‹ Histoire de Provence (volume 2)Chapitre 63 sur 112 · Rnffi s Hîftoin de Marseille 1 1. it , pag · texte numérisé non relu

Rnffi s Hîftoin de Marseille 1 1. it , pag

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distance en dktaiice leurs urnes, leurs tombeaux , leurs cadamres. Cette plaine vaste appelée S^-Mi* chel, qui domine Marseille, a servi de sépulture aux Uarseillais. Les excavations qui y furent faites^ firent découvrir une grande quantité de lombes; ensuite les morts furent trausporrés daus cette partie du terrain sur laquelle on a ouvert le cbe* min d^Aix. Cet ossuaire embrassait dans son vaste

contour un espace considérable : il s'étendait )a$qu*aux rochers qui ceignent le Laxaret, et arrivait à cette porte encore debout, seul të-* moigoage de nos antiques fortifications. Si des fouilles 7^ étaient encore ordonnées , on trooverait » sans nul doute , des sépulcres dont les inscriptions pourraient jeter quelque jour sur notre histoire. Là s^élève maintenant un arc de triomphe d'une date bien récente ; ce monument appuyé sa base sur des tombeaux , sur la terre des morts; il sied bien à Thomme de faire parade de son oi|;ueil , dans des lieux qui lui rappellent si énergiquement ses misères. Avant rétablissement du christianisme , Marseille dirigea la mar* che de &es pompes funéraires vers les lieux voisins de son triste palais de justice, et plus tard vers remplacement sur lequel s^ont situées les rues du Thubaneau , du Poids-de-la-Farine , de FArbre , une partie du Cours , jusqu'à la place Maronne. Tels sont les endroits où Marseille , colonie ioniennCt cité xomaine , ville gothique, dort gardée

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par ses gendrattons taries et disparues ! Il est triste peut-être de songer que la ville moderne avec se« édifices nombreux , son port sillonne par tant de vaisseaux , ses rues si belles et si larges ; qui , le matin , sVveille aux bruits d*une retentissante industrie , et le soir s'endort aux chants des marins, aux derniers sons des danses théâtrales, aux accords de la guitare espagnole , conquiert chaque jour , en agrandissant son enceinte , un nouveau terrain sur la mort ; que celle-ci , censeur impitoyable de nos folles gaîtës ^ de nos ridicules espérances , ait trace autour du cercle animé dans lequel s'agitent nos passions et nos vœux d'un instant, une longue ligne de tombeaux et de cadavres qui après avoir revêtu la robe ionienne , la toge romaine , la saie gauloise , la chasuble ëpiscopale , la cuirasse du chevalier , le chaperon des communes , dorment avec leurs langages difSérens , leurs pensées diverses , dans les vastes sépulcres dont Marseille est ceinte de toutes parts. D'abord la ville ionienne toute parfumée des fêtes de Diane , toute resplendissante , émue encore dés récits lointains de Pythéas , ou des vers d'un disciple d^Qomère , est descendue dans la tombe, précédée par ses coryphées , par l'hiérophante de ses mystères et les danses de ses jeunes filles. Puis la cité romaine a eu son tour : elle a pris le chemin du sépulcre , agitée des démêlés de César et de Pompée , et fière du souvenir dé Lucain.

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Une Tille gothiqoe succède , avec des fronts nr ses , des légendes curieuses , des martyrs à ses places , de graves (fvéques à ses chaires ; le vent du trépas se lève : abbés tonsurés , moines conteurs , prélats aux deux doigts maigres et allongés , tous ont fait naufrage dans ce sombre océan cil le vai&seau de la vie a pour guide un pilote moqueur qn^on appelle la mort. Ensuite la Commune hardie , républicaine qui improvisa des tribuns et des lois , lutta avec de hauts vicomtes , de puissans évéques , et opposa le chaperon au gantelet et à la milre , s^est aussi endormie de Télemel sommeil. ,

Ainsi, ont disparu ces générations diverses, ces institutions changeantes qui nous présentent Marseille sous tant de différens aspects. Le sépulcrea tout reçu : hommes^ gouvcrnemens, religions. L^œil dansTavenir, nous nous flattons de. laisser sur le sol de durables traces , et la destruction réclame a chaque instant nous et.no^ ouvrages. Un homme palientf de Marseille , se plut à publier , pendant une longue suite d'années , des almanachs qui contenaient le nom des personnages les plus remarquables de la cité. Il n'y a pas une lecture plus triste et plus philosophique ! Ces échcvins , ces négocians , ces avocats , ces notaires , ces prieurs de pénitens , contemporains de la peste , circulaient dans Marseille il y a quelques années ; la Bourse .les recevait dans son enceinte.,

il» allaient bailler ou applaudir à la belle Arsène , au théâtre de la Reynarde , et plus tard à celui de la rue d^Âubagne ; la Pezay enchanta leurs oreilles ; les Jounel^ jeunes et belles actrices , les ravirent par leurs chants ; ils étalaient à une fête leurs chaperons de consul et leurs robes de pourpre , et écoutaient dans la salle de TOratoire les discours du père Raynaud, ou à FAcadémie les rapports de M. de la Yisclède. Aujourd'hui d^autres acteurs occupent la scène sur laquelle ils jouèrent un rôle qui finit toujours par une bière et des flambeaux aux quatre coins du drap mortuaire. Telles sont les réflexions que mon esprit a involontairement accueillies en parcourant les diverses enceintes que les savans , diaprés les découvertes de tombeaux et d^objets funèbres , ont assignées aux anciens cimetières des Marseillais. Les morts n'ont pas toujours été déposés dans des séjpulipres ; la grande quantité d'urnes qu'on a trouvées f prouvent ^ue la coutume de les brûler a été connue de nos pères ; alors , après en avoir soigneusement recueilli les cendres , ils les renfermaient dans des vases de marbre, de pierre, de plomb , de brique et de verre. Quand la terre recevait intact le cadavre , on l'ensevelissait, et on le recouvrait ajec deux larges briques placées en forme de talus , que réunissait un rebord fort épais. On a trouvé un grand nombre de ces petits toits de briques, dernière image de nos demeures.

Ensaite des tombeaux furent les asiles des morts ; sur ceux qui étaient de marbre , s^alon* geaient des lignes adulatrices, et figuraient un marteau , des vases et des instrumens de sacri* fice. Quelquefois le cadavre dépose dans la terre * attendait sous une longue pierre, qui recevait rinscription sépulcrale.

Au reste , les coutumes payennes étaient pra* tiquées par les Marseillais dans les funérailles. On a trouvé des pièces de monnaie aux lèvres desséchées des cadavres , des lampes sépulcrales enfouies dans la terre , des lacrymatoires ; dans les sépulcres chrétiens , les lampes sépulcrales au lieu de présenter des images riantes , capricieuses ou obscènes , offrent une croix ou un labarum. Yalère Maxime ' prétend que les Marseillais ne pleuraient point leurs morts. Les lacrymatoires que nos anciens tombeaux ont étalés, démentent cette assertion*

Les patères , les vases de terre prœfericuU , des simpules de même matière qu^on a trouvés , en assez grande quantité dans les tombeaux des Marseillais, nous éclairent sur les cérémonies dont leurs funérailles étaient accompagnées. Les sacrifices s^ofTraient sur le marbi'e des tombeaux; Pem* baumement était réservé sans doute pour les gens riches ; car^ on a découvert de petits vases de

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▼erre et de terre, que leur forme a faîl pre-sumer avoir été destines à contenir des liqueurs odoriférantes ; le cadavre ainsi embaumé » ainsi protégé par les sacrifices , entrait dans la tombe paré d^amulettes et escorté des petites figures de bronze des dieux pénates.

Voilà tout ce que Thistoire funéraire de nos ancêtres a pu recueillir. Ces détails » quelque tristes qu^ils soient , ne doivent pas être omis ; ils prouvent que le culte des tombeaux a toujours été sacré parmi tous les peuples. Devant le marbre qui recouvre des cendres éteintes , sVvanouissent les préjugés de la vanité et les rêves de Tambition. Des pensées d^une noble nature s*élèvent dans notre ame en présence des dépouilles sacrées des morts ; Tidée de Timmortalité plane radieuse sur la terre qui les dévore ; dans tous ces crânes au ricanement moqueur , que la bêche du fossoyeur heurte et brise, la pensée humaine a logé naguères. Cette pensée n'a-t-elle pas pu survivre à la ruine du corps , et , libre des liens qui Tarrêtaient ici bas , prendre son essor vers d'autres sphères plus belles , plus harmonieuses ? Qui sait si elle n^est pas destinée à parcourir ces mondes étincelans , degrés sublimes de Téchelle mystérieuse qu^un homme des anciens jours rêva sur la pierre de Béthel ? Qui sait si la.première hôtellerie de cette pensée n'est pas ce globe , que la lune , satellite

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fidèle , accompagne , haletante d^amour el bel)^ de rêTerie ^ dans sa majestueuse ellipse. Et quand )a mort arrive , alors cette pensée indestrucliblt sVlance sur cette voie éblouissante semëe d*as« Ires aux chevelures d'or , et après avoir parcouru pour animer d'autres créations plus pures « en ^rdant toujours le souvenir de ses solennelles piigrations ^ le cercle immense des mondes » ella arrive , chargée d'amour , de souvenirs , d'es«përance , ad pied de ce trône , centre étemel des étemels soleils.

Mais le froid matérialiste qui a étudie le jeu secret de nos organes et saisi cette pensée dans des canaux que le sang enfle et rougit, veuf éteindre de son souffle glacé ces croyances consolantes. Soumis à l'action d'une nature aveugle , qui nous brise aujourd'hui après nous avoir créés hier , nous ne sommes , aux yeux des disciples de Cabanis , que des machines organisées et promises au néant. Ces cérémonies religieuses dont tous les peuples ont environné les funérailles ; ces soins apportés par quelques-uns d'entre eux àlaconservalion des corps; ces tombeaux mouillés de tant de larmes , ne sont à leurs yeux que les tristes soins d'une vanité ridicule et d^un espoir pIjQS ridicule encore. Jamais , ont-ils dit , la cendre des morts n'a tressailli sous la pierre à ces attendrissans souvenirs , à ces pieuses marques de regret.

Dans la nuit mystérieuse qui nous entoure , aucun rayon parti du ciel ne viendra donc dissiper les ténèbres dont notre esprit est obscurci ? Ab ! ne vaut-il pas mieux rêver Timmortalitë , appuycf sur un tombeau , que d^sh^riter du ciel un cadavre qui hier priait et pleurait?

Je sens combien de pareilles digressions , jetées au travers des inscriptions et des détails sur nos anciens monumens, paraîtront ridicules et déplacées ; mais en commençant décrire cette histoire , je me suis résigné d'avance à toutes lès critiques dont elle sera Tobjet ; et j*aime mieux accueillir mes pensées , malgré leur bizarrerie, que de garder, en écrivant, celte réserve de bon ton , ai glaciale , si compassée !

L'ancienne Marseille renfermait plusieurs temples dans son enceinte. Le plus célèbre de tous était celui de Diane ; cette déesse protectrice de la colonie ionienne , figurait sur les monnaies de la cité , et recevait Tencens de nos pères sous la voûte d'un temple que la citadelle protégeait de ses murs élevés. On ne saurait douter de remplacement où furent creusés les fondemens de cet édifice. Il paraît que de la haute mer le pilote grec pouvait en apercevoir les blanches colonnes et le dôme aérien sur cet espace de terre que rongent les eaux , et où , de nos jours , la vieille cathédrale appuyé ses murs récrépis. Tracez une ligne circulaire qui commencerait à cette anse

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dans laquelle se mii'e la malsoa hardie où Tévéque de Marseille ëlève les jeunes néophites de sa communion , et conduisez-là jusqù^à la ^haute esplanade minée par les flots , connue sous le nom de Tourrette , et vous aurez renfermé dans cette ligne Tespace qu^occupaient le temple et la citadelle sacrée des Phocéens.

Les fouilles et les découvertes des objets d*antiquité n'ont laissé aucun doute sur le lieu où jadis les Grecs édifièrent le temple de Diane. Là ' des marbres , des chapiteaux , des fragmens entassés ont , à diverses reprises , attesté qu'autrefois, avant que le tems ou la superstition les eut renversées , debout sur leurs bases , se courbant aux frontispices , s'alignant sur les murs , éclatant aux pavés ou aux voûtes, ces œuvres d'un ciseau habile , formaientdes colonnes, des cintres , des pilastres , et réalisaient aux yeux des Marseillais ces édifices sacrés de la Grèce qu'on apercevait , blancs ou dorés , sur le haut promontoire de Sunium ou aux caps allongés du Poloponèse.

La tradition est , je le sais , souvent combattue avec succès. Un historien moderne * a voulu , dans une dissertation savante et lumineuse, ravir à Marseille son premier évéque. Sans alléguer

1. M. Auguftin Fubre , auteur d'uue excellente histoire de Marseille.

^3o HISTOIBE

ici les raisons qui combattenl ou défendent celle tieille croyance « je crois qu'on ne me blâmera pas de chercher dans les actes du martyre àt Laa&are , auxquels on ne saurait refuser une anti' quitë reculée « les preuves de la position du tem« ^le de Diane. Que la véracité de ces actes soit contestée , j^y consens ; mais au moins ne pourra*l-on leur refuser d'avoir été rédigés à une épo^ que peu éloignée de celle qui vit ce temple de^ bout sur un sol oii reposèrent si long-tems ses vestiges ? Or , fe lis dans ces actes , que Lazare ^ accompagné de ses sœurs, vint se loger dans le pénstile dW petit tempte abandonné » situé devant le portique du grand temple de Diane : anii porti'cwn templi Dianœ ^ Nos pères , voulant con** server ce pieux souvenir, érigèrent au lieu où. la famille juive s^était ^ dit-on réfugiée , une cha^ pelle » qui plusieurs fois réparée , a été enfin to^talement détruite ; elle s'élevait sur la place appelée Treize Cantons *. Ainsi , en ne pas admet'* faut l'arrivée de Lazare et de ses soeurs à Marseille , on conviendra du moins que les légendaires ne choisirent ces lieux pour y faire prêcher et demeurer leurs saints personnages, que parce que des débris plus nombreux , une tradition d'une origine récente attestaient que le temple de Diane y

!• Offidum Beati fjazari,

a, L'ttubei^e de« Treize Cantons Suiues , avAit donn<f iK>n nom à cette place.

D£ PROYËNCE. a3l

avait été bâti '. Nul doute à ce sujet : ceux qui voulurent raconter les premiers évènemens dont la prédication de la religion dû Christ fut ac* compilée à Marseille , durent leur choisir pour théâtre lîn emplacement consacré par les iuer^ Teilles du culte et de Tarchitecture payenne. Il leur parut remarquable de faire asseoir de pau* Très bannis mouillés d^onde marine , sur les mar* bres d^une chapelle grecque , non loin de Pécla^ tant portique qui déroulait auprès du modeste sanctuaire ses pompeuses arcades. Cette juive si belle » aux urnes de parfums , aux longs cheveux tressés , dont elle essuyait les pieds de son di* vin amant , ils se plurent à la faire asseoir à côté de son frère , qui gardait un souvenir des tom-* beaux , sous ces voûtes d^où la croix devait bientôt chasser la bande allée et folâtre des profanes amours. Au reste , le choix de cet endroit pour la première église chrétienne , prouve encore plus évidemment que le temple de Diane y fut autrefois bâti. Une religion triomphante est ingénieuse pour hulniller et pour terrasser une religion qui expli*e. Le christianisme dut aimer à étaler ses croix et ses autels sur une terre naguère chargée des tro* phées du culte vaincu. Des idées de purification se

1. Un l»afl-re1ief , dont la chapelle de S^'-Magdelaîne ^taît ornée , représentait cette aainte environnée d'aoditeuts , derant le portique d'un temple. Dans lea kitref du douzième liècle , ce bat relief eat nommé : Petra iniaginÎM , et lapi$ ima^iniu

a3a HISTOIRE

mêlaient à celles qu'inspira Torgueil d'une rie» toire long-teitis disputée. Ce sol avait été profané, de jeunes filles le frappèrent de leurs pieds , le couvrirent de leurs roses effeuillées ; des victimes ornées de bandelettes Pavaient arrosé de leur sang; des hymnes, harmonieux échos de ces soupirs de nymphes au fond des bois, de ces bruits de flots ardent autour d'un sein nu de déesse , de ces pas de bergères dansant le soir , sur la pelouse que blanchit la lune , avaient retenti sous ces voûtes profanes ; on dut se hâter d'y faire résonner les psaumes graves et soleanels , mouillés des larmes d'un roi et d'un prophète. Un médeein de Marseille , nommé Peiruîs , découvrit dans les fondemens d^unç maison qu'il fesait bâtir , il y a près de deux cents ans ^ à la rue des Consuls , les vestiges du temple de Minerve , la statue de cette déesse , celle de Jupiter^ des marbres et des colonnes ; on ne peut se convaincre de l'étendue qu'occupa l'emplacement de ce temple , parce qu'on a transporté dans cette rue une grande quantité de terre , pour en diminuer la pente trop rude vers le port ; par ce moyen le terrain ayant été rehaussé , des fouilles qui ont été faites dans la réédiBcation des maisons, n'ont qu'une seule fois amené des résultats satisfaisans ' , à cause de la trop grande profondeur qu'il aurait fallu leur donner.

1»- Lori de la construcUon de la maison de IVf. rdruis.

Au midi d'une des plus anciennes places de Marseille \ sVlèvent encore les murs noircis d'une antique abbaye * , qui dominent les maisons voisines et renferment de sombres corridors , des souterrains curieux , des cellules crevassées. Ces tnurs occupent l'emplacement sur lequel fut érige le temple d'Apollon ; plus tard les prisons publiques, le prétoire et Tarsenal des Marseillais y furent construits : ensuite les Cassianites y creusèrent les fondemens de leur couvent. Cette place de Lencbe repose en partie sur des amas de décombres , qu'on y jeta pour en adoucir la surface trop inclinée. Si Ton ajoute foi aux récits de Strabon ', on ne pourra douter que Marseille, sous le rapport des monumens , n'avait rien à envier aux villes les plus remarquables de la Grèce et de l'Italie. Dans un vaste arsenal , dont aucune ruine n'atteste l'existence , retentissaient les cris de mille ouvriers , étincelaient des armes , résonnaient les coups de marteau sur les flancs évasés des carènes , et reposaient ces formidables amas de boucliers , d'épées , d'instrumens de guerre et de navigation , que tant de mains saisirent dans cette mémorable journée où la valeur marseillaise

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