‹ Histoire de PrusseChapitre 152 sur 410 · ILLUSIONS DE FREDERIC I · texte numérisé non relu

ILLUSIONS DE FREDERIC I

du roi en vue du fameux partage ; c'est le document publié par Droysen au tome IV, 4 de son histoù-e de la Politique prussienne. Le projet, rédigé en français, attribuait bien à chacun sa part (Livonie suédoise et partie de Lithuanie au tsar, Pologne prussienne, Samogitie et expectative de Courlande au roi de Prusse, le reste au roi de Pologne à titre héréditaire), mais le tsar y était représenté comme agissant seul, s'emparant de la Pologne et en répartissant les territoires (art. 3 et 4). Gomment supposer que Pierre le Grand se chargerait ainsi de toute la besogne pour en partager ensuite les bénéfices! Déjà, avant d'avoir reçu ce plan étonnant, Keyserling avait trouvé les ministres russes (Golowkin et Ghafirow) opposés au principal article; ils objectaient les disputes probables entre co-partageants, l'opposition des Hollandais qui ne voudraient pas laisser le « grenier » polonais aux mains d'un prince souverain, la mauvaise volonté d'Auguste II. Lorsqu'ils connurent le mémoire du 8 mars, ce fut pis : ils eurent beau jeu pour s'élever contre un projet qui laissait à leur maître tous les risques de l'exécution.

Pendant que Keyserling se débattait contre la logique des Russes, Marschall se heurtait, à Varsovie, à des arguments analogues. Le comte de Flemming lui remontra à plusieurs reprises que si Auguste II devait se comporter passive dans l'opération, afin de ménager ses sujets polonais, il était inadmissible que la Prusse n'y concourût pas; d'ailleurs le tsar, une fois son appétit éveillé, ne voudrait céder à ses alliés que des lots très inférieurs au sien. Frédéric s'impatientait de cette résistance. Il recevait de divers côtés des propositions incompatibles avec le « grand dessein » , mais intéressantes si l'on renonçait à ce dernier, et il craignait de rester «. entre deux chaises » . Persuadé que tout dépendait avant tout du tsar, il ordonna à Marschall de se rendre en Russie pour agir de concert avec Keyserling.

Quand les deux envoyés furent réunis à Saint-Pétersbourg, au commencement de septembre 1710, la négociation n'avança pas plus vite : ils annoncèrent, le 4 septembre,

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