‹ Histoire de Provence (volume 2)Chapitre 53 sur 112 · COL. VTRI. CAB..L. VALER. SUCCES · texte numérisé non relu

COL. VTRI. CAB..L. VALER. SUCCES

C'est-à-dire Collegiurn Uiriculariorum caùelliçen'^ sium Lucius Valerius successus. Un anneau mobile attaché à cette médaille, servait à la suspendre.; peut-être les viriculaires en portaient une comme une marque d'agrégation.

La ville des eaux, Açenio , aujourd'hui Avi-» gnon y habitée par les Caçares^ parut aux Marseillais un lieu propre à étendre leur commerce dans l'intérieur du pays ; ils y établirent un entrepôt. Ce peuple pacifique venu de l'Asie, et qui , sans' bruit , changeait peu à peu la face de,

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la Gaule , commença par regarder autour de sa oouyelle demeure : des forêts que la hache n'»r \ait jamais ifclaircies ; des tentatives d'une culture barbare ; des huttes grossières dispersées sur un sol sauvage , frappèrent d^abord . ses yeux. Mais an sein de ces forêts dont la Gaule était couverte » s'agitait un peuple nombreux , ches qui se trouvait, en grande abondance, de précieux métaux. Une ville qui par sa situation et par ses souvenirs ne songea qu'à se procurer la pacifique gloire d'un négoce étendu , s'occupa dVtablir des relations commerciales avec des voisins aux* quels elle venait offrir des boissons enivrantes- » des marchandises inconnues jusqu'alors , des obr jets propres'à satisfaire les exigences d'un luxe saur vage. Les peuples commerçans ont toujours -suivi la même route : quand ils ont tracé le vaste cercle de leurs entreprises et décrit l'itinéraire que parcourront leurs produits , ils établissent de dis-* tance en distance des entrepots placés presque toujours dans des lieux de facile accès , sur les bords de la mer, ou près d'un grand fleuve-; Avignon fut un de ces entrepôts ; c'est donc à Marseille qu'elle dut ,' non pas son origine ^ mais ses premiers accroissemens ; il parait que son commerce ne tarda pas à lui donner un grand éclat ; Pomponius Mêla prétend qu'elle se disiii^ guait par 'ses richesses ; les Romains y envoyèrent une colonie ; mais d'autres destinées .étaient

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réservées à Avignon ; ce n*ëtait pa& par des mo« numens d^une origine gauloise , grecque ou romaine qu'elle devait un jour se faire remarquer parmi les villes de France ; le moyen âge lui gar* dait ses hautes to.urs , ses murs sombres , ses immenses galeries , une cour de pape , de cardi-* Baux y des cérémonies et des fêtes parfumées de Tencens des messes et de la poésie de Pétrarque.

On attribue aux Marseillais des médailles qui furent trouvées à Avignon : un câté représente la tête d'un jeune homme couronné de lauriers , et Tautre un sanglier , avec ces lettres grecques : AO YE. Les Gaulois , qui introduisirent le sanglier dans leurs propres médailles , peuvent cependant les avoir fait battre ; ils reçurent des Marseillais les caractères grecs » qu'ils employaient cent cin* quante ans avant J. C. , dans leurs monumens et dans les actes publics^

Jules César envoya une colonie des soldats de la deuxième légion , sous les ordres de Claude-* Tibère-Néron » quarante-six ans avant J. C. , dans une autre ville des Ctwares ^ qui prouve aussi par son nom à quel peuple sa fondation doit être attribuée. Cette ville , aujoiird'hui Orange , s'ap* ptlait Cwiias Arousione. Déjà j'ai décrit l'arc de triomphe qui y éclate encore avec toute sa ma<* \àB\é première* Les Romains affectionnèrent cette cité ; un théâtre y reproduisait ces jeux scéniques qni invitaient le soleil à leurs pompes ; des tem«

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pies en décollaient Penceiate ; des thermes él^ gaïis y fesaient circuler leurs riantes colonnades ; le tems a mutilé et renverse ces monumens d^iine antique architecture. Mais Orange fut long-tems une ville puissante : Pomponius Mêla la range parmi les cités les plus riches de la province Narbonnaisc. Sous la domination romaine , le nom de Golonia Julia secundanorum lui fut imposée

 mesure que cette nomenclature de villes se déroule devant moi /je suis tenté de demander pardon au lecteur de ce puéril étalage d'une science trop long-tems admirée ; entoure d'in-folio , de papiers surchargés de notes , de livres de toute dimension , je Taraasse des inscriptions , des noms de monumens , et après avoir mis en ordre ces' recherches aussi aisées que peu curieuses , je me dis : voilà donc ce travail pour lequel on va d'ordinaire quêtant des éloges et solliciter des regards approbateurs. Quel intérêt peut offrir une pareille lecture ! Eh ! qu'importent à cette jeunesse vive et passionnée , entraînée au forum ou au théâtre par le spectacle animé des discussions politiques ou dés créations d'une littérature originale , ces pâles tableaux d'un passé oublié , ces promenades 'sans charme à travers des pierres louées peutêtre avec une exaltation trop ^grande. Mes descriptions ne courent-elles pas risque de faire pitié au voyageur qui arrive de l'Italie ou de la Grèce : je dresse devant lui des monumens qu'une em-

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phase' provmdale loue à Vëgal des chefs-d'œuvre de Part ; je parle de cirques à celui qui a mëditë au colysëe ; d'obélisque à Thomme devant qui la colonne de Pompée s'est montrée belle de tant de siècles et de tant de gloire sur sa base éternelle; de tombeaux de personnages obscurs, à ceux qui ont fouille dans les ruines de Sparte et de Gorinthe ! Il ne m'est pas même permis de croire que j'ëlève un monument à ma patrie ; imitateur , et le plus souvent copiste froid et décolore de nos vieux historiens , asservissant ma période aux règles d'une académique euphonie , n'osant briser les entraves du stylé, je sens que mes récits sont bien loin d'avoir un charme de vieille diction et d'aimable simplesse ; combien de fois d'autres craintes, des craintes mieux fondées peut-être ne m'ont-elles pas arrêté ! Que de juges divers scrutent une œuvre historique. Celui-ci , peu soucieux du style , mais auteur de plusieurs excellens labeurs sur la Provence , à qui une infatigable mémoire permettrait de tracer , sans secours , fidèle et exacte , la carte de notre pays , sourira plusieurs, fois eh parcourant de& pages sur lesquelles son doigt inflexible montrera mille erreurs , mille omissions ; mes recherches lui paraîtront improvisées , mes indications peu justifiées ^ et fermant de dépit mon livre , il dira : L'histoire de Provence est encore à faire. Un autre me re{Nrochéra l'absence de Couleur locale ;

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ua aulre encore celle de philosophie générak ; celui*là me dëaiera le style historique et cette conception large qui arrête «t dessine aTec fetmetë un vaste plan ; tous enfin signaleront un manque absolu d^intërét. Une seule consolation me reste en présence de ces alarmes ; passant inaperçu , mon ouvrage non lu , ou rapidement parcouru , échappera peut-être , grâce à Toubli où à Finattention , à tant de sévères et justes remarques.

Au reste , comment se flatter de désarmer le lecteur , quand on ose interrompre un grave récit y pour écrire , en style de préface humiliée , des réflexions qui arrivent entre deux cités des Camres, Je cherche sur Tancienne carte de la Provence les villes que les Gaulois édifièrent ; le plus souvent faute de documens certains , je me suis décidé seulement , d'après le nom, pour établir une origine gauloise , pour peu que la langue celtique pûtréclamerce nom. J'avoue que cette marche n'est pas encore la moins exempte d'erreurs ; car les Marseillais ou les Romains en fondant une colonie pouvaient fort bien lui donner une dénomination fournie par la langue du peuple allié ou conquis. D'ailleurs ce que je veux bien appeler cité gauloise, n'était peut-être jusqu'à l'arrivée des Ioniens , ou des Romains , qu'un misérable amas de quelques huttes construites sur un emplacement, où ceux-ci furent engagés à bâtir , à cause des avantages qu'offraient une si-

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tuation heureuse. Carpentoractt ' , habitue sans doute d'abord par les Meminiens , doit donc être rangée au nombre de ces colonies que les Romains établirent dans des villes gauloises , guidés par de hautes vues politiques. Sur un point resserré de Tltalie « s'élevait une cité , qui , aspirant à une domination universelle , finit par Fobtenir; le cercle de se^ conquêtes allait s'agrandissant de jour en jour sur le monde connu; se regardant comme lé centre de ce cercle , elle espérait toucher aux bornes de Tunivers , en plaçaiit de distance en distance des municipes destinés à étendre l'empire de sa langue , de ses mœurs et de son culte. Rome dut à son génie ou k Dieu une façon particulière de vaincre et de posséder ; avant elle d'autres villes conquérantes se ceigni'^ rent de hautes tours et virent sortir de leurs murs des chars de guerre et des légions cuirassées \ mais aucune vue politique ne présidait à ces envahîssemens, qui^ le lendemain du passage, ne laissaient plus qu'une faible trace; l'irruption guerrière s'annonçait comme le torrent , et disparaissait comme lui. Les Romains trouvèrent les lits encore creusés de ces inondations de populations armées sur le sol depuis si long-tems ravagé de l'Asie ; aujourd'hui la terre résonnait sous les mille roues et les pas des formidables cohortes ;

i. Carpentra».

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ië|Oar. Le, petit Pliage àeGréoulx^ (Gryzeliam) a aussi un nom celtique ; se$ eaux chaudes , doni la reriomniée médicale sVtend de jour en jour ^ furent connues des anciens peuples de la Pro-* vence ; Gryzelium , placée sous la tutélaire protection des nymphes « vit un autel érigé, aux divinités dont la présence était proclamée par des eaux salutaires; dans Gryzelium^ nous trouvons grezum « qui signifie en celtique douleur , et lin , eau, • Unie inscription , ainsi conçue :

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