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LES SCIENCES ET LEIBNIZ

Godefroy Guillaume Leibniz n'était pas un des sujets de Frédéric. Né en 1646 à Leipzig, en Saxe, il s'était mûri par de fortes études et par des voyages, non seulement à trav^ers l'Allemagne occidentale, mais encore jusqu'à Paris et Londres. Il avait fini par se fixer en 1676 à Hanovre et s'y était distingué par des travaux de tout genre. Le célèbre philosophe se montra en effet historien érudit, mathématicien émériteet publiciste vigoureux, en même temps qu'ardent patriote allemand, le premier peut-être qui ait vraiment mérité ce nom. A la cour de Jean Frédéric, et surtout de ses successeurs, Ernest Auguste puis Georges Louis, l'un mari, l'autre fils de la spirituelle Sophie, il avait trouvé une sûre et honorable hospitalité, avec un milieu favorable à l'expansion de ses idées religieuses, scientifiques, politiques. De Hanovre à Berlin, il n'y avait pas loin, et bientôt le mariage de Frédéric de Brandebourg avec Sophie Charlotte, sœur de Georges Louis, en atténuant la rivalité des Welfs et des HohenzoUern, rendit les relations plus fréquentes. Leibniz ne tarda pas à être connu à Berlin, où il se recommandait à l'électrice par ses géniales aptitudes aussi bien que par l'amitié de sa mère; le grand homme, de son côté, se sentait attiré vers une princesse aussi savante que jolie. D'ailleurs il s'était lié de bonne heure avec les cercles cultivés de Berlin, correspondant avec Spanheim depuis 1692, et avec Guneau depuis 1695, avant d'entrer en échange de lettres avec Sophie Charlotte ellemême en 1697.

C'est de Leibniz très probablement que vint la première idée de fonder à Berlin une Académie des Sciences. Longtemps auparavant, il avait imaginé le plan d'une société (Societas germanica)^ destinée à la fois à encourager le mouvement scientifique et à servir les intérêts allemands : on trouve dans ses œuvres, après des essais antérieurs, une dissertation de 1676, où ce double but est expressément envisagé. La « Société germanique » , sauf pour les tendances nationalistes, était conçue sur le modèle des grandes compagnies savantes de France et d'Angleterre. Mais quelle serait

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