‹ Histoire de Provence (volume 2)Chapitre 54 sur 112 · NYMPHIS. XI · texte numérisé non relu

NYMPHIS. XI

GRISEUCIS I. »

semble nous révéler qu^ onze sources coulaient en ces lieux » et que la superstition des malades les attribua à de bienfaisantes divinités.

Les Avalici^ peuple salyen , dont la position est indiquée plus haut, avaient dans leur contrée une ville , qui , après avoir eu une vaste enceinte \ ^ , suivant les uns , totalement disparu , et se rer trouve encore , suivant d^autres , dans Les Mar^ ligues ; elle se nommait Maritima Avaticorum. Pto* lémée la place sur les bords de la mer , et Pom* ponius Mêla, près des Fosses de Marins ; les géo^ graphes modernes veulent que Les Martigues soit cette ancienne Maritima. Une ressemblance de noms et divers passages empruntés aux anciens

I . Cette ÎDScriptton j rapportée par Spon , fut troQYce aux bainA de Grëoolz , et copiitfe par Peireac

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écrivains , semblent justifier cette opinion ; jnaia nul dëbris jd'antiquifé n^atteste aux Martigues qu'une grande TÎlle y ayait jadis assis ses fonde-: mens ;.on chercherait yaine ment , en interrogeant ou en feuillant le sol , quelques décombres où se révèle Texislence d^une cité ruinée. Aucun monument n'indique que Les Martigues fut trarverse par une voie romaine ; dans cette absence de preuves , il a fallu chercher ailleurs la position de cette Mariiima que Bouche assure , avec peu defonderoenSy avoir aussi été appelée Mastramela^ tandis que ce dernier nom était celui de l'étang de Berre ; Mariiima , bâlie sur les bords de cet étang , avait au nord-ouest la plaine de la Crau ^ superque campi lapidei.

' Des recherches , couronnées d'un heureux suc* ces , ont enfin permis d'indiquer la vraie position de Mariiima, Entre l'embouchure de l'Ar et de la Durançole , petites rivières que reçoit l'étang de Berre , une quantité considérable de ruines couvrent un espace immense ; souvent le soc de la charrue les heurte ; quelques-unes sont recou* vertes d'une légère surface de terre , d'autres couchées sur le sol,, impriment à ces lieux une belle physionomie d'antiquité. £n creusant le sol» ou en. le, parcourant , on a trouvé des médailles « des statues de mai:bre, de pierre de Calissane ou de bois ; des colonnes ont été découvertes ; de larges pierres détachées des maisons é.croiir7

igo HISTOIRE

lëesv t)u . formant jadis le pa^ë des rues» /y sont amoncelëes y un vaste réservoir y étala un conduit souterrain de plomb. En faut-il davantage pour assurer que ce lieu avait vu. autrefois une ville flo-^ rissante le couvrir de ses édifices , de ses temples , et sa position sur Tétang de Berre , noa loin de la Crau , ne prouve-t-elle pas que citait la MarUima des anciens ? Ce sont des fouilles et. des investigations récentes qui ont permis de dé*^ terminer la situation de MarUima; et tandis que la géographie moderne la plaçait aux Mariigues , une plaine voisine an Cap- d Œil ^ où passait la voie militaire qui allait d'Arles à Marseille «• gardait les débris silencieux et ignorés qui devaient un jour donner un éclatant démenti à un^ assertion erronée. Ceci donne une nouvelle preuve de l'exactitude des inductions historiques^ Les Voconces avaient, comme nous l'avons déjà dit , pour capitales Vasio ( Vaison ) et Bie, Vasio s'élevait dans une plaine « sur les bords de la rivière d'Ouese. A l'extrémité septentrionale du comtat Venaissin , l'emplacement qu'elle occupa se fait reconnaître à des signes évidens : un vaste champ , appelé énergiquement la V illasse , conserve des ruines , dont le caractère romain annonce le peuple auquel il faut atti*ibuer la construction des principaux édifices de l'ancienne Fasio. Lés débris sont nombreux : un amphithéâtre détruit a dérobé au tems quelques restes encore

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debout ; sur TOuese s^ëlance , arec une admirable légèreté ; un pont • d'une seule arcade ; ]e parapet seul a disparu ; emporté par les torrens d'hiver ; on y montre les ruines des bains qui avaient été placés près de la rivière. Plusieurs aqueducs 7 attestent cette prévoyance romaine qui date d'un Tarquin ; sur les arcades d'un aqueduc extérieur arrivaient à Vasio les eaux du Grozeau. Des aqueducs souterrains portaient à la rivière les immondices de la ville.

Les villes y comme les hommes , ont leurs squelettes ; quand on ouvre un tombeau , des rangées d'os . annoncent seules une existence détruite ; lorsqu'on parcourt le sol qu'une cité occupa , celle-ci étale de même ses pâles ossemens. Au reste, la destruction , ainsi que la mort , se fait reconnaître à des marques semblables; la première sait, de méipe que l'autre, enlever cette surface animée , sous laquelle battait une vie éteinte. Quand la cité existait , les arcades étaient debout , les coupoles se balançaient dans les airs; sur les places publiques se dessinaient les colonnades , s'arrondissaient les dômes , se cintraient les frontons majestueux ; le tems a fait un pas : colonnes élégantes, coupoles aériennes, portiques élancés , tout s'est écroulé : chaque jour une pierre détachée de quelque mur en partie disparu , semble annoncer, par son léger bruit, cette force lente et victorieuse qui grave ses funestes triom^ phcs aux frontispices tombés des vieux édifices.

Ainsi , dans cette plaine où Vasio fut bâtie^ on a trouvé , à diverses époques , dcfs colonnes d^une grosseur prodigieuse « des statues , des urnes sépulchrales de marbre , de plomb , de verre ; une grande quantité de médailles et des inscri^ tions dont je citerai les plus remarquables.

Vasio , cité dévote , construisit un nombre considérable d^autels à une foule de divinités, qui occupaient même un rang assez subalterne dans la hiérarchie céleste. Cette ville était digne de fi* gurer dans cette province Narbonnaise si superstitieuse , qui fournit un bon mot à la gaîté de Pétrone. Celui-ci , frappe de cette quantité innombrable d^autels ^ de statues , de temples , dont le sol de cette province était hérissé , s^écria qu^on rencontrait plus facilement un dieu qu^un homme dans la Narbonnaise. Peut-^tre voulait-il aussi faire allusion à ces dieux qui chaque )our nouvellement créés , venaient déposséder de leur encens et de leurs hymnes des rivaux disgraciés.

L'inscription que je vais rapporter, introduit dans la famille déjà si nombreuse des nymphes « d'autres divinités de ce genre , qui reçurent IVpithète de Perccrnes. Ce mot Percernes était sans doute fait pour exercer la sagacité des savans. Aussi ont-ils curieusement cherché à en donner une explication plausible ; quelques-uns ont soutenu qu'une riche famille romaine ainsi nommée, vint s'établir à Yaison , avec des lares particuliers;

DE . PROVENCE. fgS

que ces Percernes jaloux d^ëtablir le culte de leurs nymphes « dans leur nouyeUe patrie , les lui firent accepter avec une epithète qui rappelât à quels personnages on avait dû cette céleste adoption ; mais le mot percem , mieux étudie « a « dans deux syllabes celtiques , montré la traduction fidèle du grec OT€ades\ pern signifie en gaulois haut, et coTi montagne. Ainsi ces nymphes adorées en Grèce comme protectrices des montagnes « obtinrent dans la Gaule une qualification et un emploi semblables. An surplus , voici rinscriplion :

MMPHIS. AVG.

PERCERNIBUS T- GENGETIVS

DIONYSIVS

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