Jul. Solin, c. s
a. Diod. Sicul. , Fragin. ap. valcB. , ]• 37(1.
S. Idem , ibid.
paraît designer ou le fils bitard de quelque Mas^ saliote , ou du moins un Ligure gagné à la cirîlisation grecque , dont il avait adopte les mœurs et le langage. Sextius rompt ses liens et le rend à la liberté avec sa famille et neuf cents Salien» que Craton lui désigne. Sans doute de honteux services , de coupables trahisons les rendaient dignes de cette faveur '.
Ainsi Marseille , par ses menées secrètes et ses alliances puissantes , Rome par ses armes , préludaient à l'asservissement de la Gaule. On peut diminuer le tort de Marseille en disant qu^elle n*eût probablement recours à Pintervention étrangère , qu'après avoir reconnu sa faiblesse dans les luttes sans cesse renouvelées avec des tribus ardentes au pillage et familières avec les dangers^ D*abord Thistoire nous la montre préférant les voies pacifiques , les traités , Tinfluence du commerce pour étendre sa puissance et soumettre des hordes guerrières ; mais la mauvaise foi de Ses voisins ^ les combats , les pièges dont ils les harcelaient , la nécessité dMnterrompre de vastes entreprises pour s'armer contre une soudaine attaque , la décidèrent à chercher un appui hors de la Gaule. Rome se présente à elle ; Rome , qui plus tard aurait fini par méditer la conquête de cette Gaule où il y avait de vieux et sanglans
!• Dîodor. Sicnl. ut fup.
DE PROVENCE, Sjl
affronts à Tengcr , car elle gardait la mcmoîrd de cet incendie dans lequel ses premiers e'diiices battus par des vagues de flammes, sVcrou*lèrent aux cris et aux pleurs des défenseurs consternés du Capitole sVlevant , colore de teintes aflreuses , sur un lac de feu , comme un phare étemel. La politique des Marseillais est pourtant excusable ; on préférerait , il est vrai , les voir cherchant à éclairer les Gaulois , à les armer contre l*aggression romaine , à former d'eux un grand peuple , qui , les plaçant à sa tête , eût fini par reconnaître la suprématie que la cirilisation et le génie semblaient réserrer à nos ancêtres. Mais peut-on se rendre compte de tous les obstacles sus*cités contre Marseille , pour empêcher ou détruiie un si bel ouvrage ? La barbarie , les divisions intestines dont la Gaule était travaillée , la dif-ficulté des communications, la haine contre les inventions étrangères , Tamour de la guerre , Tardeur du pillage, toutes ces causes réunies n^auraient-elles pas opposé aux vues grandes et généreuses de nos pères des barrières insurmontàbless c^ alors au sein d'une population aussi me<^ naçante , ne valait-il pas mieux appeler au secours de leur commerce menacé , de leurs colonies attaquées, de leur puissance compromise, les légions romaines? Au reste Pévénement a justifié cette politique ; Marseille atteignît au plus haut degré de prospérité , et délivrée de ses anciennes alar-
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me»t cU^ ^^ songea plus qu*ii rendre sairibataire cette belle mer, route éclatante que la nature ou- Trait à ses yaisseaux.
Marseille suiyait avec ardeur la marche dont elle avait dë)à recueilli des fruits heureux ; elle procura Talliance de la nation ëduenne aux Romains 9 alliance favorable à Tambition de ce der^ nier peuple , mais marquée par les plus funestes résultats pour les nations galliques. Les Allobroges 9 soutenus par les Anremes , la plus puissante des tribus « écrasaient la faible race éduenne , dont les efforts pour sortir de Toppression « échouaient contre de formidables ligues. Marseille aigrit le ressentiment du peuple opprimé , lui peint sous dVnivrantes couleurs la protection de Rome , le flatte d^anéantir les Allobroges , d^arracher aux mains des Anremes le sceptre d'une suprématie jalousée « si cette même Rome arme tes légions en sa faveun Marseille réussit Un traité est conclu entre la nation des Édues et le sénat de Rome. Les Édues reçurent le titre agamis et d*aUiés du peuple romain ; ils donnèrent en retour aux Romains celui àt frères.
Ges mots d'une touchante fraternité perdirent la Gaule. Rome en isolant ainsi ces tribus « et les armant les unes contre les autres , n'arriva que plus promptement à son but « celui d'anéantir la liberté gauloise.
Le consul Domîlius députe chez les Allobroges
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pour réclamer son ennemi Teutomal et pour leur enjoindre de respecter désormais le terri* toire des Edues , ses allies '. D^immenses préparatifs de guerre furent la nfponse de la nation , ainsi humiliëe par des ordres iosolens. Bituit * ^ roi des Arvemes 9 veut détourner im orage , qu*il brave pourtant; il demande que Teutomal soit rétabli dans sa puissance ; car » disait-il , il est mon ami et Thôte de mes alliés.
Bituit était fils de ce Luem connu par ^es pom^ pes barbares, ^ambassade qu'il envoya au con* sul étalait un éclat étrange ; la meute royale , composée dVnormes dogues tirés de la Belgique et de la Bretagne » y parut autour du chef de la députation. Uor et la pourpre brillaient sur les habits des hommes du cortège ; un barde , le rotte en main , commença par chanter aux Romains les exploits des rois des Arvemes ; mais ces hymnes ne produisirent aucun effet, Domitius les interrompant , congédia fièrement Tambassade '.
L'appel de guerre de Bituit retentit alors chez toutes les nations de la ligne arverne ; les tribus arvemes proprement dites , et les ruthènes ^ , ses