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GRAVURES ET MÉDAILLES

le monument que Frédéric élevait à la mémoire paternelle fut placé sur le » long^ pont » au sud-est du Schloss, et solennellement inaug^uré le 1 1 juillet 1703, jour anniversaire du roi. Le fondeur Jean Jacobi, de Hombourg^, qui avait dans ses ateliers exécuté le bronze des deux statues, fut admiré par les contemporains presque autant que le sculpteur.

Schliiter se distingua encore par des travaux, soit dans diverses églises de Berlin, qu'il orna de cbaires ou de tombeaux, soit dans de grands bâtiments comme le château de Charlottenbourg, le Sc/iloss et l'Arsenal. La décoration de certaines façades et de certaines salles intérieures est due à son ciseau, et il a sculpté à l'Arsenal les têtes de guerriers mourants, dont le visage convulsé émeut le visiteur par une impression d'angoisse et de douleur.

Frédéric ne négligea aucun des arts propres à immortaliser ses traits ou à rappeler ses actes à la postérité. Son image fut modelée dans la cire par G. Kolm, burinée sur le cuivre par Schott, Blesendorf, Schenck ou Wolfgang, gravée et frappée sur quantité de médailles par Raymond Falz et ses élèves. Falz, né à Stockholm en 1658, s'était établi de bonne heure en Allemagne, et avait voyagé en France, Angleterre et Hollande; appelé à Berlin, en 1688, avec le titre de " médailleur de la cour » , et logé au Sc/iloss, où fut installé pour lui un atelier de frappe, il y travailla jusqu'à sa mort en 1703. Il a laissé de ravissantes médailles, notamment celle qui représente à l'avers Frédéric, sur le revers Berlin en 1700. Falz et ses disciples, Marie et Wermuth, ont par les médailles, comme Wolfgang par les gravures, merveilleusement illustré le règne.

La peinture rendait des services analogues. Le Grand Électeur l'avait spécialement encouragée; il légua à son fils une foule de peintres de cour (Hofmaler), les Bega, les Fromantiou, les Vaillant, les Ramondon, les frères Huaut, tous étrangers, attirés de Hollande, Flandre, France et Suisse. Frédéric leur prodigua ses faveurs et la plupart restèrent à

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Berlin jusqu'à leur mort (1) ; avec les Terwesten et les VVerner, ce furent les peintres de la première partie du règne. D'autres étrang^ers continuèrent ensuite à venir chercher fortune en Brandebourg. Tels Pierre de Coxie, Gornelis Bega, van Roye et Michel Maddersteg, originaires des Pays-Bas, dont l'habileté s'exerça sur des sujets historiques, des natures mortes ou des paysages ; Maddersteg notamment se distingua par ses marines (2) . Tels les Polonais Lubieniecki de Cracovie et Michel Probener de Graudenz; tel le Français Antoine Pesne, qui s'était formé à Venise et qui, appelé à Berlin en 1711, y devint le portraitiste attitré de la famille royale. Bien que Pesne ait surtout travaillé pour Frédéric Guillaume I" et Frédéric H, il a fixé sur la toile avec une rare perfection les traits de Frédéric I" vieillissant.

A côté des étrangers, plusieurs peintres allemands fréquentèrent alors Berlin, Denner de Hambourg, P. G. Leygebe de Nuremberg : ce dernier exécuta le curieux tableau de la tabagie, où la reine Sophie Louise, la tète surmontée d'une haute coiffe blanche, allume la pipe de son époux. Parmi les sujets du roi, S. T. Gericke de Berlin s'illustra par ses peintures d'histoire, Weidemann de Spandau et Wenzel de Berlin parleurs portraits. Weidemann a reproduit à satiété la gracieuse image de Sophie Charlotte et la silhouette falote de Frédéric : à son pinceau est due la toile où, l'air infatué, sa personne menue émergeant des amples plis du manteau d'hermine, le souverain parade sur son trône, dans le splendide décor du couronnement ; une réplique du Louis XIV de Rigaud, mais combien moins majestueuse !

Si les arts plastiques contribuaient à l'éclat de la nouvelle royauté, la musique pouvait, elle aussi, rehausser la pompe de la vie de cour. C'est à ce point de vue seulement, semblet-il, que le roi la considérait. Il se préoccupa avant tout d'en-

(1) Les frères Huaut furent cependant congédiés en 1700, et s'en retournèrent en Suisse.

(2) Il s'entendait aussi à construire des bateaux et livra au roi plus d'un yacht.

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