‹ Histoire de Provence (volume 2)Chapitre 7 sur 112 · Durancc , Avignon · texte numérisé non relu

Durancc , Avignon

DE pbovence. 3i

occupé par les nations Kimbriques. ' Les inductions philologiques nous font retrouver ce peuple depuis la Crimée jusqu^à la Chersonèse Cimbrique , appelée aujourd'hui le Jutland.

11 n^enlre pas dans le plan de cette histoire de raconter les migrations et les conquêtes des Galls et des Kimris ; d'indiquer quels pays furent occupés par les uns , et sur quels bords les autres plantèrent leurs tentes voyageuses ; comment ]e caractère distinctif de ces deux branches d'une même famille se retrouve encore chez les peuples qui leur doivent leur origine ; d'où vient que les nations kimriques, plus graves que les nations gauloises , prouvent encore de nos jours que Ja légèreté des Galls ne s'est pas plus effacée que la prudente circonspection des Kimris. Je serais entraîné loin de mon sujet , si , fouillant dans des langues telles que le bas-breton et le gaè'lic , parlés encore dans deux coins de la France et de l'Angleterre , j'étalais une facile érudition , en montrant par les preuves , à mon avis les plus concluantes , quels furent les lieux habités par ces anciens peuples ; lieux où des traces durables de leur existence sont empreintes encore dans des dénominations géographiques. Qu'il me sufiBse de dire que dans la Gaule habitée de

I. Sur ces mêmes rîyes du Pont-Enxîn , entre le Danube et le Tanaîs 9 siTaît habite un grand peuple oonnn des Grecs sons le nom do Rimmerîii dont nous avons fait Cimmeriens.

tems immémorial par la nation gauloise ," divisée en deux branches , les Galls et les Kimris , se trouvaient deux peuples d^une autre origine , et appartenant au sang ibérien. Ces peuples , les Aquitains et les Ligures ont été présentés au lecteur avec les traits qui leur conviennent diaprés les témoignages unanimes d^une foule d'historiens. Mais leur caractère , leurs mœurs , leurs coutumes reçurent de notables altérations ; au sein de leur pays , les Galls pénétrèrent , et les tribus de ce dernier peuple se maintinrent dans la possession des terres conquises sur les Liguriens. Ceux-ci adoptèrent les usages et la religion des conqùérans ; et à quelque différence près , de peu d'importance , toute la surface de la Gaule offrit un peuple dont les habitudes , les vétemens , les institutions politiques étaient les mêmes.

Frappé de ces considérations , fai rassemblé tous les traits du caractère gaulois y afin que le l(^cteur , eh les étudiant , pût se faire une idée de cette nation célèbre , dont les courses embrassèrent TEurope , l'Asie et l'Afrique , qui inscrivit son nom dans les annales de tous les peuples, le grava, avec la pointe de l'épée de Brennus, sur les murs du Capitole , pilla Delphes , força lesThermopyles, et vint aventureusement s'asseoir sur les ruines de Troie , dans les places publiques de Milet , aux bords du Sangarius et à ceux du Nil.

Sans doute )*aarais usurpé la tâche d^nn historien de la France ^ si , cédant aux charmes de pareils récits, j'eusse tracé le tableau des conquêtes d*un peuple qui éclate en traits d'héroïsme surprenant et de fière indépendance au sein d'une barbarie profonde. Mais ]e n'ai pas cru qu'esquisser rapidement les mœurs de cette race si remarquable , ce serait m'écarter des limites de mon sujet.

La Provence I comme on vient de le voir, était occupée par des peuples d'origine gauloisç ; et ses premiers habitans finirent par en adopter les mœurs. Or , tracer le portrait de ces mœurs , c'est écrire l'histoire de notre patrie.

Dans les tems les plus reculés , les Gaulois menaient la vie des peuples chasseurs et pasteurs ; plusieurs de leurs tribus se teignaient le corps avec une substance bleuâtre, tirée des feuilles du pastel ' ; quelques-unes se tatouaient. Leurs armes étaient des haches et des couteaux en pierre; des flèches garnies d'une pointe en silex ou en coquillage ; des épieux durcis an feu , qu'ils appelaient gaits , et d'autres nommés caiiies * , qu'ils lançaient tout enflammés sur l'ennemi. Leur armure défensive était , alors , un bouclier de planches , grossièrement jointes, de forme étroite et allongée.

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