LA GRAIN^DE ALLIANCE DE
sa cour royale, soit pour entretenir une milice qu'il n'était pas disposé à réduire, et dont le chiffre, relativement considérable, était hors de proportion avec les ressources comme avec la population de ses États; il ne pouvait donc se passer de subsides et allait se trouver à la dévotion des puissances assez riches pour lui en verser. Or, en dehors de la France qu'il écartait a priori, il n'y avait dans ce cas que l'Empereur ou les puissances maritimes ; celles-ci hésitaient, au début de 1701, gênées par le testament de Charles II d'Espagne et l'avènement de Philippe V, dentelles reconnurent un moment la royauté (février et avril 1701).
Ce .furent pour la Prusse, comme pour l'Autriche, des temps critiques. Léopold avait commencé seul la guerre en Italie, et si l'habileté du prince Eugène lui avait assuré de premiers succès, il ne se dissimulait pas que la lutte serait périlleuse sans l'appui de Guillaume 111. Les fautes de Louis XIV le tirèrent d'embarras : l'occupation dans les Pays-Bas des places de la Barrière, dont les garnisons hollandaises furent retenues prisonnières, puis renvovées dans leurs foyers, l'union intime de la France et de l'Espagne sous les deux rois Bourbons, les lettres-patentes conservant à Philippe ses droits au trône français, le traité à'asienio accordant à une compagnie française le monopole de la traite des nègres aux colonies espagnoles, tout fut fait pour irriter et inquiéter les puissances maritimes. Guillaume III n'eut plus à ménager l'opinion britannique qui se ralliait à ses vues secrètes, et le 7 septembre 1701 la Grande Alliance de La Haye ligua Empereur, Grande-Bretagne et Provinces-Unies pour enlever à Philippe Y les Pays-Bas, les possessions espagnoles d'Italie et les colonies d'outre-mer. Quelques jours plus tard, le souverain anglais déchu, Jacques II Stuart, étant mort à Saint- Germain, Louis XIV reconnut roi son fils, sous le nom de Jacques IIî; injure impolitique, faite à Guillaume 111, au Parlement, au peuple britannique tout entier, et qui acheva de Fendre la guerre nationale en Angleterre.
Le roi de Prusse se trouva, grâce à ce revirement, du côté