Diod. Frag. ap. Valcs. , p. G3o
romaine dont les empiëtemens d^abord inaperçus , dbtensûent chaque jour une extension nouvelle. Quand au nord de ce vaste pays , peu émues au bruit de ces attaques imprévues , les tribus voisines de la Seine ou du Rhin recevaient à peine Tëcho affaibli de ces guerres retentissant an midi; de'jà une portion considérable du territoire gaulois passée sous le )oug, recevait les trophées » les camps et la loi de ces redoutables vainqueurs. Mais Rome voulait que des communications aisées fussent établies entre Tltalie et cette province transalpine. Une seule route existait ; Toute étroite , suspendue sur les flots , longeant le golphe ligurien et circulant entre la met et les derniers escarpemens des montagnes. Des tribus gauloises et liguriennes défendaient à main armée les chemins intérieurs des Alpes. Le sénat y songea : il donna ordre à ses généraux de s'emparer du passage des Alpes Maritimes, et d*un autre passage dans cette partie de la chaîne que les Gaulois appelaient Craig ou Graïe ' ( région des rocs) , mot que les Romains avaient altéré en ceux de Grœcœ et de Gram \
Debout sur les cimes des rocs , suspendus aux
I. Craijr (gael. ) , Carreg ( cym. ) , roc. Crau , en patois la- Yoyard , signifie encore aajoùrd'hin pierre , rocher,
a. GrauB , Mpes» Plîn. Petron. — Virgîl. AEn. x. — Grœcœ , Serf, ad Virgîl , loco citato. — Mont graîut. Tacit. , litfl. IV. — C'est anjourd'hui le passage du Petit^SaiiA-Bernard.
flancs de ces monts sauvages , la flèche et la lance prêtes y des hordes belliqueuses Teillaient sur ces dëfilës que Rome avaient résolu d'envahir. Les Ligures Stœnes défendaient le col des Alpes Maritimes ; jamais peuple ne montra un courage plus héroïque. Q. Marcius investit leur village à Timproviste ; les Stjenes se battent en désespérés. Se voyant enveloppés de toutes parts , ils jettent des tisons à leurs maisons , égorgent leurs femmes et leurs enfans , et se précipitent au mflieu des flammes. Le fer , le feu ou le lacet terminent les jours de ces hommes héroïques, qui « surpris , n'avaient pu suivre le courageux exemple de leurs irères. « Il ne s'en trouva aucun , dit un historien , même » parmi les plus jeunes , chez qui Tamour de la » vie fut assez fort pour leur faire supporter Tes- » clavage '•
L^es Romains rencontrèrent la même résistance dans les Alpes Graies ; toutefois les passages , après des chances diverses , tombèrent en leur pouvoir •.
Une question intéressante pour la province transalpine , fut alors débattue dans le sénat de Rome; un jour un jeune sénateur se leva ; il se nommait
I. Nu1lua<{uc oinnmè Tel parruliu supcrfuit , qui acrvitutU con* ditionem TÎUe amore tolenret. Paul. Gros. , ]. v , c. i4- — ^V^ - Tit. lir. I 1, XII. — Fast. Capit. Fragm. Pigh., t. iir , p. 85.
I. TH. Lir. f «pit. LXIIK <— Vell. Patcrc. , 1. il j c. 8. — Flor. '