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LA MUSIQUE

treteuir des trompettes et timbaliers, pour réguler le rythme de son existence officielle et en annoncer tous les événements, depuis les repas quotidiens jusqu'à la danse aux flambeaux ( Facheltajiz) des mariag^es princiers. Un joueur de fifre émérite jouait deux fois par jour des psaumes du haut de la tour du Schloss. S'il eut un orchestre pour ses concerts et ses opéras, il préférait les sonneries retentissantes et les fanfares de chasse. Sophie Charlotte seule aima vraiment la musique. Elle en faisait un jour à l'abbé Steffani ce rare éloge : n C'est une amie fidèle qui ne vous abandonnera pas, qui ne vous trompera pas, qui n'est pas traîtresse et qui vous n'a (sic) jamais été cruelle, car vous en avez tiré tous les charmes et les ravissements des cieux, au lieu que les amis sont tièdes ou fourbes, et les maîtresses ingrates. "

Elle eut à Liitzenbourg ses musiciens particuliers, des Italiens surtout, comme Buononcini, Chiaravelli, Corelli et Attilio Ariosti. Ce dernier, qu'une erreur de vocation avait enrôlé sous le froc des servîtes à Bologne, vint à Berlin en 1697 et y resta jusqu'en 1703, en dépit des rappels du Saint- Siège; Sophie Charlotte tenait à le garder et le choyait tellement que des bruits calomnieux coururent au sujet de cette intimité. Il finit bon gré mal gré par retourner dans son couvent. J'ai déjà parlé des opéras représentés à la cour; il s'y donnait aussi des séances de musique de chambre. La plupart des compositeurs étaient étrangers : il n'v eut parmi eux à vrai dire, qu'un Allemand de quelque talent. Charles Frédéric Rieck '\ 1705;, dont on n'a rien conservé. Peut-être Hœndel, né à Halle en 1684, était-il venu à Berlin très jeune, mais il n'avait fait qu'y passer (vers 1700) , avant de 8€ rendre à Londres. On connaît fort mal la musique du tem.ps. La collection de Sophie Charlotte a été perdue, et on ne peut même pas juger l'œuvre de la reine, qui composait à ses heures ; on sait qu'elle trouvait la tâche difficile : ne disait-elle pas, en apprenant le contre-point, qu'il lui semblait vouloir ;' prendre la lune avec les dents » ! Il est probable qu'il ne sortit de tout cela aucun chef-d'œuvre ; rien d original, pour le moins. Yré-

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