‹ Histoire de PrusseChapitre 190 sur 410 · LA SOCIETE DES SCIENCES DE BERLIN · texte numérisé non relu

LA SOCIETE DES SCIENCES DE BERLIN

sa résidence? Après avoir songé à Mayence ou Francfort-surle-Main, à cause de son estime pour larchevêque-électeur, Jean Philippe de Schœnborn, et de son amitié pour le baron de Boinebourg, Leibniz avait été frappé de la place prise en Allemagne par le Grand Électeur. N'était-ce pas ce prince qui avait fait étudier l'organisation d'une Académie universelle dans ses États! Son fils, ensuite, apparut comme le protecteur naturel de la culture germanique. Dans une lettre au pastjeur Jablonski, écrite sans doute en 1698, le philosophe déplorait le retard de l'Allemagne sur les autres nations et ne voyait guère que l'électeur de Brandebourg qui pût y remédier efficacement. " Sa Sérénité Électorale» , ajoutait-il, « fait déjà beaucoup, et toutes les belles sciences et tous les beauxarts fleurissent à sa cour; pourtant je ne doute pas qu'il ne s'accomplisse encore bien des progrès, à la gloire de ce grand souverain ;' . Des réunions chez Ezéchiel de Spanheim formaient le noyau d une société savante à Berlin. Le terrain était préparé où Leibniz devait faire lever la semence.

Une question d'astronomie provoqua son intervention. D. E. Jablonski le pria, en mars 1698, de soutenir auprès de Sophie Charlotte un projet d'observatoire, discuté depuis un an, et dont la réforme du calendrier allait rendre l'exécution nécessaire : c'est en effet en novembre 1699 que, se conformant à un Conclusum du Corps évangélique, le Brandebourg décida d'adopter le calendrier grégorien. Sous le patronage de Leibniz, une commission fut chargée d'étudier à la fois la création d'un observatoire et celle d'une société qui aurait le monopole de la rédaction et de la vente des calendriers. Leibniz prétendait que la nouvelle Académie ne coûtât rien

" que des paroles » ; peut-être même s'enrichirait-elle par la vente des calendriers et par d'autres opérations commerciales. Il était loin de compte au point de vue financier. Du moins ses plans et ceux de la commission, élaborés en mars

1700, aboutirent à la patente du 10 mai suivant (KaLenderpatentj, qui créa la Société des Sciences de Berlin.

Dès le mois d'avril, un astronome, Godefrov Rirch, avait

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