‹ Histoire de Provence (volume 2)Chapitre 75 sur 112 · Herod. i K f i e. i65 et-Seq · texte numérisé non relu

Herod. i K f i e. i65 et-Seq

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heureux Phocéens résolurent de s^avancer vert rOccident \ et d^aller embrasser , en suppHans , les autels d^Alalia, colonie que leurs ancêtres araient* fondée en Corse , sur la recommandation d*un oracle ^

Le ciel de la patrie « la terre des aïeux allaient disparaître pour toujours à leurs regards. Avant de s^aventurer dans de lointaines mers , ces mal« heureux exiles voulurent encore revoir le sol natal. Les voiles et les rames leur rouvrent pour la dernière fois le chemin du port de Phocëe» Ils y pénètrent en silence , favorisés par la nuit ; la garnison des Perses se réveille et meurt sous leurs impitoyables coups. Alors le jour qui arriva éclaira un touchant spectacle. Ce peuple de proscrits se disperse dans la cité délaissée ; ils frappent de leurs fronts le seuil des temples ; s^asseoient en pleurant sur le foyer domestique ; parcourent , saisis d'une morne tristesse , les places I les rues de Phocée. Phocée a reconquis pour quelques heures ses hôtes accoutumés. Une population qui d'elle-^méme allait s'écouler et tarir comme un torrent des^ché , rendait pour quelques instans ses bruits et sa vie à la cité. 'Hais bientôt tout devait s'éteindre dans un silence de mort ; une ville sans habitans , muette

. t. Herodot i L 1. 1 c. t65. Sur le nom de la ooloaie d'Alalw , T. Dîodore de Sicile i 1. V > c i5«

avec des toîls , des rues el des places ^ est le plus étrange tableau que le soleil puisse éclairer.

Le signal de départ est donné ; tous « debout sur les ponis , contemplent avec attendrissement les lieux où ils naquirent. Un des chefs prit alors une masse de fer , la fit rougir au feu « et la préeipita^ dans la mer. « Que nul d'entre nous , sVcria-t-il 9 ne revienne dans ces murailles ayant que ce fer n'ait reparu aussi rouge et ardent au-dessus des flots ! )» Ce serment est répété par toutes les bouches ; on charge d'imprécations la tête des parjures.

Le port s'éloigne , la terre disparait , les cœurs des Phocéens se serrent ; la moitié d'entr'eux ne pouvant détacher leurs regards de cet horizon qui rouvrait d'un voile de vapeurs la terre de la patrie , tourne les proues , et sous le poids de leurs propres malédictions, retourne à Phocée. L'autre moitié , inébranlable , poursuit sa route , et aborde dans l'île de Corse '.

Alalia reçut avec transport ses frères. Mais le sol de la Corse était âpre et inculte ; la pirate* rie offrit aux Phocéens bannis des moyens dé subsistance. Leurs vaisseaux parcourent les mers voisines; un métier, que Tanliquité ne flétrit d'aucune honte , leur procura des richesses. I^es cdtes de l'Italie et de l'Espagne les virent atta-

f . Herodot , loc. cit.

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quer à rimproriste de riches convois « s*emparer des navires des Étrusques et des Carthaginois , et troubler le commerce ^e ce dernier peuple. Les Étrusques et les Carthaginois équipent une flotte forte de cent vingt vaisseaux ; elle vint pro* voquer la flotte phocëenne dans les eaux de la Sardaigne. Celle-ci n^en comptait que soixante : malgré rinfériorité du nombre, le combat est accepté '*

Il fut sanglant et acharné* La victoire resta aux Grecs ; mais ils étaient tellement affaiblis , que craignant une seconde attaque ^ ils s'embarquent de nouveau ; les uns se dirigent du côté de ritalie ; les autres , du côté de la Gaule * ; le plus considérable de ces armemens arriva à Marseille. Marseille reçut avec transport les restes de la métropole. Elle prit alors rang parmi les cités les plus importantes du monde ancien ; sa population s'accrut , son commerce s'étendit davantage « et de ses arsenaux elle put faire sortir des flottes plus nombreuses que celles qu'elle avait autrefois équipées. Ainsi , tandis qu'une cité périssait en Asie , une autre s'élevait plus belle , plus opulente dans les Gaules.

1. Hérodote I 1. l , ub. sup. — Thucyd. , 1. 1 ; c. i3. -» Pau-

a. Herodot. i I. l , c. 167. — Strabon 1 1. VI , p. aSa. — Plin. , 1. m , c. 5.— Aul. GelK , 1. z » c. 16. — Ammian. Marcel. , I. XV, c 19. ^> Scymn. Chius. . t. a4^* " Solin. , c. Il , p. la.

DE PHOYEMCÊ. 3 19

Le ([^nie de^ fortificatiops ëpuisa ,. alors , presque ses ressources aulour de Massalie '. Elle était construite , connue je Tai dit « sur ce petit promontoire attenant k la terre-ferme ; dans une largeur de quinze cents pas *. Une longue muraille l'investissait de tous côtes; des tours la flanquaient ; un large fosse ^ , une citadelle ^ , isolaient le promontoire du continent. La nature creusa naturellement son port vaste et sur , dont les eaux » au midi ^ , battaient ua amphithéâtre de rochers. La main de Phomme régularisa Penceinte de ce port, et Tagrandit; un grand arsenal et des chantiers s'y élevèrent ^. La ville d'abord surgit sur ces rochers en amphithéâtre y et bientôt envahit de ses maisons de bois et de chaume ^ tout le promontoire.

1* Laboi et olim condîtomm diligeni Fonnam locomm atque arra oatoralia ericît arte.

FesL ATÎen. . t. 7o3 et eeq.

9. CÎTiUf penè însula est. Fest. Ayien. , y. 701. — Solif M. D. pattibos terne coheret. Paneg. Emueii in Coiutant. ^ c. 19.

S* Fhmîsaîniiia et turrilms frcqoens manu. EmneiUi loc* cit* — Yallîi altUnma. Cm. Bell. CiviU , h n , c. 1.

4. C«s. Bell. CWil. , I. II I c. & et seq. — Strabon , I. iv ,

5. Manîtkflhno aeemcta porta in qnem AiÉguato adita mendianof reflait sinua. Eumen., paneg. ad Coailaïitîn.» c. a9. — Strab. , 1. IV, p. 179.

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