A LA SOLDE DE LA GRANDE ALLIANCE
Le rôle de la Prusse dans la guerre de succession d'Espagne était déterminé d'avance par le traité conclu avec l'Empereur Léopold le 16 novembre 1700 : pour gagner la couronne, Frédéric avait confirmé l'alliance de 1686 et s'était engagé à mettre 8 000 hommes au service des prétentions impériales; à ces troupes, il devait ajouter, dans le cas probable d'une déclaration de guerre de l'Empire, les quelques milliers d'hommes de son contingent ordinaire. Était-il libre d'en rester là? Sans doute, il disposait d'une armée très supérieure en nombre, et aurait pu, semble-t-il, en réserver la majeure partie pour d'autres éventualités, par exemple pour des opérations du côté de l'est. Mais, comme l'a dit Pœllnitz, la mode en Allemagne voulait alors qu'on fût « antifrançais )) , et Frédéric I" personnellement était acquis à ce courant. Sa correspondance le prouve surabondamment. Il avait des accès de colère contre la France et se lamentait de voir les Allemands trop peu soucieux de leur patrie. Son inclination l'emportait donc vers le parti hostile à Louis XIV, d'autant plus que ce dernier lui refusait le titre de roi. Comme Des Alleurs était parti de Berlin en janvier 1701, la rupture des relations diplomatiques fut complète quand Spanheim eut quitté Paris au mois de mars. Frédéric avait, d'autre part, de grands besoins d'argent, soit pour subvenir aux dépenses de