TOLERANCE RELATIVE DU ROI
Le confesseur de la reine, le pasteur luthérien Porst, et le piétiste Francke, qu'Elisabeth Charlotte traite de «Tartuffe » , accusés d'avoir rendu Sophie Louise intraitable, furent éloignés de la cour en 1709.
Malgré l'échec des plans d'union, l'initiative de Frédéric I" n'en est pas moins méritoire. J'ai dit quelle était l'ardeur de ses convictions. Jusqu'à sa fin il la prouva, en restant zélé réformé, mais sa piété n'était pas absolument étroite, et, s'il ne faisait que tolérer le catholicisme, il considérait les luthériens et les anglicans comme aussi certains de leur salut que les calvinistes. L'Anglais Toland, qui note en 1702 le bel état des églises dans le royaume, même à la campagne, leurs murs enduits de bon ciment et leurs clochers neufs, ajoute que luthériens et calvinistes étaient traités sur le même pied. A côté des trente et une églises réformées que le roi se vantait, en 1710, d'avoir édifiées, il avait également construit nombre d'églises luthériennes; dans certaines provinces, il mettait les mêmes locaux à la disposition des deux confessions, et, en 1712, à Charlottenbourg, il posa solennellement la première pierre d'une église d'union (Unionskirche). Cette politique généreuse est un de ses meilleurs titres de gloire.