redaetif in protefUtein faljbni , non longè â Mafaîlià , an nominis adificaTit oppidum , wom que appellationia aqoM dîzit ealidat , qnannnpArtein in frigidat permatatam «mo feront Strabon*
JipuE sextiœ eo loco claruemut , ipiamm calor olim aerior » eiluhlataa per tempora crapora^il nec jAm par est fama» priori. Solia«^ €• 8.
tité de pierres à travers lesquelles s'e'lève un gazon que broutent des troupeaux ; de distance en distance , dit-il , jaillissent des eaux salées ; le sel y est en abondance , et les vents soufflent avec une violence extrême sur ces plaines caillouteuses. Rien, ajoute le géographe, ne peut se comparer à la violence du vent mélamborius ; quand il se déchaîne , les pierres , enlevées du sol , se heurtent dans l'espace et retombent en pluie sur la terre tourmentée. Les chênes sont renversés , les voyageurs se voient dépouillés de leurs vêtemens et de leurs armes. Cest dans cette vaste étendue , qu'aucun abri ne protège , que le mélamborius éclate et rugit avec un bruit dans lequel vient se perdre le mugissement du Rhône '. Qui ne reconnaîtra dans le mélamborius , nommé aussi Circius * , le mistral ^. Ce vent terrible a reçu
1. Longé mîrabîlius quod dicam in medio Massiliae «t Rhodano , ubi campus est à mari centena distans stadia. Tantus euim îpsius diamcter existit , cum forma constet ciixuli : ab eo ver6 qu6d accidit petrosus appellatur , lapidibus qui manus impleant , plenissimus , sub quibus gramcn ezoritur , à quo pccoribus pabuli suppeditatur ubertas. In medio sais» scatent aquae, salis que vis magna , univcrsa circum jaccns ora ventis exposita est. Ëgregiè autem campum bunc mélamborius ventua vebemens terribilis, et violcntissimis procellis infestât. Qnedam igitur saxa distrahi , yersariqoe tradimt , et mortaies è curribus fractos eyolvi ; ipsosque yentorum violentiA et vestibiis et annis nudari.
a. A circuitu.