I. PUoe , 1. XXII f c. a. Herodîan. , ]. lit, p
. 9. Calcîa jaculiim fcrrefactum , Virgîl. <A£s. £d langue gailiqoe , gaUi-telh, ngnîfie dard bràlaDt.
Le Gaulois ëtait robuste ; sa taille se dessinait haute et fière ; des éclairs sortaient de ses yeux bleus ; de sa tête se déroulait une chevelure rouge-'ardente , dont l'éclat sombre était entretenu par une pommade caustique , composée de suif et de cendres ; i tantôt la rassemblant sur le sommet de la tète , il en formait une touffe ; tantc^t ses longs cheveux flottaient sur ses épaules comme les cimes éployées au front des forêts. • Les riches seuls se rasaient le visage ; seulement d'épaisses moustaches couvraient leurs lèvres supérieures.
La principale pièce de rhabillement des Gaulois était un pantalon ou braie très large , ches les Belges , plus étroit chez les Gaulois méridionaux. On y ajoutait une chemise à manches d'étoffe rayée , qui descendait jusqu'au milieu des cuisses , et une casaque ou saie , également rayée, sur laquelle on dessinait quelquefois des disques , des fleurs , mille figures de différente espèce. Ches tes riches , celte saie éclatait en broderies d'or ou d'argent. La casaque couvrait le dos et les ép^u:les , et s'attachait sous le menton avec une agrafe en métal. Le Gaulois, des classes inférieures, letait seulement sur ses épaules une peau de béte fauve ou de mouton , ou une espèce de cou-*
t. Galliatum hoc mTcntom nitîlandis capillîs fit ex scbo el eiDere. Pline, 1. zxtiii, c. la.
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verture en laine grossière , appelée dans les dialectes gallo-kimriques linn ou Itfm. Les riches avaient un goût très vif pour la parure. Us éta*^ laient avec complaisance une grande profusion dW, qui serpentait en colliers autour de lew cou , sur leur poitrine , ou ëtin celait sur leurs bras et sur leurs doigts en bracelets et en anneaux.
La plus terrible de leurs armes ëtait une es-* pèce de pique , dont le fer long de plus d'une condëe , et large de deux palmes , se recourbait ▼ers sa base en forme de croissant; c'était là une arme formidable qui hachait et lacerait; le Gaulois la lançait en poussant un cri de mort , et l'empreinte qu^elle laissait sur les chairs pâles et conTulsives ëtait TaTant-coureur du trëpas.
Long-tems le Gaulois dédaigna les armes de* fensives ; son courage s'indignait de ces moyens employés pour rendre moins funestes les coups de l'ennemi. Cet enfant des forêts aurait rougi d'enfermer sts membres robustes dans une prison d'airain. 11 offrait sa poitrine forte et nue aux traits des combattans ; envain les rangs opposes se montraient-ils à lui couverts d'ëtincelantes armures : dans son sauvage orgueil , il se dëpouillait de tous ses vétemens , et dëfiant les flèches laueëes , il multipliait autour de sa tête sans dë^ fense les .cercles prolonges et rapides de son long «abre sans pointe. 11 finit par adopter prudemment les usages des autres nations ; la cui^
rasse « le bouclier et le casque grec ou latin marièrent bizarrement leurs fonnes polies et régulières avec son grossier costume de guerre.
Un soldat gaulois offrit alors un aspect étrange. Des cornes d'élan , de buffle ou de cerf s'élevaient en pointes menaçantes sur un casque en métal ; un panache haut et touffu surmontait ces ornemens bizarres, et rehaussaient la taille du guerrier. Yeut-on se figurer Paccoutrement militaire d'un noble Arverne , Eduen ou Biturige, deux cents ans avant l'ère vulgaire , qu'on . se représente un bouclier et un casque ainsi grotesquement décorés , une cuirasse en métal , un énorme sabre pendant sur la cuisse droite à des chaînes de fer , quelquefois à un baudrier tout brillant d'or , d'argent et de corail ; qu'on y ajoute le collier, les bracelets, les anneaux d'or autour du bras et au doigt du milieu ; le pantalon 9 la saie à carreaux éclatants ou superbement brodée ; enfin de longues moustaches rousses , et l'on aura devant les yeux une de ces grandes figures gauloises qu'on pourra appeler Divitiac ou Vercingètorix.
L'ancienne Gaule n'était pas sans industrie : l'art d'exploiter les mines, de fabriquer des ar« mes , de tremper le cuivre , de tisser et de bro^ cher les étoffes , de composer des boissons fermentées , telles que la bière d'orge , appelée ter-^ f^isia , la bière de froment , mêlée de miel , l'hy-
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dromel » etc. , y ëiait en pleine TÎgueur. Les dames ^uloises se serraient de IVcume de bièft comme d^un excellent cosmétique auquel elles prétendaient devoir la fraîcheur de leur teint '• L*essai en serait peut-être renouvelé avec succès par leurs descendantes.
Les maisons des Gaulois , rondes et spacieuses, étaient construites de poteaux et de claies ; des cloisons de terre les revêtaient intérieurement et à Textérieur. Elles étaient recouvertes d'une large toiture de chaume ou de paille hachée et pétrie dans Targile. Des fortifications qui opposaient au feu des pierres énormes , et au choc des béliers , de larges poutres, protégeaient assez bien leurs villes : mais le plus souvent la nature était chargée du soin de les défendre; car ils choisissaient d^ordinaire pour les bâtir un îlot étroit que pressait un large marais ou un recoin enfoncé dans JVpaisseur d'un bois ; et c'était là qu'au premier cri de guerre se réfugiait la population éparse dans la campagne.
Déjà une image de la vie féodale entourait le riche Gaulois dans sa maison des champs v il la construisait dans la profondeur des forêts , ou sur les bords d'une rivière ; un immense attirail de chevaux, de chars, de valets résonnait bruyam-