Vell. Patcrcut. , ). Il , c lo
4- Maxîmus barbaris terror elcpbaDtî facre. Flor. ^ I. Iii , c. 4*
SyS HISTOIRE
hommes et chevaux '. La foule ardente les bras en Pair , les poitrines lancées contre les dos , se précipite , égarée, sur Tautre pont. LVpëe romaine arrive avec sa soif de sang; elle pénètre dans le$ rangs ennemis : elle n'eut qa^à égorges dans ce désordre épouvantable *.
Cent vingt mille hommes périrent , et de ce nombre beaucoup de chefs ^. Bituit se sauva dans les montagnes ; Tennemi s'empara de son char et de son manteau \ Ce roi trahi ainsi par la forlune ^ sans cour , sans meute , erra dans les vallées des AUobroges; son courage ne lui faillit pas ; il aurait voulu soulever toutes les nations gauloises contre ses ennemis; mais les nations découragées par d'aussi épouvantables calamités , baissaient tristement la pointe des, épées vers le sol , et écartaient la voix suppliante du doî fugitif. Ainsi désespéré , Bituit songe à demander la paix, Fabius accueille avec faveur son message ; des négociations s'entament. Une honteuse perfidie les rompit. Domitîus 9 d'un natucel sombre .et jaloux, voyait avec un amer dépit s^ gloire militaire effacée par les succès, de Fabius. L'hon-
1. Coacervatls iaconsultè ogminlbus , pootia TÎncula rapenmt , ac inox corn ipsis lintribug merri aiinC Paul. Oroa. , !• V ^ c. 4«
a. Tit. Liv. , epit. LZi. — Apian. , Bell. Gall. , p. 55* 3. i3o,ooo , suivant Pline (1. vu» 0. 5o)l t5o>ooo , fuiraiit Crosc ( l. V , c. 14 )•
4* Flor.| 1. III , c. a.
DE PROVENCE. Syg
tieur de cette campagne retirée à ses faisceaux , ornait seulement ceux d^un collègue dont les talens militaires éclipsaient les siens. Il résolut d'en* lever à Fabius Tayantage de terminer une négociation heureusement commencée. Des messages secrets dépéchés par lui à Bituit , Pinvitent à se rendre à Eaux-Sextiennes , pour y traiter d'une paix qui lui serait accordée à de moins dures conditions. Le roi déchu ouvre son cœur à l'espérance , et loin d'accueillir le moindre soupçon , il se rend a Eaux-Sextiennes , et se livre sans défiance à Domitius. Le Consul le reçoit avec les dehors d'une trompeuse' amitié , l'introduit dans sa maison ; et là , des soldats apostés , chargent de chaînes Bituit. Il fut mis à la disposition du se* nat ' avec son fils CogentiacDomititts enleva ainsi à son collègue l'honneur de conclure la paix.
Yoici quels furent les résultats de ces diverses victoires. Une province romaine établie en deçà des Alpes » introduisit , pour la première fois dans les Gaules » l'administration du peuple-roi. Les Arvemes, traités avec ménagement , ne furent soumis àaucon tribut. Il n'en fut pas de même des Allobroges, leur position fit leur crime : déclarés sujets des Romains par le sénat , ils se virent réunis en cette qualité aux peuplades liguriennes
I. Per coftoquii sîinnlatîcneiii acccrsîtiim , bospitîo fue ezceptum ▼îoxit , ne Romam uove deportandum curavit. Valcr. Maxîin. , 1. vi, c. 9 , n. 4.
38o HISTOIBE
déjà vaincues. Cette nouvelle province ' romaine au-delà des Alpes « comprit donc en totalitë le pays situe à Forient du Rhône , depuis Tendlroit où ce fleuve se jette dans le lac Léman ^ jusqu^à son embouchure dans la Mcditerranëe^ Toutes les peuplades renfermées dans ce^e vaste ëtendue de terre ne furent pas traitées avec la même rigueur ; tandis que les AUobroges expiaient leur courage et leur audace par la perte de toutes leurs libertés , des privilèges accordés aux Cavares ré-^ compensaient la molesse de leur résistance. Les y oconces , sous le nom de Jidiris * , conservé* rent leurs anciennes coutumes.
Après avoir ainsi subjugué ces nations gauloises, Domitius et Fabius voulurent éterniser le souve^ nir de leurs victoires. Sur le champ de bataille « théâtre de leurs exploits , ils érigèrent une tour en pierres blanches , que surmontaient les armes enlevées aux ennemis , comme de brillans trophées '. Chose inouie , s^écrièrent à ce sujet les anciens historiens » car jamais le peuple romain jusqu'alors n'avait cherché à humilier du reproche de sa victoire ta nation domptée K Deux tem-^
1 C'est ce que lea. Romains appel aient in pronùidm /armam , oo formidam Jvdigere»
a. Vocontîonim cîyitaf faederata. Pline , 1. iri » c. 5.
S. Saxjcaa turrei et desuper czomata armii hoatîtîlNii tropara fixére. Flor. I 1. m, c. a.
4* Hic mos inusitatiu Bostria; nunqoAm enim popuIu& romanui bostibus domitis yictoriam suam exprobraTÎt. FI. > !• C.
plet , run à Mars et l'autre à Hercule * , furent ëleT^s par Fabius auprès de ce trophëe. Domitius voulut laisser un sourenir plus utile de sa yictoire. Aune époque d'une antiquité prodigieuse, le génie phénicien descendu sur nos côtes, avait tracé à ses explorations intérieures une route qui joignait les Alpes au Rhône ; dégradée par les pluies et le tems, cette route , ouvrage antérieur ài la fondation de Marseille, contemporain des premiers empires , ne montrait plus que de rares vestiges ; Domitius la fit rétablir : elle fut depuis lors appelée voie domitîenne. *.
Puis^ précédé de son armée, monté sur un de ces éléphan» qui décidèrent la victoire ^ , au milieu d'un appareil éblouissant de pompe militaire , le fier Domitius parcourut le pays vaincu ; il se rendit ensuite à Rome , pour y briguer le triomphe.
Le même jour Fabius et lui triomphèrent, celui-ci des Allobroges , et celui-là des Arvemes ^. Bîtuit parut dans cette marche solennelle ; il y parut vêtu de ses armes royales et de cette saie brillante qu'il portait le jour du combat ; son char