I20 HISTOIRE
nommée parce qu^elle était consacrée à Mars ( Collis Mariis ) ; les TriuUatiens , entre le Verdon et le Var ; les Ectiniens , dont mille analogies semblent indiquer , d^une manière frappante , la position entre la rivière de la Tinée qui leur donna son nom , et le Var , depuis la source de la première jusqu^au village de Thoét ; là se trouve un bourg , le Puget de Teniers , qui parait avoir emprunté une partie de son nom aux Ectiniens.
Les Caiurigiens comptaient encore au nombre des peuples à eux soumis les Vergunniens , dont le nom s'est conservé dans celui du village de Vergons , à Textremité méridionale de Tancien diocèse de Senez ; les EguHuriens ^ habitans des bords du Var ; les NemerUuriens , placés sur la rive gauche de la Tinée , entre cette rivière et la Vesubie du côté de Clans ; le sol porte encore une preuve du séjour de ce dernier peuple, une grande forêt dont la circonférence embrasse plus de huit lieues , sVlend non loin de Clans \ les Nemeniuriens dont le nom est formé de nem , forêt , et de iur , terre , ont , sans doute , reçu leur dénomination de celte circonstance locale ; les Oraiclliens , qui étaient dans le voisinage du confluent de la Tinée et du Var. J'ai déjà eu occasion de faire remarquer que les traces du séjour d'un peuple se re* trouvent souvent dans des noms portés encore par des villes ou des bourgs ignorés. Ainsi la
demeure des Oratelliens est attestée par un village nomme Uiel^ en latin Uiellœ. Oratelli dérive de or , fleuve » et de iel , montagne ; en effet , Utel s^élève au pied d'une montagne , et près des deux rivières indiquées \
Les Nerusiens , Vence leur est attribuée pour capitale par Ptolëmëe ; les Velauniens^ qui, d'après Tétymologie de leur nom, devaient être placés vers l'embouchure du Yar jusqu'au confluent de l'Esteron ; cette position est indiquée par la décomposition de Velauniens ^ dénomiuatlon dans laquelle on trouve çel ^ embouchure, et aun ou aon , rivière ( celte ) ; les Sueiriens , que Bouche place dans le Val de Siure , en Piémont ; cette opinion est rejetée par Papon , qui pense , avec raison , qu'il n'est pas vraisemblable que l'auteur de l'inscription du trophée des Alpes n'ait pas suivi une classification raisonnée dans l'indication des peuples conquis : or, si l'on admet la position indiquée par Bouche, les Sueiriens du Piémont auraient été nommés après une peuplade voisine du Yar. D'Anville les fait habiter dans le territoire de Seillans , à cause de la ville de Salinœ , que Ptolémée leur attribue. L'autorité de Ptolémée ne parait pas décisive à Papon , qui a surpris quelques erreurs dans ce géographe ; il aime mieux , appuyé sur un passage de Pline , qui s'exprime en