‹ Histoire de PrusseChapitre 100 sur 410 · AMOUCE JETEE A LA POSTERITE · texte numérisé non relu

AMOUCE JETEE A LA POSTERITE

seul on comprend le rôle que Frédéric a du jouer dans la guerre de l'ouest d'une part, dans celle du nord-est de l'autre : à l'ouest, allié forcé de l'Empereur qui lui a accordé la couronne, ennemi furieux de la France qui s'oppose à cette innovation ; à lest, neutralisé entre le roi de Pologne et le roi de Suède qu'il veut ménager tous deux ; d'ailleurs impuissant à agir à la fois dans la guerre de succession d'Espagne et dans la guerre suédo-polonaise. Voilà pour les événements contemporains. Dans lavenir, la création du royaume prussien explique la politique de ses souverains à l'égard de la Pologne pour la partager, de l'Empire pour le dominer, de l'Empereur pour s'égaler à lui.

On voit de quelle importance, même pour l'histoire générale, a été le « grand dessein " de Frédéric. En constatant tout ce que le titre royal a rapporté à l'État brrmdebourgeoisprussien, tout ce qu'il lui a donné de force pour le présent, de droits ou de prétentions pour l'avenir, on comprend que Frédéric II, revenu à une appréciation plus équitable des choses, ait représenté l'entreprise de son aïeul comme une « amorce " jetée à sa postérité, et par laquelle il semblait lui dire : « Je vous ai acquis un titre, rendez-vous-en digne; j'ai jeté les fondements de votre grandeur, c'est à vous d'achever l'ouvrage " .

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