partie du territoire qui s'étend depuis Âren fus
iqu'à l'Estaque , ainsi que le prouve la grande quan*
iitë d'anliquilës qu'on y a trouvées.
r Les sources fraîches et bondissantes des Aiga^
)ades , attirèrent les Phoce'ens. Un site digne dô
leur patrie, y égara leurs pas sur des rives de fleurs,
d^ns une vallée où une cascade balance {essayons
du soleil dans ses eaux. Là , sous le calme d'un
bois , des sentiers rocailleux se deVoulent et des
flots gffmissent. Puis la pelouse aux éventails de
verdure ; le vallon tantôt large et riant , avec uti
Ifolphe dans le lointain , tantôt sombre et rétrécît
•avec le silence du bois et un hermitage qui le re^
gardfe. Des n^stes d'aqueducs et de rësertoirs d'an*
cienne construction , attestent que les Aigalades
alimentèrent de leurs eaux la vieille Marseille. '
DE PBOYEHGE Hfê
Le petit hameâo des Crottes emprunte aon nom à un mot grec qui signiGe Toute , pftrce que tie quartier repose sur un terrain de tuf qui forme plusieurs collines, dont quelques-unes préseii7 tent des souterrains.
Pan , le dieu Pan, fut honore au hameau de la Gapelette , et Mazargues , qui signifie maison de# champs , reçut aussi dans sa plaine aride les hat bitations des Ioniens.
Plusieurs aqueducs amenaient à Marseille las eaux des sources voisines , entr^autreâ Taqueduc qui recevait celles de Font*Gate , ajipelée aloi^ Fotts obscura , parce qu^un bois épais couvrait cette emiuence.
• Quelques anciennes ifillœ ont. laissé des vettiges dans le voisinage de Marseille ; à la Madrague de W ville , existent encore plusieurs chambres pavées de mosaïques , dont les mutfs ont deux ou trèis. pieds de hautepr. Ses ruines sont curieuses ; la terre les a couvertes,; kl mer , en rongeant et en fesant écrouler le rivage , a découvert la coupe des apparteroens et celle d'un grand canal qvi traversait Tétar blissement.
A mesure qu^on longe le rivagfe , d^autresreSr tes y mais moins entiers , se présentent de distance en dislance. Les débris d^anfiquilé dont le sol esl parsemé, prouvent que sur celle belle cale s'élev^ent de. riantes maisons de campagne
17^ UISTOIBE
grecques ou romaines , se mirant aux flots bleus du golphe Galatique \
Voilà Marseille , ville grecque et plus tard romaine. Ainsi ëtait d^abord son enceinte circulant autour d'une ëminence battue par la mer » sa citadelle , nouTcau capitole dans les Gaules , soa port , lac creuse par la nature et purifié par rhomme « ses monumens « dignes d'Athènes. Ce fut à cette époque de miraculeuse apparition aux bords de la Gaule , que son g^nie » entreprenant et sage , fondant les bases d'une puissance so-» lide , aspira à la souveraineté des mers, .à la domination des terres voisines. G^rthage beurU sans gloire les trirèmes garnies d'airain de la nou* Telle Phoçée ;. et de farouches rivaux , regagné* rent « atterrés , les montagnes d'où ils étaient un jour descendus , pour briser de leurs lances les remparts de la belle et jeune colonie. Elle sema alors , pour ainsi dire « des villes sur des champs naguère incultes et sauvages , et couvrit de remparts les côtes d'une mer où le Ligurien, appa* laissant dans une nuit dWage , semblait ce génie des tempêtes rêvé plus tard par une imagination des tems modernes , au sombre cap de l'Afrique méridionale.
I . L« partie de la tner lignatique , que noui dëaîgnoiia coiu te nom de golphe de Lion , a 'appelai t golphe Galatique , on Sinuâ Galliem. D*aprii Guinaume de Naagîa ( Vie de S* Loaii ) , le nom de golplie de lion Tenaîl de ce que la mer y ealaoïtTeiit oragtttpe.
DK PROVENCE. 273
Au pied des Alpes ta s^affrir à nos regards la cite aux murs de laquelle Marseille , sa mère', grava un beau souvenir.
Nice , ainsi que son nom le prouve , a une origine grecque. Elle est nëe sous la lance des combats , le lendemain d^un jour de victoire '. Cette ville , qui hésite entre le ciel italien et lé ciel de France , que de hautes montagnes pro*tègent , où se révèle déjà TAusonie , écoute , at*tentive , deux idiomes , et sourit à deux granch peuples. La France* expire à ses pieds avec ses
bosquets d^orangers , et ses remparts d^Antibes que parent et embaument les citroniers et les jasmins ; ritalie commence à ses murs , majestueuse par ses Alpes , folle et retentissante par ses concerts et s^allongeant chargée de palais, de théâtres, de danseuses , dVglises , de monsignori , entre deux mers , Tune éclatante et vaste , Tautre som* bre et resserrée.
Colonie marseillaise , Nice fut un de ces avantpostes que la fille de Phocéc; établissait pour épier la Barbarie et assurer son commerce. Admirablf prévoyance ! Ces cités, s*avançant peu à peu sur un sol ravi à Tinculte humanité par une civilisation habile, étaient comme de vigilantes sentinelles chargées à la fois de jeter le cri d'alarme , et de maintenir tes fruits d'une conquête durable et patiente»
t. Nice y en grec , âgaifle rictoire.
^74 HISTOIKE
Les Liguriens avaient fr^mi de rage autour des l<^gioiis marseillaises; celles-ci, dë)à maîtresses d'un vaste territoire , érigèrent une ville pour trophée , en montrant ainsi Talliance Aes vertus guerrières et des projets utiles.
Mice fut bientôt une grande et active cit^. Strabon dénombre les vaisseaux de son port , men* lionne son vaste arsenal , où Rome , qui descendit un jour .les Alpes pour foudroyer la Gaule , saisit de redoutables machines de gueire ; ces machines transportées par les légions , aidèrent à la victoire. Nice avait recelé dans son enceinte des instrumens d'asservissement et de conquête.
Mais la splendeur de cette ville s'eflTaça : une cité voisine , rivale plus heureuse, étala de pompeux édifices non loin de l'emplacement où sa grandeur déclinait. Cemenellum , aujourd'hui Cîmiez , devint la capitale des Alpes Maritimes , et tandis que ïlice rétrécissant de jour en jour son enceiote, n'était plus habitée que par des marchands grecs ou juifs. et par des pécheurs , Cerne* nellum , florissante et magnifique , voyait des magistrats descendre pompeusement les marches de ses palais , et une foule nombreuse remplir s^s marchés , ses places maintenant muettes.
Cette dernière ville offre de grandes ruines ; elle e^ digne de figurer sur ce marbre tumulaire où le tems agravé de sa faux le nom de ces cités qui cessèrent tout-à-coup leufs bruits et leurs cris de fête.
DE PROVENCE. ^jS
Aniibes ( AntipoHs ) » nînsi nommée parce qu^elle s'élevait vIs-à-Tis la ville de Nice , doit aussi sa fondation à Marseille. L'époque de cetle fondation ne peut être dëtenninée ; mais on doit ne pas la reculer au-delà du troisième siècle de Tarriyéfi des Phocéens dans la Gaule. Quand une métropole s'entoure de colonies , elle a déjà accru sa puissance , étendu son commerce ; ce n'est qu'après avoir consolidé sa durée , qu'elle aspire à établir ces cités , filles d'une mère opulente , et qui , chez les anciens , étaient attachées au sol d*où partirent ses premiers habitans , par le lien d'une véritable piété filiale. Antibes fut enlevée aux Marseillais par les Romains. Ceux-^ci la décorèrent d'un amphithéâtre. Une inscription prouve aussi qu' Antibes possédait une scène.
Une autre inscription fait mention d'un corps d'utriculaires. Les Sarrasins ravagèrent Antibet et la dépouillèrent de ses souvenirs antiques , à une époque où la France pressée par deux terribles invasions, haletait, tremblante entre les lancesdes fils d'Odin et les drapeaux sanglans de Pi»lamisme. Ainsi visitée par des hordes accourues de deux points opposés , tandis que ses rives septentrionales retentissaient sous les pas des hommes du nord, son midi, envahi par les enfans de Mahomet, voyait ses croix , ses temples , ses moustiers chanceler et tomber devant l'étendard du prophète.
LVtymo?ogîe de Toulon , Telomar/lus , a donné lieu de croire à quelques savans que les Marseillais
axraieni établi dans cet endroit où $Wvre un bassin immense , un bureau pour la perception des droits sur les marchandises.
^ A deux milles h Test des salins d^Hyères, aufond de la plage de VEoubo , près de Tembouchure de la rivière de Gapeau, sVlevait la colonie marseillaise d^Olbia , dont le nom se conserve dans Eoubo. On présume que cette cité avait été considérable.
Les Marseillais formèrent en outre un établissement à Panse d*Agaï, entre Fréjus et la Napoule ; appelé plus tard Agalha , il porta d^abord le nom èiAthenopolis,
Tauroenfum , nommé par César , Pomponius Mêla, Strabon , Ptolémée et Etienne de Byzance, étale encore des ruines , dans lesquelles quelques savans n^ont vu que les vestiges de ces tailla ail le luxe romain réunissait un théâtre , des bains ejL de somptueux édifices. Il parait , cependant » qu^un vaisseau phocéen étalant sur son enseigne u^ taureau , séparé de la flotte par une tempête , aborda ii la câte où les ruines d*une cité, dont Mar* saille devintla métropole, se montrent encore épar* ses sur le sol ou couvertes par les flots. On a trouvé ^nc partie des quais, avec des restes d^anneaux d^a-
maiTC. Des vestiges de grands aqueducs parfaitement conservés,attestent de concert avec dVnormes
blocs de marbre gris taillés non loin de là pour de grandes constructions , Texistence d^une ville dans un champ où ne retentit maintenant que
la Yoix de la haute mer. Millîn voit dans Tauroentum une pilla romaine, qu^il fail appartenir à un Quinciianus , dont on a trouve le tombeau mutilé. Cette villa dut , selon cet auteur , être partagée en trois corps , la villa rustica , maison destinée aux ouvriers ; la villa fruciuaria , où étaient les greniers -et les celliers ; et la villa ur-^ bana , habitée par le maître.
Les Romains aimaient à déployer une magnificence 'extrême dans ces belles et fraîches demeures ; d^ordinaive ils se plaisaient à les construire sur le penchant d^une colline , non loiu de la mer, qui étendait aux pieds de rhabitation de marbre sa nappe immense. Bc hautes galeries couvertes , soutenues par dVIégantes colonnes , ouvraient leurs spicndides arceaux h la lumière et à f air. La , foulant un pavé de mosaïque , sous un soleil éclatant , en face d^un horizon qui descendait sur les eaux , Pheureux consulaire , venait respirer du fracas des affaires et du tumulte du forum.
Ciiharistn , dont h fondation a dâ avoir lieU à Tépoque où Sexiius Calvinus céda aux Marseillais la côte que Its Salyens venaient d^abandonner , occupait remplacement où de nos jours La Ciotat , cité plus moderne , se trouve.
A Tendroit appelé le Pont du Roi , en avant de la barre de Foz , des ruines assez considéra* blés , qui se voient encore sur le rivage et dans
^7^ BISTOIRK
la mer-, Annoncent Texistence d'une autre ville que Ton pourrait appeler Stomalimné^ Tctaug voisin est connu sous le nom de VEstan de tEstourna. Elle était située au rivage occidental de la présqu^ile de la Lègue , qui est entre le golfe de Fo% et Tentrée de Bouc.
Les Marseillais établirent un marché à Garga-»rîa^ S'-Jean-de-Garguier. Ce lieu devint , sous la domination romaine, une cité assez importante; on y a déterre une grande quantité d'antiquités. Au lieu de voir dans le mot Gargaria, marché des Grecs y il parait qu^îl vaut mieux le dériver des deux racines gar ou gra , grain , et ara , montagne.
Un marché fut également placé par ce peuple à Triiiia^ au)ourd*hui Trets. Cette petite ville était située sur la frontière des AlUcoi et des Sal^lum de la vallée de TArc ; le nom de Xolympe est encore porté par une montagne à double sommet , qui domine Trets. La tradition regarde comme un ancien temple de Diane un ermitage situé entre cette ville et S^*Zacharie.
Le nom de Trets , écrit Triitis ou Triiis , dans
les vieilles chartes, vient de la déesse Trittia^
qui y était honorée. Ces mots se lisaient sur une
inscription :
TRITTIAE
M. VIIÎIVS
LOJNGVS
Cest*à-dire , JU. Vibius Longus s^est acquitte du ▼«u qu^il avait fait à Trittis.
A Portas y du mot grec Poros , canal , au)ourd^hui Perluis, petite ville sur les bords de la Duraace » un ancien marché fut ouvert par les Phocéens pour le commerce des grains. Ils y avaient d^abord fondé un établissement pour se*^ couder les desseins de Marius. Une procession annuelle , d^une assez belle origine , part de cette ville aux souvenirs mêlés de la Grèce et d^ Rome , traverse des champs illustrés par d'éclatantes victoires , et vient saluer , en mémoire de la défaite des Ambrons « ce Mont-Géant dont la cime raconte encore aux cités voisines la mémo-* rable bataille.
Les. Marseillais rassemblèrent à Caudellium^ Cadènet , où la déesse Denim ■ était hond^'e , les Caudelleuses ^ en y formant un établissement sem* blable à celui de Pertuis. Un beau vase , dont le style est grec » y fut découvert. U sert main*' tenant de fonts-baptismaux.
Les Salyens avaient établi à Salonum ^ dont ht% mines sont peu éloignées de Salon , leur par* ché de sel , que les Marseillais fréquentèircnt d^ bopne heure*
Les cités grecques qui furent construites eu Provence , ont du , toutes , leur origine à Mar-