REGLEMENTS MILITAIRES
aient été dès lors promulg^uées. Tels les édits de 1711 et 17 12 contre les déserteurs, auxquels on devait dans certains cas couper une oreille. Tels les Panda du 1 4 octobre 1711 sur le recrutement de Finfanterie : chaque province devait fournir des g^ens propres au service, entre ving^t et quarante-cinq ans, mais ils n'étaient pas nécessairement originaires du pays. Tel l'édit du 7 décembre 1711, interdisant aux villes de prendre des recrues chez les nobles, fonctionnaires et paysans, ou à un village d'en enlever à un autre ; ces défenses faisaient ressortir les vices du système de recrutement en vigueur. Tels encore les règlements consacrés à la réorganisation de la « milice » en Prusse, pour mettre la province à Tabri d'une invasion russe, polonaise ou suédoise. Le jeune Frédéric Guillaume s'inquiéta fort de la réduction des troupes, opérée à partir de janvier 1711, et abaissant de 125 à 120 hommes l'effectif des compagnies ; il craignit aussi un moment en 1712) de voir nommer feld-maréchal général, le comte de Lottum, qu'il regardait comme " une bête » . La nomination de son ami, le prince d'Anhalt (2 novembre 1712), le rassura. Malgré la réduction de 1711-1712, l'armée prussienne resta une force imposante : elle comptait en février 1713 un peu plus de 40 000 hommes (1).
L'entretien de l'armée était une énorme dépense. En revanche, le prince héritier, très préoccupé des questions d'argent, fit adopter dans le domaine économique des mesures réparatrices. Les premières bases furent ainsi jetées des réformes qui devaient signaler le règne suivant.
J'ai dit plus haut le désordre des finances en janvier 1711, et le déficit menaçant. La disgrâce de Luben, les travaux d'une commission chargée en février 1711 de réorganiser Fadministration des domaines en Prusse, le retour au système des fermages à temps, la suppression de quelques impôts odieux comme celui du sel (mars 1711 , amenèrent assez vile une amélioration. Sans doute tous les abus ne dis-
(1) Frédéric II dit à tort 30 000.