‹ Histoire de PrusseChapitre 202 sur 410 · REFORMES ADMINISTRATIVES 2T · texte numérisé non relu

REFORMES ADMINISTRATIVES 2T

reg^ardant comme des conservateurs à outrance. Accusé presque de haute trahison, au miHeu de 1712, si suspect qu'Ilgfen et Prinlzen n'osaient le défendre, l'héritier du trône se désolait des méchantes intrigues qui le desservaient auprès de son père, et livraient le pouvoir à des " coquins » ou à des « bétes '' . Quand il parlait des comptes de Kraut, tantôt débiteur, tantôt créancier de l'État, il disait que « c'était à mourir de rire » , mais l'expression rendait mal l'amertume de ses pensées. Quelques semaines après, cependant, le danger n'existait plus. Grumbkow se raccommodait avec Blaspeil, qui se laissait peu à peu supplanter au commissariat de guerre ; surtout, le kronprinz se réconciliait avec son père, par les soins de Christophe de Dohna. La crise était passée. L'œuvre des réformes commencées depuis 1711 put être continuée.

L'intervention du kronprinz amena quelques modifications heureuses, notamment des progrés vers l'unité et la centralisation.

Si le Conseil d'Etat secret resta le rouage suprême, groupant tous les chefs de services, certains organes d'allure moins majestueuse, mais d'action plus directe et plus efficace, la Hofkammer pour les finances, le commissariat de guerre pour l'armée, virent se préciser leurs attributions et s'accroître leur influence. De la Hofkammer devaient relever toutes les chambres de finances (Amtshammem) dans les divers territoires; or, beaucoup de celles-ci ne s'étaient pas encore dégagées de leur subordination à V qqQlV à àe% Régences provinciales. Dans la Nouvelle Marche, par exemple, le chancelier cumulait la direction de la Régence et celle de la Kammer ; dans les pays de Glèves-Mark, et ailleurs souvent, le président de la Kammer était membre de la Régence. En 1711- 1712, un mouvement se dessina contre cet état de choses, particulièrement en Prusse. Là opérait une commission, créée en 1711, et dont les principaux membres étaient Alexandre de Dohna, B. F. de Dœnhof, et le lieutenantcolonel Louis d'Ostau : la chambre des finances fut complètement réorganisée sous la présidence du comte de Schlieben,

Page 1