CO:\FI.IT DES INTERETS
insinuer que son maître aurait très vite 14 000 hommes prêts à entrer en ligne. Les entretiens, soit avec le roi, soit avec Flemming, se ressentirent des dispositions équivoques dont on était animé des deux côtés. On échangea des vues ; on n'aboutit à rien de sérieux, d autant plus qu'Auguste, pour admettre les acquisitions territoriales de la Prusse, exigeait des compensations, par exemple la cession de Crossen qui faciliterait les communications entre Saxe et Pologne. Les Saxons réclamaient en outre une rupture avec la Suède, si le général Grassow, battant en retraite vers la Poméranie avec le roi Stanislas, traversait des pays prussiens. Finalement Marschall, qui avait reçu des ordres pour parler aussi au tsar, se tourna vers ce prince dès que celui-ci eut rejoint le camp saxon à Thorn. Après avoir causé avec les ministres russes, il put voir leur maître, en déshabillé, et tète à tête, le 10 octobre au soir. Il aborda sans délai les questions brûlantes et reçut des assurances favorables ; toutefois « le grand dessein » (celui du partage) fut déclaré trop important pour être décidé sans plus ample réflexion, et la discussion en fut réservée pour l'entrevue prochaine des deux souverains.
Tout dépendait, semble-t-il, de cette rencontre que Pierre le Grand appelait de ses vœux, et à laquelle Frédéric se rendait avec empressement. La désillusion, égale de part et d'autre, ne devait pas se faire attendre.