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VAINES NÉGOCIATIONS

qu'une rupture totale avec la Suède était le prélude nécessaire de l'action désirée. Frédéric fut effrayé. Déjà au mois de juillet, il avait prévu la nécessité de ne plus parler du projet de partagée si cela mécontentait le tsar ; le 4 octobre, il déclara qu'il n'avait jamais songé à rompre avec les Suédois, tant que ceux-ci observeraient la neutralité en Allemag^ne ; le 25 octobre, il enjoignit à ses ministres de mettre tout à fait de côté le « grand dessein » et de se rabattre sur la restitution d'Elbing. Le tsar s'y montra disposé, mais seulement à une date ultérieure, à cause des Polonais. C'était un billet à longue échéance.

Sur les bords de la Vistule, les choses allaient aussi lentement. Électeur de Saxe en même temps que roi de Pologne, Auguste II entendait se faire céder le duché de Crossen, qui aurait facilité le passage de ses États saxons aux pays polonais ; P'iemming batailla à ce sujet avec Lôlhôtfel, ainsi que pour une alliance offensive et défensive contre la Suède, dont le ministre prussien alla porter lui-même la proposition à Berlin, au milieu de l'année. Frédéric rejeta toute participation à la guerre actuelle : il se borna à offrir 5 000 hommes qu'il rappellerait des Pays-Bas, si on lui livrait Elbing (avec promesse éventuelle de la Poméranie antérieure) , et si on lui payait des subsides (Instructions du 9 août 1710); il renonçait d'ailleurs au partage de la Pologne, et ne repoussait pas une combinaison qui lui assurerait un équivalent suffisant à la place du duché de Crossen. Auguste II refusa de traiter à ces conditions, et Lôlhôffel négocia vainement avec Flemming à Danzig, durant les derniers mois de 1710.

Au moment où se terminait l'année, la situation générale se trouvait profondément modifiée par une série d'événements. A la suite de longues négociations dans la petite ville de Geertruidenberg en Hollande (mars à juillet) , la paix de l'ouest n'avait pu se conclure : les alliés, en voulant forcer Louis XIV à chasser lui-même son petit-fils d'Espagne, avaient passé la limite des exigences permises, et la guerre, attisée par Marlborough et les whigs, continuait avec un

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