JUSTICE, POLICE, ARMÉE
De cet ensemble de dispositions résulla un renforcement des éléments centralisateurs. Il subsistait bien des défauts: tels les conflits perpétuels de certains organes de gouvernement. Du moins l'œuvre de réforme était ébauchée. Le kronpriuz avait indiqué de quelles tendances s'inspirerait un jour son administration.
Le fonctionnement de la justice et de la police ne changea guère dans ce court laps de temps. Voici les faits les plus importants à ce point de vue : une leutalive pour fondre le tribunal d'appel de Ravensberg avec la haute cour d'appel de Berlin, tentative qui n'aboutit pas encore, malgré deux ordres des 21 novembre 1712 et 6 février 1713; une enquête sur la situation du tribunal de la Marche fKammergerich/J, que présidait le conseiller secrt^t de Sturm (1) ; l'organisation par une ordonnance du 15 octobre 1712 du tribunal de la nouvelle ville de Charlottenbourg; des mesures prises pour l'éclairage des villes de résidence et de Ivœnigsberg; la suppression, en janiàer 1711, delà caisse des incendies, contre laquelle beaucoup de plaintes s'étaient élevées, et, en revanche, l'ordre de prendre plus de précautions contre le feu. D'autre part, l'activité de Kameke, comme maître des postes, fut signalée par plusieurs édits et règlements, fixant les tarifs pour les lettres et les voyageurs, ainsi que les devoirs des employés et postillons.
Le kronprinz s'intéressait spécialement aux choses militaires. Depuis 1705, il correspondait à ce sujet avec le prince d'Anhalt, émettant d'ailleurs ses idées avec modestie, «comme un ignorant qui s'y connaît mal » . Les soldats lui semblaient supérieurs au commun des mortels, et, dans son admiration naïve pour les beaux et grands hommes, il mesurait parfois ses sympathies à la taille des gens : on dit que le futur minisire Creutz, qui avait commencé par être ai/(//;tei/?' frjuge militaire) dans son régiment, dut sa fortune à sa haute stature. On conçoit que de nombreuses ordonnances militaires
(1) Rapport de la commission d'enqu'tB, le U jiavier 1713.