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L'ELECTION IMPERIALE DE

était mort, le 1 7 avril, événement imprévu et fâcheux, qui allait pousser l'arcliiduc Charles au trône impérial, et compromettre son établissement en Espagne. Frédéric, résolument fidèle aux Habsbourg^, ne songea pas, comme le bruit en courut, à briguer la couronne impériale; il éluda même une insinuation faite à ce sujet par le Français La Verne au comte de Metternich à Vienne, et crut devoir profiter de la circonstance pour resserrer ses liens avec F Autriche. A peine s'il réclama quelques concessions (1), Le comte Christophe de Dohna, qui fut son principal représentant à la diète d élection, chercha à obtenir l'amélioration du sort des protestants en Silésie et Palatinat; il favorisa la participation des princes à la rédaction de la « capitulation perpétuelle » , dont l'importance a, il est vrai, été surfaite, et assura ainsi à son maitre une clientèle en Allemagne ; mais il se contenta de peu, finalement, et son vote en faveur de l'Empereur Charles VI, élu à l'unanimité le 12 octobre 1711, ne valut à la Prusse que la reconnaissance passagère d'une puissance, ingrate par principe et par tradition.

L'élection de Charles VI porta le coup de grâce à la grande alliance. L'Angleterre n'avait pas lutté dix ans contre la réunion des couronnes de France et d Espagne pour voir se reconstituer l'empire de Charles-Quint. Depuis le début de 1711, elle négociait sous main avec Louis XIV; quatre jours avant le vote de Francfort, elle conclut avec lui les Préliminaires de Londres, base honorable de négociations plus complètes (8 octobre). Bientôt elle menaça d'abandonner les États Généraux, s'ils se montraient intransigeants. Un congrès devait s'ouvrir à Utrecht, en janvier 1712.

Tandis que tout s'acheminait à l'ouest vere la paix, les événements de l'est achevaient de ruiner les espérances de Frédéric 1". Le tsar, menacé par les Turcs et les Suédois, avait tenté une dernière démarche pour s'assurer l'appui effectif du roi. Dans un projet d'alliance, remis à ses envoyés

(1) Malgré le mémoire en dix-neuf points, rédigé alors et envoyé à l'ambassade de Vienne.

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au mois de janvier, Pierre le Grand offrait de lui garantir à la paix l'acquisition de toute la Pologne prussienne avecTévêché d'Ermeland. Ce projet russe est intéressant, non seulement par le souci de contenter l'Empereur, en lui cédant le comté de Zips, et les Hollandais en leur accordant " quelques douceurs " , mais surtout par le principe posé dès lors et invariablement soutenu dans la suite, de maintenir en Pologne l'ancienne constitution anarchique (art. 1] (I) . L'ensemble nétait pas pour déplaire à la Prusse, mais il fallait s'engager à se jeter éventuellement dans la mêlée avec 15 000 hommes, et Frédéric ne jugea pas la chose possible. Il n'approuva ni ce projet, ni un acte, signé à Moscou le 13 mars par Marschall et Keyserling, et stipulant, à des conditions analogues, la cession d'Elbing tout de suite, et de plus grands avantages pour l'avenir. Par deuxrescrits d'Oranienbourg (7 et 14 avril 1711), il déclara qu'il ne voulait pas s'exposer à l'attaque des Suédois, des Turcs et ïartares, voire du corps international, formé pour maintenir la neutralité du nord. En mai et juin, le fils du chancelier Golowkin reçut la même réponse à Berlin, puis à La Haye, où il avait suivi le roi de Prusse. Frédéric tenait tout au moins a gagner du temps. C'était un faux point de vue qui l'exposait à perdre le bénéfice des conjonctures. Quand le tsar, sauvé par une heureuse chance, eut conclu avec le sultan la paix de Falksen, en juillet, il retrouva sa liberté d'action contre la Suède, partant sa situation prépondérante; il eut moins besoin de la Prusse et fut moins disposé à lui faire des avances.

Frédéric se trouvait alors déçu par le résultat négatif de son voyage en Hollande et inquiet des négociations anglofrançaises, inquiet aussi du voisinage des Russes, Saxons et Polonais, guerroyant en Poméranie, après avoir traversé malgré lui une partie de la Marche de Brandebourg (août 1711). Il chercha à réparer, lors d'une cure du tsar à Carlsbad, le fâcheux effet produit par son attitude expec-

(1) Cf. A. B., Russlaml, R. XI, conv. 21.

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