I. Sirfgas. — Shttb. , T. rv, p. i<)i
3. A4 oppidum Vindalium. Tît. Ltv. , Ëpîlom. LXI* -* Strab. * K IV , p. i85. — Paul. oro8..1. v , c. i3. Airjourd'bui Vcuasquc.
5. Vigiuti mîllia ibi Allobrogam csrsa fc uutur \ tri» millia co['ta sur t. Puul. oro5. , 1. V > c. i5.
DE PROYENGE. 3j5
Les lieux généraux romains se crurent assez forts pour prendre l'offensive. Après avoir laisse dix mille soldats à la garde du campt ils marchent de concert vers le pays des Allobroges. L'Isère , non sans une vive opposition , est franchie ; au passage de cette rivière , Fabius fut grièvement blesse. Le sol ennemi est envahi ^ et df^jà des charges meurKrières s'apprêtaient, quand le bruit de la prochaine arrivée de Bituit , accouru pour couper la retraite , nécessite un mouvement rëtro* grade de la part de!» Komains.
Us reviennent sur leurs pas , et du haut, d'un monticule voisin du Rhône , où ils s'étaient retranchés 9 ils peuvent encore voir les restes de l'armée ennemie achevant de traverser le fleuve.
Si lés anciens récits sont exempts d'exagération t l'armée arveme ne comptait pas moins de deux ceùt mille hommes. Cett^ multitude fut longue à passer. Bituit jette d'abord sur le Rhône un pont sans pilotis ; l'armée ne traverse pas assez vite à son gré ; pour en accélérer la marche » il fabrique un second pont avec des barques , que des chaînes de fer assujettissaient , qu'un plancher recouvrait. Dt'jà les Arvernés se formaient en colonnes dans la plaine , quand déployées aux veuts, éclalanles au soleil » les enseignes romaines parurent '.
I. Alîum compactis lintribus cafccnUquc connexiim superslratit cunnxii que ta bu lis iustruxit. Paul. Oros. i 1. V , c. i4*
L^aspect qu^offraient les légions était redoutable. Voyez-les étîncelantes de fer et d^airain « rangée» par masses formidables sur la pente el le milieu de la colline ; les archers et les frondeurs remplissent les intenralles qu^elles forment. Les auxiliaires sont échelonnés sur les ailes , la cavalerie bondit sur les flancs , et au milieu des ailes les étéphans déchaînent leurs pas lourds.
G^était un spectacle homérique. Plus nombreuses , mais ordonnées arec bien moins d*art » les troupes gauloises ouvraient un arc immense , dont le Rhône semblait la corde frémissante. Bîtuit était rayonnant d*orgueil , la fierté gonflait les rei^ nés de son front; les chefs s'inclinaient devant sa riche armure et Téclat resplendissant de sa saie aux couleurs brillantes ; deux roues poussaient avec un retentissant murmure son char d'argent ' vers les ligqes de son armée éclatant en cris de joie à l'aspect de ce merveilleux chef. Dans un coin de la ligne, ToreiUe tendue , l'oeil fixe et ardent , murmurait sourdement la meute royale ^ que des lesses et des fouets enchaînaient à son poste. Pourtant le roi gariloîs après avoir promené ses regards sur les masses noires , agitées de sa vaste armée , les reporte sur les rangs serrés dcfs Romains; le mépris enflamme alors ses paupières;
I. Disculuiibus armis , argcnleo carptfiit'j. Ftortis. , I. m , c. i^.
D£ PBOVENCE. 3^^
puis , avec un geste ironiqne , il sVcria : Ce n^est pas même un repas de mes chiens '•
Jour de deuil pour la Gaule ! Au signal que les boucliers firappës enroyent , mille lances se levèrent. Les bras cherchent les bras » les ëpées ^ les ëpëes , les chevaux , les chevaux ; ce fut un duel immense. Pieds contre pieds , poitrines con* tre poitrines , haleines méléea aux haleines , le& Romains et les Gaulois luttent de rage et de désespoir. Fabius , dans Taccès de fièvre ardente qui le dëvorait * , se fait soutenir par deux soldats « et donne des ordres aux combattana ' au milieu de la sanglante mélëe. Pourtant Pardeur gauloise ne s*affaiblissait pas. Alors un rang de soldats s^ëcarte , et les ëlëphans paraissent ^ ; à la vue de ces animaux, les Arvemes se dëconcertent ; les chevaux , effarouches par la vue et Todeur , se cabrent ; la dëroute gagne de proche en proche , et la victoire est livrëe aux ennemis. Tous saisis d^une terreur soudaine , regagnent lea bords du fleuve; le pont de bateaux construit à la hâte , craque sous les pas des milliers de fuyards ; les chaînes se brisent , le fleuve engloutit
I. Pttiicttatem liomanonim riz ad escam canilwi , qaos în a^ niiue bakcLat , sufficere poste. Paul. Oroa. , 1. V , c. i4.
a. U fut délivre de sa fièTre quarte par la préoccupation de la hataîtie» Plîne ^ 1. TU , c. 5o.